‹ Discours politiques de m. Gambetta: Deux lettres à un conseiller généralChapitre 31 sur 45 · UNE RÉUNION PRIVÉE A BELLEVILLE · texte numérisé non relu

UNE RÉUNION PRIVÉE A BELLEVILLE

M. Gambetta, depuis longtemps invité par les électeurs de Belleville, Ménilmontant et Charonne, à se rendre au milieu d'eux pour , converser des affaires publiques, avait fixé cette réunion aux premières vacances. Par les soins de H. Braleret, conseiller municipal pour le vingtième arrondissement de Paris, une réunion privée, projetée depuis plusieurs semaines, avait été organisée pour le mardi 22 avril. Six cents cartes d'admission avaient été distribuées. M. Braleret, qui recevait les personnes invitées, avait convoqué un grand nombre de ses collègues du Conseil municipal, qui ont presque tous répondu à son appel.

A huit heures du soir, la séance a été ouverte par M. Braleret, qui a adressé à la réunion les paroles suivantes :

Citoyens ,

Connaissant le désir que vous aviez de vous trouver réunis un jour avec M. Gambetta, notre député, j*ai pris l'initiative de vous rassembler ici pour Tentendre dans les explications qu'il va nous donner sur la politique et les affaires de la démocatie républicaine. M. Gambetta n'est pas un étranger pour

nous. C/est nous qui Tavons nommé les premiers député à la Chambre. Il est encore aujourd'hui notre représentant à l'Assemblée. Je n'ai rien à vous dire de ce qu'il a fait depuis quatre ans, et je me hâte de lui céder la parole.

M. Gambetta a prononcé le discours qai sait :

Mes chers Concitoyens,

J'attendais avec impatience, depuis plusieurs mois » Toccasion de venir au milieu de vous, pour nous entretenir ensemble des affaires publiques , des intérêts de la démocratie et de la politique qui a été suivie d*un commun accord par vos représentants dans l'Assemblée.

Je vous devais, à vous spécialement, électeurs du vingtième arrondissement, ce témoignage particulier de confiance , destiné à marquer la solidarité qui nous unit; car je ne suis pas seulement pour vous l'ancien député que vous avez envoyé siéger sur les bancs du Corps législatif de l'empire ; je suis toujours votre représentant,

Laissez-moi ajouter que je suis resté le même homme que celui auquel vous avez ouvert les portes de la vie publique lors des élections générales de 1869. Depuis cette époque, que de changements dans les hommes et dans les choses !

Les événements qui se sont produits n'ont malheureusement pas répondu à nos espérances. A cette date de 1869, le grand parti républicain s'était reconstitué : il avait formulé ses griefs et il en poursuivait le redressement contre l'empire, dont plus d'un symptôme faisait déjà prévoir la chute. Elle apparaissait imminente aux yeux de tous. Chacun comprenait que ce gouvernement, condamné à périr, ne pourrait plus désormais résister à l'épreuve d'un nouveau scrutin, et c'est pour ne pas succomber dans une lutte pacifique contre le pays qu'il s'est lancé dans la guerre.

Vous vous rappelez combien fut unanime , énergique , la protestation de la démocratie contre l'effroyable aventure dans

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laquelle allait s*effondrer ce pouvoir imprévoyant et criminel qui entraînait le pays dans les plus graves périls, sans avoir su rien préparer, rien su organiser pour soutenir un pareil choc. Le parti républicain, vous le savez, après avoir, par ses votes, repoussé la guerre, fut obligé de la soutenir quand déjà notre défaite était commencée. Et vous savez s'il apporta à défendre rhonneur national la même énergie qu'il avait déployée à conjurer la guerre. En soutenant la France dans une lutte désespérée, notre parti a sauvé Thonneur de la patrie! (Oui ! oui I) C'est là son honneur et sa récompense. (Oui I oui ! — Applaudissements prolongés.)

Je n'ai rien à vous dire ici de Paris assiégé. Vous connaissez mieux que moi cette histoire, qui s*est accomplie sous vos yeux et à laquelle vous avez pris part. Quand j'ai quitté Paris, je l'ai laissé ardent, prêt à tous les sacrifices pour une défense héroïque. Quand je Tai retrouvé, il était vaincu , désolé , décimé ,' exaspéré par les efforts mêmes de ce patriotisme qui , sans utilité pour la France, avait fait l'admiration du monde.

Mais tandis qu'il donnait ce grand exemple d'une résistance glorieuse entre toutes, alors que, souffrant le froid et ia faim, il se débattait sous l'horrible poids de l'impuissance à laquelle on le réduisait, la France entière se relevait, faisait face à l'ennemi; la province n'avait qu'un cri: délivrer Paris!

C'est au milieu de ces tragiques angoisses que s'est scellée l'indissoluble alliance , que s'est refaite la solidarité entre la France provinciale. Non, quoi que disent nos adversaires , il n'y a plus deux Frances que Ton puisse diviser au profit des convoitises monarchistes. Il n'y a plus deux Frances, l'une recevant un mot d'ordre hostile à Paris, l'autre se laissant égarer par un sentiment de dédain ou d'aigreur contre la province.

Il n'y a plus qu'une seule France, glorieuse unité morale, qui est le prix des immortels sacrifices de vingt générations antérieures 1

Vous qui vivez ici éloignés dé nos luttes journalières , sachez cependant qu on cherche encore aujourd'hui à creuser un fossé entre le travailleur des champs et celui des villes. Ce sont des

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esprits méchants et pervers^ ceux qui veuleat ainsi diviser la démocratie contre elle-même,

De même qu'il n'y a pas deux Frances, il n'y a pas deux démocraties; il n'y en a qu'une seule , fondée sur la concorde et l'étroite solidarité de toutes les classes de la Dation, (Applaudissements.)

Après les douleurs du siège , alors que pendant Tinsurrec^ tion Paris était livré en victime aux haines furieuses attisées contre lui, vous avez eu le spectacle de toutes les communes de France, grandes et petites, se jetant au milieu des combattants, les adjurant de mettre bas les armes , essayant de fair^ triompher les idées d'apaisement et de conciliation; vous avez vu ensuite cette politique de solidarité et de concorde sanctionnée par les élections municipales ; et ce premier mouvement d'indépendance locale après la guerre a été le prélude heureux de toutes les élections politiques partielles qui, depuis le 8 février 1871, ont été le témoignage constant, répété, unanime de la volonté du pays, de vivre désormais sous l'égfide de la République.

Ce premier cri d'indépendance locale et d'attachement k la République a été poussé par la démocratie qui, au milieu des désastres de la France, avait pris définitivement conscience de sa force toute-puissante et aussi des devoirs que la toute-puissance impose , Frappée , abattue , gisante , la France s'est recueillie. Ce recueillement marque une date dans l'histoire de notre pays. Il faut refaire la France ! ce mot se trouva sur toutes les lèvres comme il était dans tous les cœurs républicains. Il faut refaire la France et la République seule peut nous y aider. Notre parti, messieurs, dont le patriotisme est k la hauteur de la foi politique, résolutde se dévouer à cette t&cbe. C'est sous l'inspiration de ce grand et généreux dessein que je suis rentré dans la vie publique en juillet 1871 ; et c'est vous encore qui m'avez rendu mon siège dans l'Assemblée, Dès ce moment, j'étais en parfait accord avec vous, avec toute la démocratie. Ne voulant rien laisser au hasard, je saisis l'occasion de m'expUquer publiquement devant les électeurs d'une

autre grande ville, à qui la République doit beaucoup, devant les électeurs de la ville de Bordeaux ; à la veille des élections, j'ai voulu exposer quelles pétaient, à mon sens^ les conditions nouvelles de l'action politique de la démocratie.

Qu*ai-je dit alors ?

J*ai dit que, ayant un germe d'État républicain, il fallait le développer, l'entourer de soins et de sollicitude. J'ai dit qu'a* près la surprise du suffrage universel au 8 février 1871, momentanément tenus en échec par lui, il fallait nous attacher à le gagner à force de raison, de propagande, de persuasion ; qu'il fallait renoncer aux moyens qui avaient illustré autrefois le parti républicain, sous la monarchie et sous l'Empire, quand on refusait au parti républicain sa place au soleil. J'ai dit qu'à l'opposition systématique, militante, héroïque, chevaleresque, que faisaient nos prédécesseurs, il fallait substituer une opposition légale, constitutionnelle, parlementaire, scientifique, disputant pied à pied le terrain, établissant, au sein de la République, la lutte pacifique des partis, qui n'est autre chose que la rivalité des idées. (Très- bien ! — C'est celai «-Bravos.)

Cette politique nous imposait beaucoup de ménagements, beaucoup de précautions, et enfin l'emploi d'une infinité de moyens termes. Mais où? Dans le Parlement, sur le terrain naturel des transactions politiques, dans le domaine réservé à la confection des lois, à la triture des affaires, dans ce qu'on peut appeler le ménage quotidien de la vie politique du pays.

Voilà où les concessions, de la part du parti républicain, sont nécessaires, justes, souvent avantageuses pour nous, toujours efficaces sur l'opinion ; elles nous ont permis d'affermir peu à peu ce pouvoir qui n'avait de la République que le nom, et^ qui, par une heureuse fortune, se trouvait aux mains d'un homme plus digne qu'aucun autre de le détenir, d'un homme aux lumières, à la compétence, à l'expérience, à la sagesse, au renom duquel l'Europe entière rendait hommage.

