TRANSLATION DB RASSEMBLÉE NATIONALE, ETC
champ y remédier. Absent, on ne les connaît que quand ils sont si grands qu'on ne peut plus y porter remède* »
Heureusement, nous n'avons pas à tenir compte des « dispositions intérieures redoutables » dont il est question. Paris, quoi qu'en aient dit, en dehors de cette enceinte, des alarmistes que je soupçonne fort de chérir le tourment de leurs alarmes, Paris est calme. S'il eût été ce volcan dont on a parlé, il eût fait explosion lorsque, selon l'expression d'un grand orateur que nous, avons perdu, « les Prussiens ont souillé de leur présence cette ville qu'ils n'avaient pas prise. » Cependant, Paris s'est contenu, il a pris le deuil, arboré des drapeaux noirs, manifesté une grande indignation ; mais son indignation a été muette, sa douleur immobile.
Non, il n'y a rien d'inquiétant dans Paris; mais si Paris était agité, notre présence serait réclamée par la gravité de la situation. Le danger n'existe pas ; mais s'il existait, loin de nous tenir éloignés de Paris, le danger devrait nous y conduire. Voilà pour la sécurité de l'Assemblée.
Et quant à sa dignité, le voisinage de canons prussiens n'est pas une raison qu'on puisse invoquer. Ce qu'il y a d'outrageant dans l'occupation des forts par les Prussiens, ce n'est pas une affaire de distance; et je ne vois pas ce que notre dignité aurait à gagner à les redouter. La douleur et l'humiliation nous suivront partout, et, près ou loin, les canons prussiens seront toujours trop près tant qu'ils seront en France. (Très bien/ très bien I)
La dignité de l'Assemblée et la liberté de ses délibérations dépendent uniquement d'elle-même. Est-ce que pendant l'armistice la presse de Paris n'a pas été libre? Comment Paris ne serait-il pas plus libre après la paix signée qu'après l'armistice conclu? Les forts sont possédés par les Prussiens comme gage, mais non plus comme menace. Si bien qu'on est amené à se demander quelles raisons valables on peut donner contre Paris, et si le Gouvernement qui passe pour n'être pas au fond très opposé à Paris, n'a proposé Versailles que pour faire une concession à certains membres de cette Assemblée, dont il ne veut pas perdre l'appui. . Mouvements divers.)
C'est ici que le débat prend une gravité inquiétante ; car, est-il bien certain que la résidence provisoire ne se change pas en résidence définitive? N'est-ce pas une étape vers une transformation que certaines personnes désirent, vers Paris diminué, dépossédé? Je serais heureux que le Gouvernement crût possible de s'expliquer ; qu'il dtt franchement qu'il regarde Paris comme la capitale