LIBERTÉ DE LA PENSEE
Le 22 juin i633, en présence de la Congrégation du Saint-Office, Galilée fut obligé d'abjurer publiquement ses erreurs et hérésies, et l'erreur et l'hérésie de Galilée, d'après le tribunal de l'Inquisition, ce fut d'avoir cru et soutenu que la terre se meut et nest pas le centre du monde, que cette opinion peut être soutenue et défendue comme probable après quelle a été déclarée et définie contraire à la Sainle- Écriture.
Cette sentence, c'est la consécration de l'autorité absolue fondée sur la prétendue infaillibilité d'un livre. Le souvenir de Galilée, brisé par l'âge, par la torture morale, — la torture physique lui ayant été épargnée, — emprisonné dans le dogme s'il ne le fut dans les prisons du Saint Office, condamné au silence sur sa propre doctrine et dès lors isolé, par une condamnation implacable, du mouvement et de la pensée humaine auxquels il avait si puissament contribué : l'image douloureuse de Galilée symbolise depuis bientôt trois siècles le triomphe de l'autorité dogmatique.
Cependant Galilée lui-même avait déjà annoncé la revanche du libre examen dans ses Dialogues célèbres qui provoquèrent sa condamnation et qui donnaient si admirablement la signification de la Révolution scientifique du xvii« siècle.
Mille Aristotes, y écrit-il, en ejjet, mille Démosthènes ne prévaudront pas contre le génie médiocre qui auî'a eu le bonheur de rencontrer une vérité.
Les mots : « et pourtant elle tourne » qu'on lui prête ne sont pas seulement la revendication de cette vérité rencontrée par le génie, la protestation poignante du libre examen, mais ils expriment encore l'impuissance même de l'autorité dogmatique à étouffer la vérité scientifique.
L'histoire témoigne de ce rôle incomparable du libre examen.C'est grâce à lui que la science échappe à toutecompres-