Eh bien, nous ne nous sommes jamais départis de cette politique : il le sait bien 1 et je suis sûr que, lorsque les fumées du combat sont dissipées, son regard revoit ces Journées où

notre intervention a été décisive, non pas seulement en faveur de Tun ou de l'autre de ses ministres^ mais de l'existence de son propre gouvernement. (Très-bien! très-bien I — Bravos.) C'est à quatre ou cinq reprises — qui sont dans^la mémoire de tous et que je n'ai pas besoin de rappeler — que, sans incliner ni abaisser nos consciences, que sans froisser la rigueur de nos principes, mais certainement en ne nous conduisant pas comme des hommes de parti, nous avons apj^orté au gouvernement un concours sans lequel il aurait péri. (Oui! oui! — C'est vrai !)

Le pays a toujours approuvé cette politique ; il en a compris toute la valeur aussi bien que ceux-là mômes qui en ont si souvent ressenti les heureux effets et recueilli les bénéfices. On l'apprécie, cette politique, à l'heurç du danger, croyez-moi, messieurs, car il arrive entre les gouvernements et les oppositions, dans leurs relations mutuelles, ce qui se produit, diton, entre les marins en détresse et les saintis. Pendant là tempête, il n'y a pas d'ex-svoto qu'on ne promette, de prières qu'on n'adresse au saint; puis, quand la tempête est passée, le saint en est très-souvent pour les services qu'il a rendus. (Hilarité prolongée. — Applaudissements:)

Mais nous, qui n'avons pas la prétention d'assimiler notre concours à rien qui ressemble à l'intervention de quelque personnage céleste (nouveaux rires], nous qui nous conduisons en simples mortels, nous continuerons à prêter jusqu'au bout ce concours à la fois nécessaire et désintéressé, parce que c'est à la fois rendre service à qui a droit qu'on lui en rende, mais encore à la chose auguste entre toutes qu'il représente, à la République. (Salve d'applaudissements.)

Une voix. — Soutenez-le quand il a raison, résistez-lui quand il a tort. (Oui ! oui ! — Bravos.)

M. Gambetta. — Quand je dis que la République est chose auguste entre toutes, je m'explique. Ce n'est pas seulement parce que c'est la forme du gouvernement pour laquelle nous avons toujours lutté et qui représente, pour notre raison comme pour notre cœur, ce qu'il y a de plus noble, de plus juste.

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de plus grand dans les relations humaines; mais c'est surtout parce qu'il y a dans cette forme de gouvernement plus d'avenir pour la France ; parce que, mutilée comme elle Test, appauvrie comme on la laissera dans quelques jours, menacée comme elle restera longtemps encore, il n'existe pas, en dehors de la République, d'autre moyen de lui refaire la force matérielle et la force morale qui lui permettent de redevenir ce qu'elle doit être et de reprendre sa place au milieu du concert européen, non pas en dominatrice, — je n'ai pas de tel rêve pour mon pays, — mais comme une des aînées dans la famille des peuples. (Bravos.)

Messieurs, c'est comme patriote qu'il faudrait surtout être républicain. Autrefois, nos adversaires, contraints par la discussion, reconnaissaient que la République est la forme politique par excellence pour donner le plus libre jeu au mouvement intellectuel et matériel du pays ; que c'est la forme où le système économique tout entier peut être le mieux assuré comme fonctionnement et régularité, où les agents sont le mieux en état de remplir leur mission avec des frais généraux moindres. Messieurs, ce ne sont pas les seules raisons qui doivent iaire aimer la République et pour le^uelles on doive la défendre, l'affermir et l'améliorer ; c'est surtout parce que, pour tout homme qui aime sa patrie^ qui veut lui rendre sa prospérité, son lustre et sa grandeur, il n'y a plus, il ne reste plus rien en dehors de la République. (Longs applaudissements.)

Voilà pourquoi je dis qu'aujourd'hui être patriote, c'est être nécessairement républicain. (Très-bien! — Ouil — Bravos).

La considération qui a dominé toute notre conduite politique, c'était de hâter la venue de ce jour, — ah ! non pas un jour de joie! en peut-il être encore au milieu du deuil national ? — mais de ce jour de soulagement où le sol serait évacué par l'étranger ; atteindre ce but et voir à l'horizon, — non pas à la frontière, hélas I nous l'avons perdue î (Mouvement.) — voir à l'horizon disparaître le dernier fusil à aiguille : telle était l'image toujours présente à nos yeux dans les travaux des

buréaUt, au fntlieu de^ luttes de la tribtmô, & l'Aéâfcflbtfië. Nous hë pëtisibtis paé qdHl i&t de notre devdtr dé riëd livrer ad hasard aussi longtemtis que le sol de la patrie n^ dehdt pas parfoitëment àtfràdcht.

Ce n'était pa^ là un calcul de pard; nota, nië^iëUM i câi* cette politi(|ue fet*me et prudente, nbuâ voulons Id bbiitidue^ aprèiâ la UBératiod du territoire. Fruit dé tioà réfleiiohs^ èlt6 ei^t afiptôiivée par 1& cbiiscience dd pajfà tbtit entier; elle n^est pas sëuletnékit la vérité, elle est SiUSsi la sâglessë. Pai^ cotisé quelit, elle né peut pas être âcctdedtelle ; elle né doit pas durer seulement pendant un, deux ou trois ans de sësâtbti, éliè doit se pblongél* tneme après la fondation débnitivë de la République. En effet, méààleurs, c'est avec éettë poîitiiidë de sagesse et de pHvdVancé qu'on pddira, ad sein d:Une liberté républicaine, créef des mœurs républicaineà éi itàblif, Utii chobs, ^tis violences, îe Jeu iISgUtief dé ces deux grahds p^lît^ qdt doivedt ^ partager les medibres d'une sbciété btén i^lfië: le parti des esprits novatéufâ et progressiste^, et le ^M des pluâ Uditdes et dés plus bônsétvatedr^. (1*^A d&ns le bàlAUcement etaèt dé bés deux partis ijdë peut se maintenir lé Vért^ table équilibre qttt fait Seul iMrdil^ dkiis l'État, tëllb éSt, tùâsiëurs, là poillique que nous avohà suivie, k laquelle ilôus vôulohs rester (idèlëS. El il est bièh désolant, -^ laijsâez-mol le dire, car il d'y a même que cela qdi soit désbiant dadS là sitdàltôn actuelle, -^ il 'est déSblânt et brdel de cbnstàtër ^dè cette politique n'a pas été comprise du parti conservateur et dé ses chefs, qu^ëllé soit encolle b&lbtbniéé MdS trS^é ni dierci. A rheuré qu'il est, nôUs somUlëS datiS ddè de cëà criàëâ politiques où nos adversaires, ne nous tenâdt aucun codipte de notre niodération, de hbâ âbtes et de dbS Vôtes, Véuléiit nous traiter comme si nous âVions été violents, agressif, passionnés et injustes, et comme sl nous pfbfesSibtlâ à%à théories, des projets de i*étbrnie qui seraient le renvërSëmedt de todtëâ les bases de ta société. (Voix dombi'eusés : d'est bdë indignité !) Ëh bien ) éxpliqlibrïS^hoaS, diëSiiëÛhS, il te M. H^A\ p9s

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Véifilài3lêif)ebt affligeant de Voir des hdmihes que l'opiniëH dâ tous les partis est habituée à respecter, — j'éviterai de pronoQ^' cet* dé^ tibttià, ai vous le jiermettez (dui I oui I) -^ prendre dans le^ circbhstaiiices actuelles un rôle, une attitu)le, tin langage olil Vërltâblënîfent a lieu de surprendre î

Savez- vbus ce qu'on dit à l'heure actuelle?

DH dit fefed : Le tlldtnent est favorable pour protester contre l*àfectâtioh du parti républicain à ne vbulôir quefles républicâînlJ de ♦îëille date pour le représenter i poof procéder contre certaines théories excessives, subversives, dangereuses^ con-' dâfenèes par l'feipériettfeé dé tous les temps, et enfin, niéssîciirs, l*on ajohtë — parce qu'on arrive toujours à dire, «dans la lutte, plus qu'on hë pehsô ^ le moment eëtfaVordblé pour;, pppoâér l'ëôprit d'Ordre à l'eàprit de révolution.

Sïèàsiëurs, ptiilr jbgér de te valeur deceb déclarations de nos^ adversaires, il est peut-être utile de revenir un peu en arrière. Que ^ paSste-t-il dans ce pays depuis tantôt devit ans ?

