DES TRAVAILLEURS
la sagesse politique? Est-ce un procédé bien sûr pour préserver la société, pour la conduire, que de s'enlever à soi-même le moyen de connaître de quels éléments elle se compose, et quelle est la portée des préoccupations qui la tourmentent?
Il est un autre rapport, messieurs, sous lequel j'estime que votre projet de loi est plein de périls. Mais ici je m'arrête, tant est sombre la perspective qu'ouvre devant moi l'hypothèse que votre projet de loi deviendrait loi; car nous avons tous, riches et pauvres, un intérêt suprême à ce qu'aucun malentendu n'existe entre des classes dont l'intime alliance et l'union sont la seule garantie possible de la réalisation pacifique du progrès. Et tout ce qui tendrait, je ne dis pas à empêcher, mais même à ajourner ce salutaire résultat, que nous devons désirer tous, serait une calamité publique. (Vive approbation et applaudissements à gauche. — L'orateur , en retournant à sa place, reçoit les félicitations de ses collègues,)
Éteotton de MM. Dérégnaucourt, Barni
et Paul Bert.
Banquet républicain du 30 juin 1872.
Messieurs,
Gomme M. Barni vient de le dire, c'est la fête de la République que cette fête de l'amitié; il est donc naturel que nous nous entretenions ici de la République avec nos amis les élus du 9 juin. De toutes les manières de souhaiter la bienvenue, il ne saurait y en avoir aucune qui soit à la fois plus digne d'eux, et j'ajouterai plus digne de nous. {Très bien!)
De leur élection, nous avons eu un éclatant témoignage dans la démarche fameuse que vous savez, dans les ardents commentaires auxquel%#ette démarche a donné lieu, et, tout récemment, dans les explications au moyen desquelles M. le duc de Broglie s'est efforcé d'en masquer l'avortement.
Chose remarquable, et qui montre avec quelle rapidité le progf es poursuit son invincible cours! les royalistes aujourd'hui nient que leur dessein ait été d'obtenir l'adhésion du président de la République à leurs visées monarchiques. Ils prétendent qu'ils ne sont allés voir M. Thiers que pour lui demander de s'attaquer à ce qu'ils appellent la république radicale. Eux, ils seraient allés voir M. Thiers pour lui demander de coopérer à une restauration monarchique? Non, non! ce qu'ils veulent, disent-ils par l'organe de M. de Broglie, c'est que le pacte de Bordeaux continue à être la loi de la situation; c'est que la royauté reste voilée, pourvu qu'on ne la descende pas de son piédestal; c'est que le provisoire se prolonge, mais à condition que pour écraser le radicalisme et