BARNI ET PAUL BEBT
tention chimérique, et les royalistes qui nous l'attribuent le savent bien. Us nous appelleraient avec moins de frayeur et de fracas utopistes, s'ils n'étaient convaincus du caractère pratique de nos doctrines. Pourquoi, en effet, ces éclate de fureur et ces apparences d'effroi? On ne s'irrite pas ainsi contre des idées qu'on regarde comme des ombres vaines, et c'est une étrange inconséquence que de frapper à coups de poignard des corps vivants qu'on déclare être des fantômes! (Applaudissements.)
Je n'ajoute plus qu'un mot. Je répéterai ici ce que j'écrivais déjà au mois de juin 1871, et Je le répéterai avec une conviction que les événements qui se sont écoulés depuis, loin d'affaiblir, ont singulièrement fortifiée.
La monarchie a eu sa raison d'être : elle l'a perdue. Aux désira turbulents qu'elle éveille, à l'égoïsme des ambitions qu'elle provoque, opposons le culte sérieux, le culte tranquille de la République, — d'une République, non pas sans républicains, ce qui est une sottise, mais d'une République ennemie de la violence, ennemie de l'intolérance, prête à tendre une main cordiale à tous les hommes de bonne volonté, et enregistrant sur la liste de ses conquêtes toute conversion nouvelle, avec une joie et un orgueil patriotiques. (Trh bien! très bienl)
Pas de divisions surtout, comme notre ami vous l'a si bien dit I Pas de divisions! La grande question du moment, la question qui les renferme toutes, c'est la question de la République à fonder; car, de la République, les opinions diverses recevront la parole, et, par la liberté, la République donnera satisfaction à toutes les aspirations légitimes t
Marchons donc, républicains, marchons la main dans la main, et ne pensons, en ce moment, qu'à ce qui nous unit.
Je bois, comme mon ami, H. Barni, à notre République fraternelle, et à l'union de tous les républicains. (Longs applaudissements.)
Travail des enfants dans les manufactures.
Assemblée nationale.— Séance du 25 novembre 1872
M. Louis Blanc. — Messieurs, le projet de loi qui vous est soumis vise à améliorer la condition des enfants du pauvre. Je viens l'appuyer. Non que je l'approuve dans toutes ses parties ; — quand nous en serons à la discussion des articles, j'appellerai votre attention sur une clause qui me semble devoir être modifiée; — mais, considéré dans son ensemble, le projet de loi est un généreux effort vers le bien, et quand je vois sur quels bancs siègent ceux à qui Tinitiative en est due, je ne puis que regretter de n'avoir pas toujours eu, comme aujourd'hui, la bonne fortune et la joie d'être leur auxiliaire. {Très bien f très bien/)
M. le marquis de Vogué. — 11 n'est jamais trop tard I
M. Louis Blanc — Lorsqu'en 1841 la question de la réglementation du travail des enfants dans les manufactures fut pour la première fois soumise à un débat parlementaire, la question principale débattue fut celle-ci :
L'autorité publique a-t-elle le droit d'intervenir en matière d'industrie? Une pareille intervention n'est-elle pas contraire aux maximes d'une saine économie politique? L'État ne doit-il pas s'arrêter au seuil de l'atelier?
Cette question n'est plus à débattre aujourd'hui.
Il a été, pour ainsi dire, écrit dans la loi que si l'intervention de l'État est quelquefois absurde et funeste, il est des cas où elle est non seulement légitime, mais nécessaire; qu'elle est nécessaire toutes les fois qu'au lieu de s'opposer au libre développement des