Détbtisles côtés, de toutes parts, toutes les fois que le côlrps électoral ësl interrogé, qu'il s'agisse d'une élection au Conseil hiuttîcit)»!, au Goiiseirt d'arrbndissement^ d'une élection au OonSfeil géttéttll, d'uhê élëtjtion politique, ~ j'irai même pldâ Ibin, fArlÉL politique se^mêle à tout à notre époque* — ; qu'il s'iàgisse d'électiotid aux chambres on aux inbunaux ùk côihthërce, tj[Ue ybyonâ-nbUd ? Quelle est la premrière peh8éQ> (jtit viëiit aux électeurs! des villes et des catapsignes? Noth^; Âôns, diSëtil-ils, un fcandidàt qui veuiHè en finir avec la persîs-^ tattcè dès eluS du 8 février àrftstereu pouvoir;, qui veuille bi|> finir avec l'incertitude, l'équivoque; qui veuille et Sache nbtifiër k tbttt lé lûtSMé ()u'il est tempS) plus ^ue temps, de cohvôqiifer lé suBfrage litliVelrSel dânS seitibmicès, de l'iaterrogei*^ dé i'dtipëiéir à élire des mandataires, sbitpour 1% dionarchiev soit pour la Républiqdë, mais dont le titre> dont le mandat soient absolùmeflt incbbtestablës et à l'abri de toutetliscui<)iOQv[ dëtbutëttlUtJtie. :.:■.. U

Voîià, dat)^ lé langage iet^lus modéré j^k en même temps) le pl^i t5héds et lë.plds ëxaist^ed qui s-isf. passé dans ted

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37,000 communes de France. (Ouil -^ Marques générales d'approbation.)

En a-t-on tenu le moindre compte? Avez- vous entendu dire que ces faits, qui se sont reproduits partout dans le pays, aient modifié le choix d'un préfet ou la nomination d'un juge? Avez-vous entendu dire que ce qui s'est passé ait pu faire supprimer l'état de siège dans un des nombreux départements qui en sont frappés? Et, surtout, avez-vous entendu dire que l'Assemblée de Versailles ait songé à s'en aller ?... (Hilarité et bravos.)

Non, vous n'avez rien appris de pareil, hélas I et si j'avais seulement le quart de celte bonne nouvelle à vous apporter, je serais le plus heureux des hommes. (Rires.) ^

Le pays, alors, a vu qu'il avait beau manifester son opinion, on ne l'écoutait pas I Le pays n'a que le suflirage universel pour faire connaître ses idées ; encore les occasions de les fadre connaître sont-elles laissées au hasard de la mort quand il lui arrive de faire des vides dans l'Assemblée. C'est seulement lorsqu'il y a un siège vacant que le suffrage universel est appelé à se prononcer ; c^est seulement le jour où il faut y pourvoir, et non le lendemain, que le suffrage universel peut manifester sa volonté et son opinion, et donner une impulsion dans tel sens ou dans tel autre; c'est ce jour-là seulement que le citoyen, que l'électeur français peut et doit faire connaître au reste du pays, où des élections n'ont pas lieu, au gouvernement, aux partis eux-mêmes, ce qu'il dems^ide, ce qu^il veut, ce qu'il exige; car il a le àroil d'exiger. (Très-bien I — Bravos.)

Voilà donc ce suffrage universel qui s'épuise en manifestations absolument nulles; il a beau multiplier ses arrêts; il a beau chercher la formule la plus claire ; il a beau inventer le mandat le plus défini et le plus précis, le mandat impératif, le contractuel ou le synallagmatique, tout y passe, il s'évertue à trouver de nouveaux moyens, de nouveaux pro' cédés; tous ces efforts n'aboutissent à rien; on n'entend rien, on ne veut rien entendre de ce que dit le pays^ ni à

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Versailles ni, permettez-moi de le dire, dans les sphères du pouvoir. (Bravos.) Rebuté dans toutes ses tentatives, mais non découragé, le pays s'est dit alors : Peut-être existet-il encore un autre moyen, en dehors des élections générales à TAsssemblée^ en dehors des élections aux Conseils municipaux, d'arrondissement ou généraux^ de manifester notre volonté : nous pouvons la manifester, par exemple, à Toccasion de telle ou telle élection partielle de député . C'est ce qui a été fait. Mais qu'a*t-on dit? On a dit : Oh I ce sont les gens du Var qui ont voté ! mais ce sont là des gens exaltés, passionnés, ce sont des gens incandescents I Or, comment voulezvous que nous réglions notre politique sur l'opinion décidément trop ardente des gens du Var? (Hilarité générale. — Applaudissements.)

Après cette réponse, le pays^ sans perdre patience, s'est dit encore : Si, dans une manifestation générale, on pouvait avoir l'expression collective, universelle, de l'opinion de la France sur un point de politique donné, on ne pourrait plus nous objecter ce qui s'est passé dans le Var, en Algérie ou ailleurs ; c'est alors, messieurs, qu'on a pensé au droit de pétition, et qu'on s'est mis à l'exercer.

On a reconnu que le droit de pétition était un droit sacré, mais que s'est-il passé ?

On a donné l'ordre aux agents inférieurs, — et vous savez le zèle que mettent les agents inférieurs à exécuter les ordres venus d'en haut (rires), d'empêcher de se produire, non pas la signature isolée, réfléchie d'un homme qui la donne dans son cabinet ou son comptoir et qui l'expédie par la poste, mais les signatures collectives. On a dit aux agents inférieurs que, sous prétexte d'ordre public, il fallait empêcher qu'on se groupât pour signer des pétitions, empêcher les réunions clandestines, et on considérait comme telles les réunions qui avaient lieu dans un café, dans un cabaret, ou sous le portique des théâtres, dans tous les lieux publics ouverts aux citoyens désireux de signer et résolus à le faire. On a multiplié tous les moyens d'intimidation ; tout le monde s'y est mis, les magis^

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irais, le haut personael des grande» oomiAgnieQ, 1m AVff^r .leurs des grandes administrations, la gendarn^eria, 1^ foqpT tionnaires de l'ordre civil» depuis les pln^ élevés ju^qu^a^ secrétaires des mairies. Et puis Tétat de siège, dant 43 ijiéparr tements sont encore frappés, a joué son rôle auçfii; s^-ob bien ce qui peut arriver sous l'état de siège ? Ci'es( ^n^i^ pfiessieurs^ qqe ce mouvement pétitionniste, pomo^ni^ dans (è bpt de faire connaître l'opinion du pays, a ét^ entravé.

Mais, malgré tous ^es obstacles, en ilépit (|e ce pai^ v§is voqr loir, de toutes ces réglementations indignes d'un PQqvqj^^ sqqt cieux de recueillir le$ échos de Topinion, on a pu aitQin4^ ie chififre d'un million de signatures au bas de pétitions déplantant la dissolution de l'Assemblée de Versailles. (Qr^vo^.) Parmi ces signatures, beaucoup ont été données aq fv^ fte bien des périls, car il y a de braves gpns r- j*eo coiin^i — qui ont per0u leur emploi pour avoir signé la pétit^n de la dissolution, qui ont été chassés de leur administration ^pri|s quinze aps de services et qui ont ainsi perdu la resgoui^e gai &isait vivre leurs familles. Ces obstacles, ces entravp», ces procédés vis-à-vis des signataires de la pétition ont d^ singulièrement, vous le comprenez du reste, en arrôteç la p^opagf^- ,tion ; il s'ensuit que ce million de signatures a un prix iiestimable et que, pour les gens loyaux et ^acérés, une telle manifestation si imposante et si nouvelle devrs^it être décisive. Or, savez-vous ce qu'on a fait à Versailles ? On a voté un Qf^ du jour par lequel ces messieurs ont déclaré -r- nem pus an propres termes, mais peu s'en faut — qu'ils pe relevaient qfie .de Dieu et de leur conscience. (Hilainité général^.) '/ Quant à la première de ces puissances, ellQ laisse, pqpimeiWe tant de choses dans ce monde que ÇPQ invocation n'a 'jamais été une garantie bien efficace dans la fiiriK^Uofi ^ affaires humaines. (Très-bien t très-bien l — On rit.) Quant à 'ta seconde, à la conscience des hommes publics, permettiaz- 'moi de dire que, lorsqu'ils sont appelés à juger leur propre conduite politique, il leur est très-difficile toujours de se donner tort. (Rires. — Bravos.)

