‹ Discours populaires: 2:e édChapitre 4 sur 18 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Servir la liberté des noirs, c'était encore une façon de servir la liberté des blancs.

Quand le droit de réunion nous a été rendu en 1868, j'ai retrouvé M, Sàint-Marc Girardin, qui m'appelait auprès de lui sur la brèche. C est lui qui devait présider la première conférence ; une maladie Ta retenu ; il m'a fait Thonneur de me désigner pour le remplacer. Il y avait un service à rendre au droit de réunion, compromis par Teffervescence du premier moment. Aux Français qui ont peu de goût pour les clubs, il fallait apprendre qu'il y a d'autres réunions que celles où l'on joue aux Ghambres en se querellant. C'est ce que j'ai tâché de faire en présentant M. Jules Favre au public; son éloquence a achevé la démonstration. Quinze jours plus tard, quand, chassés de la salle Valentino, nous avons trouvé un asile à la Redoute, j'ai essayé à mon tour de montrer la parfaite innocence, et peut-être même rulilité du droit de réunion, en parlant du Progrès. La victoire était gagnée devant l'opinion, les ministres eux-mêmes ont cité l'exemple de M. Jules Favre et le mien, pour rassurer des députés effrayés. Dès ce moment, les Parisiens ont pris goût aux conférences, les plus habiles orateurs se sont disputé l'honneur d'y parler ; l'institution était fondée.

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