‹ Discours populaires: 2:e édChapitre 5 sur 18 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Ce sont là, sans doute, de bien petits services rendus à la cause libérale ; mais il ne m'a pas été donné de jouer un plus grand rôle ; il est donc naturel que je tienne à ces souvenirs. C'est la fortune qui fait les capitaines; mais le soldat le plus obscur a le droit de rappeler qu'il était là chaque fois qu'on a eu besoin de lui.

Sous le nom de Rhétorique populaire^ j'ai joint à ce volume quelques conseils à l'adresse de ceux qui veulent parler dans les conférences. Je n'ai d'autre prétention que de leur montrer du doigt le chemin. Il nous faut une éloquence populaire. La société moderne veut se gouvef ner elle-même ; elle est foncièrement républicaine, quels que soient la forme ou le nom des pouvoirs publics qui la régissent ; mais pour se gouverner soi-même, il faut des connaissances sérieuses, il laut savoir d'où Ton part et où l'on va. La vie des nations est comme celle des individus; elle n'est heureuse que si la raison la dirige et non point la passion. Le premier besoin des peuples libres est donc une éducation solide, éducation économique, politique, sociale. Cette éducation nous manque complètement en France. Au milieu des erreurs qui nous inondent de tous côtés, et qui emporteront encore une fois la liberté, si l'on n'y prend garde, notre seule chance de salut est de rencontrer

Page 1