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T0 I ^\é r^cç^eil p ^ été f^jt à pelle fevefl4Jc#tipï» 6pwgique et aj}torjsé^ du ^uffrsfga vifjiyersel. Le pouvoir, psir l'Wr gapç 4'uP fis ses plus éjpqaeats prateijrs, §-est associa à î*iqterdiçtipn, p^ f?fit, d§ l'pxerpjce d'un droit qup }|ji-ïo0fpe ayMlj r^cpppu pt prqcjam^^n théorie. Le pouvoir ne ^'est pa^ poil-! tjBfjté d'agir ^in^l, et p'e^t ici qjip j'pi)trera} tout i fait dans ]^ 4éta|)g ; pmsque je you3 fend^ )o cooipto que je yous dois de^ aifà}fe§ pwpliq^pé, je veqx vpj}? le repdrp copuplei, (Très-bispl) Lfl POjiyqir np §*est pa^ çoijteiîlô ^'irjtprdirq en fait }e çïroit 4e p^fftiph ; il a pçpprîs gue les çeQç dppf |fi pPUVBÎF PPIHiq^p ^j.ajt ro^fl^pé paf les pétujpn? sepliraient tflu|; le pri^ de ^ ppflr teption, p^ qiie je froment était peut-fttrQ vepij 4e s'eQlpndrp avec pux pour les couvrir et }p^ prpjégeip. Aqssf , me??ieqii5| c'est 4âps pet|p p^anpe du l^ 4épeD?i)?p J§/2i ph l'on para^

Ipait les pét|tionp3|res ppmr la dîspOlptio^ dp V A^piqJ)lée , pr l'on ré»»tf(it ^ 1^ voix 4p p^ys, p'p?t 4^n9 pettp méo^fj i^é^pc^ qjjp pi|lheurQH?ernent le pppvpir , jps naipislre? du gp^ypr^e? ipppt ^^ % t^içrs > ppt pQDclu, ^vep le» {représentante de )a ^^mfM 4i* VpnfMH^* m vîcpf4 4'pù p^t né {e projet 4e Ipj des jrepfe. Vous je connajsse;^, i^pi^jeur;, ypufi pu av9? mY\ la 4|scussipq, j'en sujs sur , ayeç )a plus exi^gie gQJlipiti}4e, (Marqups d'î^ssentlp^nt.)

qp projet 4fi loj, je ne veui pg^ ip jqgep ap ppipt 4p vue 4» ce qu'on ^ appelé |e§ cbipoj^rips qi^U) pQntjgn(. (On pit.) Je ne n^'pcpppp pifs de ce ç^té ppéril pt n^^^quip 4'<^P® 9usM importaiiteniesuretetjèv^isdroi^àoe qu^il renfprq[ip d'important, c'p8t-à-4ire au t^f\\ je p^i^s grave qu'ait pn^or^ pQuru la cause 4p )a dé(neçratie fjÊiïnQaise.

Qu'esH^if ïo^ssipursf, qnp Ip prqjpt de{ TrentPÎ C^pst un accord interyepu eplre upe partie du gouvernement pt la majorité 4^ l'Asspmblée de Yprs^ill^s pour doter \à France, et la Répub)|(;^e, s'il y a lieu, cpmme disent ces inessiepra , d'insr titutious particulières de çiature à assurer la sécurité de rave** nir,

I) f^ut voir cp cp'jl y a au jS^ndde ce langage abstrait*

p;b bipn lîl y a trois pboses, U y ii d'abord une loi «ontce le

suffrage universel ; ensuite, rétablissement^ par cette Assemblée de Versailles , d'une Chambre haute ou d'une seconde Chambre, — appelez-la comme vous voudrez, — destinée à refréner la Chambre future quand on l'aura nommée ; et enfin, brochant sur le tout, il y a, dans ce projet de loi des Tréntei une disposition qui permettra de régler l'organisation des pouvoirs et du gouvernement de la République. En d'autres termes, nommés pour faire la paix, ces messieurs pensent et disent qu'ils ont maintenant à faire autre chose [encore. Oui, ils ont été nommés pour faire la paix et uniquement pour cela, puisque c'est à peine si la question de la guerre à continuer a été posée ; le pays ne leur a pas donné d'autre mandat ; car enfin, messieurs , on peut bien le dire , ce n'étaient pas de vraies élections qui avaient eu lieu, à en juger par la confusion et la bigarrure qui se manifestaient sur toutes les listes , oà se trouvaient réunies et associées les opinions politiques les plus contradictoires et les plus équivoques ; c'était sous la douloureuse impression de la chute de la France , sous le poids des Prussiens, que ces élections s'étaient faites. On estimait qu'une Assemblée ainsi établie aurait le sens de se retirer après la conclusion et la ratification de la paix. 11 n'en a rien été. Pourquoi ? Parce qu'elle poursuit un plan , parce qu'elle médite des desseins politiques que je veux vous exposer et qui, selon moi, doivent aujourd'hui, dans la crise électorale que nous traversons, nous décider à prendre parti pour tel ou tel candidat. Ce plan, ces desseins politiques, quels sont-ils?

Messieurs, pour tous les esprits , même pour les plus prévenus, la libération du territoire doit mettre un terme aux pouvoirs et à l'existence de cette Assemblée. Or , l'Assemblée de Versailles veut éviter, si c'est possible, de tomber sous le 'coup d'une pareille échéance ; elle veut reculer le terme de cette dissolution exigée par le pays : c'est dans ce but qu'elle a affecté de saisir le pouvoir constituant. Après. s'être donné à soimême, à une majorité d'environ 100 voix, ce pouvoir constituant, malgré la résistance et les protestations des députés libéraux et républicains , l'Assemblée affiche une autre pré-

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tention non moins audacieuse, la prétention d'exercer ce pouvoir constituant sans l'épuiser , la prétention , exorbitante et scandaleuse, défaire aujourd'hui une chose, demain une autre et, après-demain y de les défaire toutes les deux , sauf à recommencer à nouveau cette toile de Pénélope constitutionnelle. (Rires.) Messieurs, au moment où cette prétention sur le pou* voir constituant s'est produite, quand bien même elle aurait été l'opinion de l'immense majorité de l'Assemblée, il me semble — c'est mon opinion — qu'en présence des manifestations si claires de la volonté nationale , le gouvernement ne devait pas s'y associer. (De toutes parts : NonI non!) C'est pourtant ce que le gouvernement a fait. Il s'est associé à une pareille prétention et c'est à ce moment même qu il a conclu l'accord, passé le contrat contenu dans la loi des Trente. Or , je vous le demande, messieurè, est-ce que s'opposer à la réalisation de ce conti^at, qui n'est pas encore effectué , c'est faire acte d'opposition révolutionnaire, c'est faire acte d'exaltés? Estce, en un mot, poursuivre le renversement du gouvernement républicain? Tétftoigne-t-on d'une grande bonne foi, dans le camp de nos adversaires , quand on ne veut pas que nous nous opposions à une tentative qui nous semble grosse des plus grands périls. (Non! non! — Marques d'assentiment.)

Non, évidemment non ; en refusant au gouvernement de le suivre dans cette politique , en lui déniant le droit de traiter avec l'Assemblée d'une Constitution à faire de concert avec elle , nous ne faisons qu'exécuter notre mandat. Permettezmoi dé le dire personnellement, messieurs, le mandat que j'ai reçu en juillet 1871 consistait à fonder la République, mats à l'aide du suffrage universel de la nation , librement exprimé, avec le concours d'une Assemblée républicaine, investie d'une autorité suffisante pour organiser un gouvernement. Ce mandat d'alors se résumait, comme celui qu'aujourd'hui même la démocratie parisienne donne au candidat qu'elle a choisi , par ces mots : Dissolution et République. (Très-bien ! — Applaudissements unanimes.)

j^ous aYQDS donc r^i^té, nous résistons Qi^cpf^ piùQur4'tiiH, eF cpqitpa hqus ayops été vaincus i la Chambre, cginme nm^ yavqria é^ en piinprité, je vpus fiirp

maioteoapt notre conduite, celle de qif|

op^ yolé 9YSP pou^ et 4^ (ous ceii^ i iDi|g

dp di^luiïQFi ^s l'Asseml^léâ. Cetti = çf/t

ip ne MîiiprsB4s plJiS fw S"'? choa» fe-

mapd^f , ^u ^(fr^gQ de son paf ti. aide, cancp^^^ ât ^ssis^açaj nous yepqn^ ^oqp YQU^ 4ire : pou^ ayons ^té en iqjpqr|té; nou; ayops ^14 batt]^ 4aps l'^ssefablée ; mais )'RRiH(0|i qi^e ppD|i y avons sQuteniia> oQus avoq^ a^tmé qu'elle ^fait vpu:^ PRïilJm c'est voua gui avpa aujourd'hui U parole ; ç'êsl| à vqpq qg'ij appartient 49 par|er. Et jnsintep^nt ^fie la q^lP5^*)1 vflug ea1| poséf Rfi n^ vou4i;aif pas q^e vou^ tinsaief le môifi^ Iftp^^^ qL)a çe|t)i que qous avons fqjt entendre, m vptre ii()|;o, ^ rj|Ssem{îlâe I |:t i| y a 4eEi l)ftiptnBS qui yon^ âis^af f n pé ffiPPWpti S0D3 I4 pfé^ste meRsop^er qi^e voqs pq^ri^f^; Rpi|:^ fli) gqfiT veroem^p; (i^pulilicain, que vous ne dgvez f^f, ya^ prc^oàce; aujourd'hui d'upa façpp ausgi énergiqqg 1 (p'tift <iel4 1 t^t ^f^ bjenl)'

Quant il pio), J9 pe cqqiprends pa^ ($ttp poljliqi)e . ^9 you^ l'Eii )iâjà dit, messieurs f dfin^ l'^nceiq^i du f-^rlefp^ti j'aj

toujours été disposé à consentir aux transactions et aui co|^7 ppufis q^g cpmporte 1^ lu^e parlementaire, p^rÇ^ <i>Vt iM>P^ le parlement, il n'y a pas je pays, mais SB4)eif|^ ^S rOfiNs swtants, qn peut, sur (el point, avec tel p^rti, avec t^l gto^^ pa^ipu^l^ire, amener, à r^4fi à'au ^TTatagsfasa\ ^a^, d'un c&ncért délibéré, t^ ou te) résultat qu'pp 4^fir«, psi^ qif'ot) le çntit avanlageui: au pays. U^i; qu^nd pq se p^^^ daiqs l'aFànp él^twale, quand il s'as>l^ 4* puiser it la «Piîrci m^û de )'mfl(ienpq des parfis et que l^ou dPffian^^ w PSr». i la oatioa entière, de fair^ sentir au gouverpqiqQ^ le [)qi4| qu'ils pèsent, vous yp^le^ qu'on transe î Uessisurs, ^D^P4T rêille transaçtiou ne serait qu'qne usqrpatioq S4r vqt^ SQttveraiqeté, ce serajt pp part' d» vqtre juste inftq^çe qo'qri vous déroberait et qu'on donnerait à rady^^irSf

