VI INTRODUCTION
les plus brillants, comme il placera l'éloge des arts mécaniques à côté de celui des beaux-arts et des belles-lettres. Grâce à la famille de son père, il entre au collège des Quatre-Nations : il marque un goût fort vif pour la poésie latine et pour les belles-lettres, puis pour les mathématiques. D'ailleurs, il fait toutes ses études avec un succès tel que le souvenir s'en conserva dans le collège. Personne cependant n'a jugé plus sévèrement cet enseignement qui lui avait fait perdre, disait-il plus tard, les années les plus précieuses de sa jeunesse. Janséniste et cartésien comme ses maîtres, il croit aux idées innées, aux tourbillons et à la prémotion physique; il commente rÉpître de saint Paul aux Romains, et laisse espérer un nouveau Pascal. Mais si, par la suite, il fut toujours, comme ce dernier, l'adversaire des Jésuites, il ménagea moins encore « la canaille janséniste ». Il ne se borna pas aux sectes. Un siècle environ après les Pensées y VEncyclopédie affaiblit peut-être plus le catholicisme, que l'Apologie de Pascal ne lui avait rendu de force. Quant à Descartes, d'Alembert l'admira toute sa vie; mais il n'en fut de même ni des idées innées, ni des tourbillons. Seules les mathématiques et les belles-lettres lui furent toujours également chères; c'est ainsi, et non à coup sûr comme l'espéraient ses maîtres, qu'il rappelle Pascal.
Avec les 1200 francs de rente que lui avait