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LA TRAITE ET L'ESCLAVAGE

Discours prononcé le 26 aoûti867, àla salle Herz, par M. Laboulaye, comme président de la Conférence internationale pour l'abolition de resclavoge.

Mesdames, Messieurs,

11 y a bientôt trente ans, au moment où l'Angleterre achevait d'émanciper ses colonies en supprimant l'apprentissage, un homme de bien dont le nom est resté cher à tous les amis de la liberté, Joseph Sturge, de Birmingham, pensa qne Tœuvre n'était qu'à moitié faite et qu'il fallait réunir par une intime union tous les hommes de cœur qui, dans tous les pays, détestent l'esclavage et veulent la liberté pour tout le inonde, sans distinction de peau ni d'origine.

Ce fut lui qui, avec ses amis lord Brougham,Buxlon et tous ces hommes généreux qui avaient combattu pour amener l'émancipation, fonda l'association qui prit le titre de Société britannique et étrangère pour l'abolition de la traite et de l'esclavage.

Cette Société repose sur trois fondements. Elle appelle tout le monde; quiconque aime la liberté lui appartient. Elle n'a pas de couleur religieuse, ou pour mieux dire elle croit que la question d'humanité est une question commune à toutes les Eglises, à tous les fidèles, à tous

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les hommes. Elle ne s'occupe pas de politique: non pas que ceux qui la composent n'aiment la liberté ; il est difficile d'aimer beaucoup la liberté des noirs sans aimer un peu la liberté des blancs ; mais elle pense avec raison que toutes les petites querelles qui séparent les hommes d'un même pays, et dans lesquelles entrent beaucoup d'erreur et quelquefois aussi de passion, ne pourraient qu'empêcher la réunion des esprits et des cœurs dans une même cause. Elle dit donc à tout le monde : Quand vous venez à moi, oubliez vos passions politiques, ou plutôt ayons tous une passion commune, celle de la justice et de l'humanité !

C'est cette Société qui a demandé au gouvernement français et qui a obtenu l'autorisation de tenir ces deux conférences. On la lui a accordée avec une extrême bienveillance ; je suis chargé de le dire expressément.

L'autorisation accordée, la Société britannique s'est mise en rapport avec les sociétés qui existent sur le continent. Elle a trouvé en France le Comité d'émancicipation qui, vous le savez, l'année dernière, secondé, soutenu par des dames généreuses, a rassemblé des sommes assez considérables pour les affranchis d'Amérique. Elle a trouvé la société abolitionniste d'Espagne, présidée par M. Olozaga, société de nouvelle formation, mais qui, par son zèle et son dévouement, promet d'avoir bientôt gagné la vétérance.

Une fois réunis , nous nous sommes adressés à tous les hommes qui peuvent s'intéresser à cette cause de la liberté. Nous avons écrit partout. On nous a répondu, les uns pour nous dire qu'ils se feraient honneur d'assister à nos séances, les autres pour nous exprimer leurs regrets, et on vous lira leurs lettres tout à Theure. On nous a envoyé des délégués chargés de s'entendre avec nous, de nous apporter des documents fort curieux sur

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