6st-ae qud »ou3 pouvions npi)^ sr^t^r à 4» Piicml^ f^PiaftpçAmis? (NpuI -t- Jamais I -- Trè^-bJPPl -^ BRvps.) C'ost là, messieurs, un des preqaiers pciaçipe^ 4# la ppli^ique, j'ose» )e dire, car la pplifiqud, qu'ast-pe, après ^out! Q'ost l'art 4q IMre iaterveoir les focces org^Qj^^tj clHm R^ys diiQ? )^ ^irecUpn générale de ses affaires* Eh t>iepl jp vous le den^^Qdq, vous avez uqe opinion, elle est représentée depuis trois; §0$ ^t 9)Ie n'a pas triomphé. Or, de deui^ choses l'iipe : ou yous vous êtes tMPPl$9> et alors il foqt le recoQQ^tre; ou, au pontr^ir^ vous fiyez la conviction que vous avçz doqoé le conseil )e plus sagQ au gouv^nement et à la nation ellermôme, et alors i} faiit persister. fi^f, é vous ne p^sistie:; pas , save^-VQus ce qu'on dirait ap li^demain de l^éleelion 7. ù» représeptapta du ppU républicain nous ont combattus au nom de leups commettants, mais leur parti les a désavoués ; au 3crutiu, d'aill^u9s> ce parti a :été oâmpté et trouvé sans inQuenoe et sans foroe* (G^st vrail •^ ff est cela I -* Bravo I)

, Mou^f vivons dans un temps 01^ ce qu'on apprécie au plus haut prix, c'est la force! C'est avec la force que Ton compte avec le moins de vergogne. Quand c'est la force matérielle, qp peut lui rester quelque temps; on le &ît toujours avec honneur. Quand, au'isoutraire, c'est la force morale, ou peut lui

résisteB aussi quelque temps, mais uop sans déshPilOeur ; e|, poupvu Qu'on ai( la liberté de discussipfi quelque p^rt, l^ hpute de cette résistance se tar4e pas k &{fp traînée à la lumière du jear, et ia force morale finit par iraincre et par s'imposer, (Jvk^ Mm i trèsrbien I -r* S^ve d'applaudissements^)

Après tont, messieurs, sommes-oous doue si exigeants et ^i exciu^fe ? De quoi s-agit-il 7 li s'agit djg faire, oonrseitlemeut à Parle, -&- c^r on ne parle, on m s'occupe que de Paris^ tau* di&que nous savons tous qu'il y a des élections k faire daue douze dépastements : huit le 37 avril et quatre le 11 mai, rr il s^agit, dis-je, de faire non-seulement h Baris. mais daos douze départements français, des élections pcrfitiques« Il ne s^agit nullement de faire acte de stratégie parlepaeotaire. C'eet bien ici qu'apparaît la pi'ofoade erreur de Thomm^ émioeQt

qui est au pouvoir. II s'imagioe qu'il pourra transporter dans le domaine électoral les finesses, les expédients, les procédés, les mille et une ruses qui lui réussissent si bien dans les coulisses de Versailles. (Rires. — Marques d'approbatioD.) Il ne veut pas voir que cette erreur sera pour lui la cause de l'échec qui l'attend, parce que ces petits moyens ne valent rien dans le pays, parce que ce que demande la nation, ce ne acmt pas des habiletés ; ce dont elle a besoin, ce n'est ni de finesse ni de ruse. Que veut-elle? De la clarté, de la logique, de la simplicité. (C'est cela ! — Très-bien I — Bravos.)

Elle ne comprend pas toutes ces combinaisons, elle n'entre pas dans toutes ces minuties. Elle dit : je veux la République, je ne veux pas d'équivoque, je demande la dissolution de l'Assemblée et je ne veux pas consentir à ce que cette Assemblée organise la République, non jamais. Cette idée ne pourra pas entrer dans ma cervelle, dit ce pays gaulois, que vous fassiez organiser la République par des légitimistes, par des bonapartistes ou par des orléanistes qui peuvent tout organiser, tout, excepté la République. (Oui I — Oui! — C'est cela I — Applaudissements prolongés.)

Toute la science des hommes d'État, toute l'éloqnence des orateurs les plus consommés y passerait qu'on ne changera pas, grâce au ciel ! la nature de notre esprit ; qu'on ne changera pas cette soif de vérité et cet amour de justice que notre niation a de tout temps éprouvés et qu'elle éprouve aajouid'biH plus que jamais. Non t on ne changera pas notre caractère national en un jour, et à Paris moins qu'ailleurs. (Bravos.) Et rassurez-vous, messieurs, vos frères, vos compatriotes de la province parlent et agissent comme vous parlez et agissez vous-mêmes; ils ont voté comme vous dans le passé; ils voteront encore comme vous dimanche. (Très-bien 1 trèsrbien l -r- Marques unanimes d'approbation.) Prenez, en effet, les élections qui se sont faites depuis deux ans. Elles ont eu partout le môme caractère ; qu'elles se soient passées dans le département du Nord, où il y a 400,0000 électeurs, sur les côtes du Finistère, dans les Bouches-du-Rhône , dans le Var ou THé-

A BELLEYILLE. 333

rault, dans le Gard ou la Gironde, dans les Vosges ou dans TYonne ; sur tous les points, la France a été unanime dans la même réponse ; elle a dit partout, et toujours avec la même formule, dans les mêmes termes, sur des noms d'hommes qui ont une physionomie semblable : ce que je veux, c'est la fin de cette Assemblée et une politique opposée à celle qui a été. suivie jusqu'à ce jour. De plus^ elle a partout et toujours dit au pouvoir : Ce n'est pas pour vous ébranler, pour vous renverser^ que je me prononce ainsi dans toutes les élections, c'est pour vous gagner, c'est pour vous éclairer, c'est pour vous persuader; écoutez la voix qui monte de toutes les communes de France et votre pouvoir cessera d'être à la discrétion de quelqued voix dans 1 Assemblée de Versailles, il sera le plus fort et le plus respecté des pouvoirs parce qu'il reposera sur la majorité du suffrage universel, sur la majorité du pays. (Oui 1 — C'est cela! — Très-bien ! — Salve d'applaudissements.)

Car^ messieurs, remarquez-le bien. Sur le nombre de 163 députés qui sont entrés dans cette Assemblée de Versailles depuis 187i, voulez-vous me citer un député, un seul, — ah 1 si , il y en a un^ c'est M. Martin, d'Auray (Morbihan) (Rires.) Mais après celui-là, citez -m'en donc un seul autre, parmi ces députés, qui représente la politique de la majorité ? Voyons I qu'on nous le montre, qu'on nous le fasse voir. (Rires. — Très-bien I — Bravos.) Est41 sérieusement possible d'imposer plus longtemps à un pays une politique et une administration désavouée, répudiée, condamnée par tous les scrutins qui ont été ouverts depuis le i juillet 1871 ? (C'est cela I — Bravos répétés.)

Cependant il y a terme à tout, et les nations^ les peuples se fatiguent. Messieurs, croyez-vous que ce soit une sage politique que de refuser systématiquement à ce grand corps électoral l'ombre même d'une satisfaction? Quant à moi, je trouve celte politique téméraire et extrême; je disais qu'elle n'^t pas la politique qui convient à un grand et noble pays, dont les forces sont chancelantes et qui a besoin des plus grands managements. C'est de la politique à outrance, à laquelle nous

3Bi timtkÈ

pàtribtéH, aMt là Rét)Ubli(}tid eët le godvêfttétnénti w&ns de* vbnis rifeidtef dans Tlntérêt rAêtm dé notre gonverMaiMM iit qtiaiiâ noiift parlons dé rësistancéi nôUs né faiisons pas âp^l à d'autre^ InÈtrumétlts dé Intte que eéai qni ndUs stiûi tamm jiâr la loi j hotiS fae demandons pas d'autre anxilitihé qtlé la loi devant laqileilé, datas tin pays libre et teattt^ de Itti-todoiéi nous dëvens tbUS houi! incliner : vous^ potitoir^ cotnikie MA, ôptobsition. roui! — Très-bien 1 ^ Bravos.)

