‹ Discours populairesChapitre 5 sur 18 · I.A SCIENCE DE I.A VIE · texte numérisé non relu

I.A SCIENCE DE I.A VIE

VOUS pour vous guérir, il n’y a de bons remèdes que ceux qui sont ordonnés par le médecin. Mais quand vous vous portez bien, un peu d’attention et quelques soins suffiscnt pour vous maintenir en bonne santé. Bien de plus compliqué que la maladie ; rien de plus simple que l’hygiène. On peut la réduire à quatre préceptes; se nourrir bien , respirer un air pur, se plonger dans l’eau et prendre de l’exercice. Tout cela n’est ni compliqué, ni difficile; mais la plupart du temps, ces conditions si simples, nous négligeons de les remplir, nous compromettons notre santé. Peu importent les motifs qui nous font agir, la nature est sourde et ne reçoit pas d’excuses, elle veut qu’on obéisse à ses lois. Qu’un pauvre n’ait pas de quoi manger, ou qu’un savant oublie de dîner, par amour de la science, la peine est la même, c’est le corps qui la paye.

Oublier l’heure du dîner, direz-vous, cela n’est pas possible? — A votre âge, non. Mais il y a plus d’un travailleur et plus d’un savant à qui cela est arrivé. Newton, par exemple. On conte qu’un jour, à l’heure du dîner, un de scs amis vient le voir ; Newton le prie d’attendre; il oublie tout ensemble le dîner et le visiteur. L’ami s’impatiente, il avait faim ; il voit sur la table un plat d’argent, couvert d’une cloche, il la lève et trouve un poulet accommodé. Il entame la volaille, commence par une aile, et finit par ne rien laisser dans le plat. A ce moment. Newton arrive, découvre le plat d’argent, son ami préparait déjà des excuses. — « Mon cher, dit Newton en riant, il faut pardonner à un pauvre savant scs distractions, j’avais oublié que j’avais dîné. » Fort bien; mais l’estomac a de la mémoire; il se venge quand on le néglige ou qu’on le force, et c’est ainsi qu’on détruit sa santé.

Rappelez-vous toujours cette maxime : votre santé est

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dans vos mains. Et avant tout et surtout, il vous faut de l’air pur. Nous ne sommes pas nés pour être enfermés, nous sommes comme les bougies, il nous faut de l’air pour brûler. Les Napolitains ont un proverbe que je voudrais voir gravé en lettres d’or dans toutes nos écoles : Là où le soleil n’entre pas entre le médecin. Eh bien, tâchez que le soleil entre et non le médecin. Je n’insiste pas davantage. Ce n’est pas à votre âge qu’on a grand besoin de recommandations de ce genre; souvenez-vous seulement que l’hygiène est la science de la santé, qu’il n’y a pas de connaissance plus essentielle, et qu’une éducation dont l’hygiène ne fait pas partie est une éducation incomplète. Avisez donc à vous instruire sur ce point.

Ce que vous avez à faire pour votre corps, vous avez à le faire aussi pour votre esprit. Notre esprit ressemble tout à fait à notre estomac. 11 a faim, il veut manger, et il faut qu’il digère. Quand noire esprit a faim, cela s’appelle l’ennui, c’est une maladie qu’il est toujours aisé de guérir. Vous vous ennuyez, c’est que votre esprit demande à travailler : lisez, dessinez, faites de la musique, vous ne vous ennuierez plus.

Seulement, la chose essentielle, c’est de bien nourrir cet esprit; en ce point, si jeune qu’on soit, on peut réfléchir et prendre de bonne heure son parti de ne faire que des lectures utiles, de ne lire que ces bons livres que vos maîtres vous recommandent. « Ah ! me direzvous, ils sont si sérieux les livres que nous recommandent nos maîtres ! » C’est exactement comme si vous disiez : « On nous recommande de manger du bœuf, du mouton, nous aimerions mieux manger des gâteaux. » Il y a des livres qui ressemblent parfaitement à ces gâteaux; ils sont aussi difficiles à digérer et aussi fades ; ce sont ces romans-feuilletons, si vides et si lourds,

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