‹ Discours politiques de m. Gambetta: Deux lettres à un conseiller généralChapitre 39 sur 45 · LA PRATIQUE DU DROIT DE REUNION · texte numérisé non relu

LA PRATIQUE DU DROIT DE REUNION

M. LE PRÉSIDENT. — La pafole est à M. Gambetta.

M. LÉOiN Gambetta. — Messieurs, le projet de loi pour lequel le Gouvernement réclame Turgence...

Quelques voix à droite. — La clôture ! la clôture !

Autres voix du même côté, — Non! noni — Laissez parler !

M. LÉON Gambetta. — Messieurs, le projet de loi que le Gouvernement vient de proposer...

Quelques voix à droite. — Nous demandons la clôture!

Un membre à gauche. — Voilà la liberté de la tribune!

M. LÉON Gambetta... et pour lequel M. le comte Jaubert réclame l'urgence, a pris sous sa parole sa véritable portée et sa vériiable signification.

Avec M. le comte Jaubert on est presque toujours certain d'aprendre gaiement la vérité, qui, quelquefois, se dissimule. (On rit.)

303 DISCOURS A l'assemblée

M. Gaslonde. — Dites spirituellement.

M. LÉON Gambetta. — Il a dit non sans justesse que c'était moins la liberté de la tribune parlementaire qui était en question qu'une autre liberté d'un genre moins nouveau qu'il n'affecte de le croire, qu'il a appelée la liberté du balcon.

M. De Rainnevillc. — Les deux libertés, comme les deux Frances !

M. LÉON Gambetta. — Et, messieurs, quoique je ne sois pas plus en cause qu'un autre en cette matière... (Rires à droite.)

M.AuDREN DE Kerdrel. — Pas moius !

M. Léon Gambetta... je crois, messieurs, qu'il est peut-être bon de Taire observer à l'honorable comte Jaubert et à bien d'autres esprits qui poursuivent ici la môme politique que notre honorable collègue, que la liberté du balcon a besoin d'être garantie et protégée aussi bien que la liberté do la tribune. (Oui! oui! Très-bien à gauche. — Exclamations à droite. )

Qu'est-ce à dire, messieurs? Mais ce n'est pas autre chose. Et M. le comte Jaubert le sait bien, lui qui a peiné quarante ans de sa vie pour établir dans ce pays la monarchie constitutionnelle et le régime légal des Assemblées parlementaires, et les luttes en plein soleil, et le fair ploy des Anglais, la liberté de discussion, le droit de ramènera soi les hommes par la persuasion, par la voie des réunions, par tous les moyens légaux de propagande. (Bruit à droite. —Très-bien! très-bien à gauche.)

Que M. le comte Jaubert me démente si je me trompe! (Applaudissements à gauche.) Eh bien, messieurs, je dis que ces efforts ont été tentés pendant quarante-cinq ans dans ce pays, non sans quelques heures de prestige et de grandeur.

L'école à laquelle M. le comte Jaubert s'est rattaché, et dont il a été un des plus brillants représentants, cette école, de de quelles traditions s'inspirait-elle? à quels souvenirs faisaitelle appel ? On ne disait pas, comme récemment : Passons l'Atlantique! non, on nous conviait à passer la Manche;

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