Cette gtabde démocttitie, t}ili dAns quelques foois^ Je Tm^ pëtë, pbùrrft dëmontreri en étant uniVersellemetit tottStllMé; qU'ellé ë4t IH nation éllë-mômé (dui.l Odil), cette déttldeMté; itUë t-édâtue-t-elle donc? Quelles sont ces réVéiiâftMitiotiS t (|déts Sbnt ses griefs T Que détnande-t-elle dbnc, enfln$ pbor 4u*dn né i^,t)0tkle & ses représentabtS que TiDJurts i là bouéhe< poui* qu'on s'acharne h la calomnier dans Ubé presse Intttibbâë qui devrait avoir dispahi, biais qui semble ffeurir Silrtocit dans I^s pays d'état de siégë comme dans son climat naturel 7

Cette grahUe démocratie, mais e'est tout simplement U pays tout entier, et c'est le paya le plùà travaifleur^ le frtcis patient et le pluS obéissant qu'il t eiit dans lé monde; ia démocratie chez nous, c'est le travailledr français^ fc'feâl-a-dirti celui qui céttainement^ de touD les hommes dsàujetUs aui charges et aux réglés de tbbte société Organisée, discuta M itit^ins et payé l'impôt àVec le plus de régularité et dé llleiliié^ p^i*cë que, quelles que sdiént les tiharges ddht bU M frttppéi tin sentiment profond lé doifaiUe, le Sentiment d« l'intérêt «ft^ tlbhàl. (Très-bien! — ApplaUdiSsémehts.) N'a-t-il pkfi prouté son obéissance, son zèle, son patriotisme depuis ces dmilou^ réux événements dé la guerre? Où âvez-vbuS tu lé moindre sighë dé résiistance? Où Avez-^vbUs eUténdn lé mbfndré piaiùë cbfatHe fcés charges qui venaient fréppér le tratéUlettf fhiff* ç^iâ? AU ! oui, il y à ëU dëS plaintes, mais des plaintes inbib^i intérieures; on s*fest resserté dans l'intérieur du ménagé* Mais où, encore une fois, é-t-on dit que ces charges étéient trot) Ibtitdés? Rutté ptirt; C'est que cn^tte natibn est tbut» 9» travail. Cest qu'elle ne demauttlé qu'à ^rodUiftt pbiir WaVmt

sa ^f6^h fââië. I^durdi»! MiA], hél^S t (fûë hôUS àjrbiâ à payer àuéSi t)6uf lëâ èffrôjabléS crltties cofcitiig jpir ce pouvbtf ^ë Vôàfe bôhnaîsfeeî ? (diil I -^ trëâ-fciôtt f ) Côtlë nâtioû, h«ttitètë et laborieuse, (iiiVt-èllë dematid^ in lôhdëthàiD de là êliêfté? Dû t)sé parler de bdulôVèrâemèrtl âb'ôiàl I Quelle îhjdà- Itëë^ ihèsételifs, dàhs cette àccUsâllôtl ! ttappele2-voUâ le cH tiiiànime pdusâë par cette llation au lendetHàln de \i gtleri^ë ! Nbiiâ àVôhs ëié vaihcUs par un pètiple btUâ iiisthili que hôuà. bèsécblëâl bônûëi-noiià Hnélractlbnl Vetâéz k fldtë la lufiitèi^è et la scréface! (îïëS-bîëh ! -^ Sâl Vé d'àpjifeudiàsôniènté.) Vôhâ là pMbA subVëi'^ivé, lâ pàâ^idti ^atàhiquë âe beité nd- Bob. (Kifës.) Elle dêihàiidë depuiâ uh siècle h ceut qui là mènent de lui donner l'instruction, Téducatioii ; ètîë lëui* dé- Miide '4u^bh diiVtô dèâ ëcoleâ, qu*on tnitltitiliê leii ffiattbës» ^ii^bft lui distribue à pt-otU8idri là vërité êciebUflqtië. (Oiii! ouli — C*è&tVrâîl) l)é[5iiis deûi âhâ et dëtiil que îibâ biàlheurs sont arrivés, avez-vous appris qu'on ait fait quêlqUë chbsë pbiiif léè écbléàî ÂVeii-vous appris qu'bn les ait augmentées if Ali! util, il y a des mahfclpàlités fëpubllcaines qui ont ôuVwt de tiôiiVelleé êcblés et je ne tenlehai pas de Vous raconter lu sérié de difflcfiltëâ, de prbcèâ, dé dë^^titùtionâ, de âupt^i^âSibtl^ que lN)uVërtUrë de cen^ nouvelles écoles àëhtfàteés. pu rit.)

L*êfeolé, rihsiiructloa, quel îêret et que nbuâ eti âotiimeS lôîn encore! Quant Su hibt Dbiië:âtbtre, bn se rëfuSe absoluniëiit Si îé proilbhcér à Vëmillèii. [lilm et mbrqUëâ unanimes d'approbation.)

A ta vêrtlë, ^ ^ëdtJlé à de& feiïgeiitiéà biëii àtttrëbëiit inâën^ëàl fev62-^bUS bien Cfe qu'il osfe demattdët^, ce peuple appelé â viVtë dàtiâ Ihié société Ublre et pWgtëssîVë, qui doit ëifê Jii^è ^ii àé% homnlëâ, qdt dbit nbiiimër Sêë !bhëtionnâii*es eii 1^ Pëcl^dtatlt datl§ sëâ prbpteâ l^ngst II demande Une éducation qui soit de nâtUrt â le i*eMrë p«)ptô à Tëiërcicë de ses droite et de ses déVb!rs de citbj^n, qui lui dbUhë des idiës appropHéës Si ta Sbciété dont les râj[)|^b(t^ ^àï ëivilâ et tSîqliéé. It dëttlâfadë Une chb^ tjut est fëpfé^htèë ^kr Un

336 DiscooRS

^ul mot qui soulève tous les aaathèmes, il demande Téduca- Uon laïque. Qu'est-ce, après tout, que Téducation laïque? C'est tout simplement réducatipn des hommes par des hommes dignes de ce nom. (Salve d'applaudissements.) Et à comlnen s'élèverait la dépense pour établir gratuitement cette éducation nationale? Quels sacrifices exigerait-elle de ce peuple qui 9 su trouver si aisémeut des milliards pour les donner aux barbares? Quelle somme faudrait-il s'imposer véritablement pour former la taxe qui doit servir à proscrire et chasser ce qui est plus funeste encore que les barbares, car c'est ce qui enfante les barbares chez nous> l'ignorance ? (Explosion d'applaudissements.) On n'a jamais osé aborder ce problème et le regarder en face.

L'idée de la défense commune et obligatoire de la patrie à'élait associée tout naturellement à l'idée de l'instruction gratuite et obligatoire, la nation a réclamé le service obligatoire.

Elle Ta réclamé, d'abord pour empêcher le retour des effroyables catastrophes où elle avait failli périr; elle Ta réclamé ensuite pour amener^ dans un intérêt supérieur de paix sociale^ la fusion et le rapprochement des classes ; elle l'a demandé pour que, à l'origine même de la vie, chacun, étant coude à coude dans le rang pour la protection du foyer, apprît que le sang de tous ses enfants est d'un prix égal pour la patrie, pour qu'on cessât enfin d'envoyer les uns combattre et mourir à la place des autres. (Sensation. — Vifs applaudissements.)

 ce peuple qui formulait cet insensé programme (rires), qu'a-t-on donné? On a donné une loi informe, mal fisdte et contradictoire, qui vaut moins que le système antérieur.

Dans l'ancienne législation, au moins, on ne pouvait se racheter du service militaire qu'à prix d'argent, tandis qu'aujourd'hui la faveur en exempte au moins autant que l'argent. (Oui ! — C'est vrai! — Marques générales d'assentiment.)

Et, pour établir ces deux grandes réformes, l'école et le service obligatoires, pour les nourrir^ pour les alimenter, si vous

A BBLLEYILLS. 337

voulez me permettre cette expression, il fallait de l'argent. Pourquoi hésiter •— la nation ne le voulait pas — à entrer dans une autre réforme pratiquée presque partout) Il fallait arriver à l'établissement de Timpôt, je ne dis pas le meilleur, mais de celui qui se rapproche le plus de Tégalité des charges^ à l'établissement de Timpôt qui prend le revenu là où il est déjà formé, et qui ne frappe pas là où toutes les ressources sont nécessaires pour arriver à la formation de ce revenu. Oui, notre démocratie, imprudente et téméraire, demandait l'établissement de l'impôt sur le revenu. (Rires. — Bravos.)

Que lui a-t-on répondu? On lui a dit que l'impôt sur le revenu, c'était Fimpôt du désordre et du socialisme. L'impôt du désordre ! un impôt qui existe dans la féodale Allemagne, dans l'aristocratique Angleterre, en Amérique^ en Suisse, en Danemarck, en Italie. Il n'y a que chez le Grand-Turc où il ne soit pas appliqué I (Hilarité. — Bravos.)

Et cependant vous n'avez pas appris que ces pays, qui ont ainsi admis et pratiqué l'impôt sur le revenu, soient livrés à l'abomination du désordre et de l'anarchie ? (Rires. — Applaudissements.)

