LA VIE DE D'ALEMBERT VII
laissés son père, il ne lui était guère possible de vivre sans « un état qui lui assurât plus de fortune ». Ses amis l'engagent à étudier le droit; arrivé à la licence, il s'essaye de lui-même à la médecine, « la plus ridicule chose, écrivait-il plus tard, que les hommes aient inventée, après la théologie et avec la métaphysique ». Mais sa vocation pour les mathématiques l'emporte : il cherche seul les démonstrations et les solutions, trouve même des propositions qu'il croit d'abord nouvelles, et après avoir présenté quelques mémoires à l'Académie des sciences, il y entre comme adjoint à vingt-quatre ans. Son Traité de dynamique le place Tannée suivante parmi les premiers mathématiciens de l'Europe. Trois ans plus tard, il est couronné par l'Académie de Berlin, dont il est élu membre, sans scrutin et par acclamation. Ses travaux sur l'astronomie mathématique préparent la mécanique céleste de Laplace, comme ses recherches antérieures annonçaient la mécanique analytique de. Lagrange.
Pensionnaire surnuméraire en 17S6, lorsqu'il n'y avait pas de place vacante, — ce qui ne s'était fait pour personne, — c'est seulement en 1765, et non sans peine, qu'il devient pensionnaire titulaire et acquiert ainsi tous les droits attachés au titre de membre de l'Académie des sciences.
Mais vers 1749, peut-être sous l'influence de son ami Diderot, « le fils du coutelier de Langres », il revient aux lettres. Le Discours préliminaire