EXCLUSION DU CONSEIL D'ÉTAT
G octobre 1839.
Vers la fin de 1839, le ministre de la justice et des cultes du Cabinet du 12 mai, M. Teste, depuis si tristement célèbre, fit rendre au Roi une ordonnance qui bouleversait l'organisation du conseil d'État. Par suite de cette ordonnance, des deux membres du conseil de l'in-
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struction publique, qui faisaient partie du conseil d'État en service extraordinaire et qui étaient autorisés à prendre part à ses délibérations , M. Saint-Marc Girardin et moi, le ministre n'en conserva qu'un seul, et il me choisit pour m'exclure, me laissant d'ailleurs un titre inutile auquel je m'empressai de renoncer par la lettre suivante adressée à M. Teste.
« Monsieur le garde des sceaux, « J'arrive de Lille, et la première chose que j'apprends par les journaux, et par les journaux seuls, c'est que je ne suis plus admis à assister et à participer aux travaux du conseil d'État. J'avais été appelé à ce conseil par M. Casimir Périer, à la suite d'une mission importante et difficile, relative à l'instruction publique, et en raison de mon titre et de mes fonctions de secrétaire du conseil de l'Université : et c'est vous, Monsieur, qui avez signé ma révocation et qui me la laissez apprendre par le Moniteur, Je ne me méprends pas, et personne ne s'est mépris, sur la main qui a conduit la vôtre. Je suis loin de me plaindre de la préférence accordée pour représenter l'Université au conseil d'État, h un de mes collègues les plus récents, il est vrai, mais si distingué par ses lumières et son esprit. Au reste, je viens compléter votre ouvrage, et vous donner ma démission du titre qui me reste, je crois, de conseiller d'État en service extraordinaire, ce titre vain ne pouvant me convenir.
« En mettant cette humble démission sous les yeux de Sa Majesté, je vous prie. Monsieur le garde des sceaux, de vouloir bien dire au Roi que, dans les petites comme dans les grandes circonstances, la disgrâce, comme la faveur, n'est qu'un lien de plus à mon inviolable fidélité.
« Agréez , Monsieur le garde des sceaux , l'assurance de mon profond respect et de ma considération la plus
distinguée,
« Le pair de France, membre de l'Institut et du conseil de l'instruction publique,
« V. Cousin.
« Paris, à la Sorbonne, U octobre 1839. »
A cette lettre, rendue publique, M. Teste répondit dans le Moniteur d'une façon qui rendait nécessaire une explication nette et catégorique. Voici celle que j'adressai aux Débats et au ConstitutionneL
« Monsieur le rédacteur,
t Je viens vous prier de vouloir bien insérer dans le plus prochain numéro de votre journal la réponse que je crois devoir faire à la note que publie aujourd'hui le Moniteur sur les motifs qui ont décidé M. le garde des sceaux à ne point m'admeltre à participer aux travaux du conseil d'État, dans le sein duquel j'avais été appelé le 22 juillet 1831, sous le ministère de M. Casimir Périer, au retour de ma mission en Allemagne.
« Les motifs allégués sont : 1" que j'ai donné ma démission sous le Ministère du 15 avril ; qu'ainsi il n'y avait ni à me maintenir ni à m'exclure, et que je me trouve aujourd'hui dans la situation où je m'étais placé moimême; 2° que depuis longtemps je n'assistais guère aux séances du conseil d'Etat.
« Il me paraît bien difficile d'admettre que ces deux motifs aient seuls dirigé M. le garde des sceaux, car ils s'évanouissent au plus simple examen.
« 1*» Le Moniteur affirme bien légèrement que la dé-