Il y avait encore d'autres questions dont la démocratie demandait la solution : la séparation de l'Église et de l'État, la réforme de la magistrature, et d'autres encore que je n'énumèrerai pas en ce moment. Mais la démocratie, — ne nous lassons pas de faire remarquer ce caractère nouveau de ses demandes, qui devrait bien faire réfléchir ses adversaires, — la démocratie ne dit plus aujourd'hui : Tout ou rien. Elle ne dit plus : Si ce gouvernement ne m'accorde pas toutes les réformes ({ue je lui demande, je le combattrai et il tombera ; il disparaîtra s'il ne me satisfait pas pleinement. Non, la démocratie ne tient plus ce laugage. Elle dit aujourd'hui : Procédons par gradation^ faisons notre progr amme, commençons par le commencement, ne touchons pas à toutes les questions à la fois, ne faisons pas table rase^ procédons avec ordre et enchaînement. Tout d'abord, ajoutait-elle^ il faut être instruit, armé, et avoir des ressources assurées ; et elle bornait son am-

Ution à ces trois réformes également urgentes. Pouvait*on la satisfaire facilement? En aurait-il coûté beaucoup de satisfoire k ces trois demandes de l'opinion publique également justes* au lieu de dépenser deux ans et demi en luttes stériles, em complots insensés, en projets de restauration qui amèneraient des catastrophes effroyables? Était-il possible de décréter l'obligation et la laïcité de Técole, d'établir l'impôt sur le revenu et de faire une armée qui eût été véritablement une égalité du service pour tous? (Oui! — - Ouil — « Adbésion générale.) Pourquoi donc ne Ta-t-on pas fait? Par impuissance, par mauvais vouloir. Nous sommes bien forcés de le constater.

Dès lors, messieurs, le devoir strict, impérieux, qui s'im^ pose à tout homme soucieux non-seulement de la forme répn^ blicaine, mais de la démocratie, c'est, chaque fois qu'il dépose un bulletin de vote, d'y inscrire ces trois questions^ non pas à Paris seulement, mais partout où le scrutin est ouverL Jusqu'à présent la démocratie républicaine n'a pas manqué k ce devoir^ Partout on a imposé aux divers candidats qui ont été élus depuis deux ans ce programme des trois questions premières à résoudre. Ils ont accepté le mandat, mais ils ont été impuissants à réaliser les réformes. C'est ce qui fait dire à certaines personnes : A quoi servirait-il de recommencer une épreuve inutile ? De nouveaux élus, chargés de réclamer les mêmes refîmes que leurs prédécesseurs) seront-ils plus heureux à Versailles pour les obtenir ? Et, sous le prétexte que le nouvel élu de Paris n'obtiendrait rien, on vous engage, on vous invite à voter pour un candidat qui veut tout le contraire de ce que nous demandons et qui prolongerait indéfinimenticette si'^ tuation équivoque^ cette politique impuissante et stérile. (RireS; — C'est bien ! — Applaudissements.)

Cette démocratie, qui a su borner ses réclamations, qui surtout a su établir une gradation dans ses revendications, eiftelle, comme on se plaît à le dire, exclusive, envieuse et dé-** fiante ? Répugne-t^le, comme on le prétendait ces jours-ci dans une autre réunion, k toute supériorité intellectuelle et

À UUULSTILLE. 339

aoQîalêfU faudrait cependant s'habituer à parler la langue dëa hommes, an lieu de chercher à les effrayer avec des ealom A nies, comme on effraye les enfants avec des croquamitainea. (Trèfr4)ien 1 Bravo 1) Non i la démocratie n'a pas de défiance à l'adresse des hommes de bonne foi qui font ameiràe hoiKu^*^ Ua, qoi reconnaissent que leur passé monarchique a été une einreur. Où a-t^on vu que nous ayons repoussé dans nos joup*-. nanXf dans nos cercles, dans nos réunions, des hommes da boanefoi? Parmi ceux-là qui n'étaient pasb dans nos ranga,^ beaucoup étaient éloignés de nous, parce qu'ils étaieilt l^om-^ péa* Voua n'imaginez pas, j'en suis certain, * qtie les mih lions de oui que l'empire sophistiquait et attirait à lui piar tou& les moyens, étaient tous déposés dans Turne par des bonepar-i tistea* (fion I non I — Assentiment général.) Non^ en effet,! c'étaient simplement des bommes étrangers % la politique qu'où enjôlait; qui croyaient à la paix quand on les conckusaifi k la guerre; qui croyaient à l'économie dans les finances du pays quand on les menait au déficit. Us acceptaient de con-* fiance toutes les promesses, et ils votaient sincèrement, dans l'espoir qu'elles se réaliseraient. Mais ils allaient à l'erreur, parce qu'ils n'étaient pas éclairés. Ce que voyaient ces millions d'électeurs dans le gouvernement impérial, c'étaient d'abord l'égalité civile dans la pratique du suffrage univers^ , et c'était, à un point de vue étroit et de peu de portée, la sécurité pour leur épargne. L'ordre au dedans^ ils le croyaient assuré, et on les trompait encore sur ce point. Aujourd'hui, ces bons et loyaux Français viennent dire : Nous nous sommes trompés et nous venons à vous; nous aurions dû vous écouter plus tôt et voter avec vous, nous eussions ainsi évité la mutilation de la France. Les avons-nous rejetés, les avons-nous repoussés ? Non I non ! (Bravos* -«- Trè»*bien I)

Ceux à l'égard desquels la démocratie se montre sinon défiante, au moins exigeante, ce sont ceux qui ont changé de canq) et de partie qui ont approuvé toutes les doctrines ; ce sont ceux qui ont su^ il y a vingt^trois ans, escamoter la RéptH blique, assurés; qu'ils étaient, qu'après avoir joué leur comé-^

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die, ils pousseraient cette Répablique débile et confiuite dans les bras du priace qui se chargerait de l'étoufièr. (Salve d'applaudissements.)

Mais les temps sont changés. Nous ne redoutons plos les conspirations de TÉlysée. L'homme qui est à l'Elysée est un honnôte homme, un homme de discussion, et voilà qui doit rassurer les timides et les inexpérimentés, à qui l'on voudrait faire croire que nous revenons à la situation de 1850 et 1881. Ne perdons pas de vue cependant que la majorité de l'Assemblée de Versailles est composée d'hommes qui partagent les passions de cette malheureuse époque^ et qui tiennent le môme langage qju'autrefois. Et l'on voudrait que, de près ou de loin, nous eussions confiance dans leurs paroles et que nous consentissions à supporter plus longtemps la menace qu'ils tiennent suspendue sur la République, et qui, vous le sentez bien, tarit toutes les sources de la prospérité publique ! (Oui I oui !) L'ignorance du sort que nous réserve cette Assemblée, c'est là ce qui fait qu'on ne travaille pas à longue échéance, que les transactions se ralentissent, que les commandes deviennent plus rares, qu'on est inquiet sur tous les marchés du pays. En effet, les gens d'affaires ne recherchent dans la politique que la sécurité, et ils ont raison. Mais qui est-ce qui les menace? Est-ce la République ? Non. Ce qui les menace et ce qui prolonge le marasme dans lequel sont les affaires, c'est la réaction. (C'est cela I — Oui ! oui v- Applaudissements prolongés.)

C'est la réaction qui a inventé ce langage qui consiste à dire que la démocratie est l'ennemie des supériorités sociales; c^est la réaction qui déclare que la démocratie repousse les hommes supérieurs et distingués. Messieurs, s'il y a une vérité bien établie, c'est précisément le contraire de cette calomnieuse Invention. (Ouil — Ouit -- Bravos.)

Ce n'est pas dans un pays qui s'est toujours placé à la tôte des peuples, par ses goûts artistiques, par un travail supérieur dans toutes les directions et dans toutes les branches de l'industrie, par une recherche constante de ce qui est beau et

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grand, ce n'est pas dans un tel pays qu'on peut dire que la démocratie est jalouse da génie, envieuse du mérite, ennemie des supériorités intellectuelles et morales. Ce n'est pas à Paris qu'on peut tenir un tel langage, ni même en France . Qu'on le réserve, si l'on veut, pour d'autres nations dont leur jalousie contre nous a fait toute la haine. (Bravos répétés.)

Le suffrage universel est di£9cile à tromper sur crains hommes. Il sait que tel qui se présente à lui comme le dé« fenseur de ses intérêts, comme le protecteur des idées republkaines, n'est pas véritablement trempé pour remplir cette mission; un secret instinct l'avertit et l'éclairé quand les hommes qui se présentent à lui viennent d'un certain camp, et, avant de se prononcer, il leur demande des gages. Le parti démocratique fait, en agissant ainsi, ce que tous les partis ont fait et feront dans tous les temps. Messieurs, s'il y a un parti qui, loin d'être exclusif et fermé, n'a pas toujours bien placé sa confiance, je peux le dire ici, dans cette assemblée, dans cette réunion, c'est assurément le parti démocratique. Elle serait trop longue et trop humiliante à faire, la liste de ceux qui sont venus à vous, que vous avez accueillis, exaltés et poussés au premier rang, de ceux que vous avez soutenus de vos applaudissements, de vos sympathies pendant des années et qui, au moment même où il s'agissait de rendre les services qu'ils vous avaient annoncés et promis, se sont dérobés subitement! (Oui! ouil — Applaudissements.)

