LOIS SUR LA PROSTITUTIOK
M. DE Gasparin. — Le renvoi ne paraît pas être contesté ; je n'entrerai donc pas dans la discussion. Mais comme les renvois non contestés sont ordinairement les plus inutiles, je prie la Chambre de me permettre de dire, de ma place, quatre mots, pour préciser le sens du renvoi, et la portée du vote que nous allons émettre.
Je reconnais, avec l'honorable rapporteur, que l'administration a déjà accompli beaucoup de bien, qu'elle est en voie de prog^rès. Il est impossible qu'il en soit autrement: nous connaissons tous les sentiments élevés du magistrat qui dirige aujourd'hui la police de Paris *. Néanmoins, la proposition qui vous est faite, le renvoi que vous allez prononcer, constitueront un progrès beaucoup plus considérable encore, et dont je prie la Chambre d'apprécier la gravité.
Les pétitionnaires, que leurs fonctions pastorales mettent à même de sonder, peut-être mieux que d'autres, la profondeur de la plaie dont il s'agit^ vous ont demandé trois choses ;
En premier lieu, la suppression absolue, complète, immédiate de la prostitution.
Je comprends, sur ce point, la réserve du rapport. Il ne va pas aussi loin que ma propre opinion ; mais, du moins, le rapport ne dit pas qu'une pareille suppression, immédiate, soit impossible. Ce mot, nous n'avons plus le droit de le prononcer, puisqu'un pays voisin, la Prusse, a décrété la suppression absolue; puisque, depuis le 1^'"^ janvier de cette année, l'autorisation de la prostitution n'existe plus en Prusse, et notamment dans la ville de Berlin, qui éiait une des villes les plus