‹ Discours politiquesChapitre 9 sur 35 · TRANSLATION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE, ETC · texte numérisé non relu

TRANSLATION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE, ETC

nécessaire, et que, dans son esprit, la question n'est pas « réservée », mais résolue. A quoi bon cacher, en effet, ce que tout le monde pense, ce que tout le monde dit? U y a un parti qui, avec une conviction profonde, énergique, déplorablement énergique, selon moi, pour désarmer ce qu'il appelle la Révolution, veut transporter hors de Paris le siège du gouvernement. (Mouvements divers.)

O.mes concitoyens! songez-y ! Ne touchez pas, je vous en conjure, à l'unité nationale ! Ne touchez pas à la ville sacrée ! Ne mettez pas en suspicion ce Paris que le comte de Ghambord appelait dernièrement « sa bonne ville de Paris, la cité de ses ancêtres. » Groyez-vous que Paris baisserait la tète sans murmurer sous cette sorte de déclaration d'indignité politique? C'est une erreur tellement funeste, tellement féconde en désastres, que je frémis rien que d'y penser. Dépouiller Paris de son rôle de capitale, ce serait unir tout Paris, riches, pauvres, enfants et vieillards, dans un sentiment de colère et de colère formidable peut-être. Ce serait, de plus, souffler à Lyon, Marseille, Bordeaux, et d'autres villes encore, la plus dangereuse des tentatives, la plus funeste des jalousies. Ce serait pousser Paris à se donner un gouvernement à lui, contre lequel l'Assemblée, ou bien ne pourrait rien, ou bien ne pourrait quelque chose qu'au prix des plus cruels déchirements. Ce serait achever par des mains françaises, ce démembrement de notre France bién-aimée que des mains ennemies ont commencé, et des désastres d'une guerre étrangère faire sortir une guerre civile, plus horrible encore.

Un de nos collègues a dit : Jusqu'à présent, la Révolution a marché de Paris sur la province; il est temps que Tordre marche de la province sur Paris.

Voix a droite. — C'est ce que nous voulons !

M. Louis Blanc. — Pesez bien la gravité de ces mots ! Il faudrait pourtant s'accorder sur le sens de ces mots — la Révolution, — l'Ordre — toujours employés, jamais définis. Si la Révolution, c'est l'amour du progrès, la haine des abus que la conscience publique dénonce, si c'est l'intelligence en activité, la civilisation en travail... (Mouvements divers.)

J'ai bien le droit de la définir ainsi, car c'est toujours ainsi que je l'ai comprise. Si vous la comprenez ainsi vous-mêmes, quelle raison y a-t-il pour que la province la repousse? L'ordre : si c'eèt l'amour de la paix, sous toutes ses formes, la sécurité pour tous, la tranquillité dans la rue comme dans les esprits ou dans les

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