Savez-vous, messieurs, quel est le danger spécial à la démocratie, car tous les partis ont un côté défectueux, par lequel ils sont plus malades que d'autres et plus exposés aux défaillances ? Eh bien ! j'ose le dire, ce n'est pas le soupçon et la défiance, ce n'est pas l'esprit de secte, l'exclusivisme non plus, qui sont le mal de la démocratie, c'est bien plutôt une inclination trop vive et trop prompte à l'approbation, aux applaudissements, c'est surtout cette déplorable tendance à croire qu'un homme peut incarner une idée. Rien de plus faux et de plus dangereux. Quant à mœ, je vous le déclare, je lut-

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terai constamment contre cette confasion qui a été trop fiOQvent la cause de nos plus cruels revers. (Bravos.)

Dans le inonde, dans les salons, dans les réunions intimes, on entend souvent un mot qui est sur toutes les lèvres et qui est le secret dé toutes ces apostasies que nous avons vties. Lorsqu'un homme est arrivé, porté par le parti Républicain, au premier rang dans la vie publique, les bomm^ des autres partis l'entourent, ils le voient, ils le pratiquent et le caressent, et Ils kii laissent entendre que la différence est grande entre le point où il est parvenu et celui d'où il est parti ; ou lui fait comprendre qu'on pourrait s'entendre et traiter avet lui ; qu'il peut devenir Tagent et l'instrument des meiHenf66 réformes. C'est par là, malheureusement, qu'on agit, non pas seulement sur les consciences débiles, mais stfr les consciences malsaines ; et savezWous quel est le terme élégant dont on se sert dans cette situation ? On lui dit à cet homme que l'on cherche à corrompre par le subtil poison de la flatterie : pouf^ quoi ne lai^ëz-vous pas là ces gens qui ne vous valent pas ? On n'est pas un homme d'État quand on ne sait pas couper sa queue. (Hilarité. — Bravos.)

Voilà la langue de ces messieurs. Or, couper sa queue, c'est quitter son parti, c'est le trahir. (Très-bien I — Applaudis* sements.)

C'est pourtant là ce qu'on vous engage, par mille moyens, à faire. Mais, messieurs, quand on appartient d'esprit et de cœur à un parti, quand on s'y est dévoué, quand on le connaît bien^ quand on est prêt à résister à la fois à ^es faiblesses et à ses excès, quand on est sûr de ne pas plus se laisser aller à ses emportements qu'à ses défaillances, on comprend alors que la véritable place d'un homme d'État, c'est de rester dans le rang, au milieu de ceux qui vous ont porté, qui vous ont soutenu, pour les éclairer, les instruire, les modérer quand ils s'emportent, les exciter quand ils perdent courage, pouf les gouverner enfin. (Profonde sensation. — C^estvraîf — Vous avez raison! — Vifs applaudissements.)

Car les partis qui veulent gouverner doivent apprendre

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é!fib&rA à se gouverner eux-mêmes, et c'est à quoi leurs chefs doivent tout d'abord leur servir et s'appliquer. Tous ensemble, les chefe et les partis, doivent arriver aux affaires. Ce n'est pas, messieurs, ce qui nous est échu avec plus d'un homme que nous avons poussé. A mesure qu'on le poussait, il est advenu que l'homme quittait le parti, pour les affaires. (Rires. — Très-bien I — Bravos.)

Heureusement pour la République, la plupart des hommes qui, depuis trois ans, grâce à cette lutte terrible par laquelle ils Oui passé, ont surgi dans la province et à Paris, bien que portés inopinément aux affaires, ont su les apprendre à force de vouloir, de résolution, de labeur, d'application; aujourd'hui ils les savent. Nous sommes le nombre, et, si nous vou* Ions nous appliquer à apprendre, ne serons-nous pas bientôt l'intelligence? Or, quand nous serons le nombre et Tintelligence à la fois, le jour ne tardera pas à venir où nous ferons de la République, non pas une dérisoire étiquette, mais une réalité féconde. (Salve d'applaudissements.) Messieurs, je le répète, parce que c'est ma profonde conviction, on ne gouverne et on ne dirige son parti qu'à la condition de rester bm milieu de lui, de partager ses malheurs et ses espérances, de s'associer à ses sacrifices et à ses dévouements. Ce qui a empêché là démocratie française de commander toujours le respect aux autres partis, c'est d'avoir créé trop de transfuges. Mais qui les a faits, ces transfuges ? Est-ce votre esprit de soupçon ou bien votre empressement à vous laisser séduire ? Est-ce votre confiance trompée ? N'est-ce pas plutôt leur propre ambition? (Très-bien! — C'est cela ! — Applaudissements.)

Messieurs, ce qui s'agite aujourd'hui dans notre grande cité républicaine, ce n'est pas la lutte entre deux hommes, ce n'est pas une querelle électorale, ce n'est pas même une question purement parlementaire ; ce qui s'agite à l'heure actuelle, c'est la question de savoir si on fera à la démocratie sa place dans les affaires du pays. (Ouil — C'est celai — Très-bien!) Ceux qui se décorent du nom de classes dirigeantes disent et cherchent à faire croire que la démocratie est sauvage, bru-

taie, inexpérimentée, incapable et inculte; qu'on doit la gouverner, mais qu'elle ne pourra jamais gouverner. Eh bien!, messieurs, rien de tout cela n'est vrai ; je dis qu'il faut abjurer cette idée fausse et dangereuse; je dis qu'il faut arriver à comprendre enfin que la démocratie, qui est la force du pays^ doit entrer dans la gestion des affaires de ce môme pays et y prendre sa place et son rôle. (Applaudissements répétés.) C*est ce que j'ai exprimé d'un mot dans un de ces voyages que j'ai faits en France, non pas pour faire des discours, comme le disent de misérables rhéteurs, mais pour apprendre, sur place, à connaître les populations qui composent notre démocratie. A l'ouest, au nord, au sud, savez-vous ce que j'ai vu, ce que j'ai constaté? Savez-vous ce qu'on ne me pardonne pas d'avoir dit? C'est que la France est partout la même, c'est qu'une unité admirable anime sur tous les points le parti républicain, c'est que partout il entre aux affaires en forçant la porte de ces vieilles citadelles d'où il avait toujours été exclu ; il est dans les Conseils municipaux, d'arrondissement et généraux, et, partout, il y gère aujourd'hui les intérêts du pays aussi ]3ien que ses devanciers; demain, il les gérera mieux. (Oui ! oui I nous en répondons. — Très-bien I — Applaudissements.)

Devant un pareil spectacle, j'ai pensé, messieurs, qu'il ne fallait pas rester muet; j'ai pensé qu'il fallait dire au pays : Relève-toi, cartes richesses sont inépuisables ! Relève-toi, car il y a dans cette nation une sève, une force vierge que Ton n'a pas encore utilisée, et à qui la France devra la restauration de sa prospérité et de sa grandeur ! (Bravos enthousiastes.) Avais-je l'intention de présenter cette force nouvelle comme une menace? Nullement. Je la considérais, au contraire, et je l'ai dit, comme un élément d'ordre et de pacification, à la condition que les politiques comprissent qu'ils avaient devant eux non pas une révolution, mais une évolution politique et sociale. (Explosion d'applaudissements. — - Sensation.)

C'est ce que j'ai désigné d'un mot^ qui a çu, je suis loin de m'en plaindre pour notre cause, le plus grand retentissement.

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J'ai voulu dire et j'ai dit que partout on constate le même phénomène, que partout on assiste à la même floraison magnifique et féconde de la démocratie. Les nouvelles couches sociales dont j'ai parlé, c'est le monde du travail qui veut entrer dans le monde de la politique, parce qu'il en a le droit et qu'il en est devenu capable. (Longs applaudissements.)

Ce sont là des choses justes, vraies, utiles à dire partout^ utiles à dire surtout, ici, à Belleville, à Belleville le mal famé (hilarité générale), à Belleville dont les scribes de la réaction cherchent à faire un fantôme qui n'excite plus que la risée des populations. Apprenez-le donc, mes amis, en France il n'est plus un village, aussi éloigné qu'il soit du centre, où l'on ne vous connaisse; il n'est pas un point en France, où quand on parle de Paris, il ne surgisse, à ce nom si cher et si glorieux de Paris, une immense acclamation de reconnaissance, de respect et d'admiration. Ces sentiments si nobles, tous les Français les éprouvent. Aussi, messieurs, c'est ma ferme espérance: quand on le voudra, la France manifestera son admirable unité, cette indestructible solidarité de toutes ses communes, qui, après tant' de désastres et de deuils, nous ramèneront à ces grands jours ,dont nous ne devons jamais oublier le souvenir ni perdre l'enseignement, aux grands jours de la fédération française de 1790, où toute la France vint à Paris se dire le secret de ses indomptables espérances. (Double salve d'applaudissements. — Cris répétés de : Vive la République ! — Vive Gambetta !)

Après ce discours, qui a causé dans l'auditoire la plus vive impression, la parole a été donnée à M. Martin Nadaud, qui a prononcé une chaleureuse allocution^ pleine d'avis sages et patriotiques sur la conduite à suivre dans la lutte actuelle. Il a terminé cette petite harangue, à la manière anglaise, en mettant aux voix la candidature de M. Barodet. Elle a réuni l'unanimité des suffrages.

L'assemblée s'est séparée ensuite dans le plus grand ordre, chacun versant à la sortie son offrande pour subvenir aux frais de l'élection.

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