‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 22 sur 87 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

Champs-Elysées^ les Réflexions sur la poésie^ sur l'usage et l'abus de la philosophie dans les matières de goûty etc. Toutefois la lecture n'en est pas inutile aux historiens de d'Alembert et du xvin« siècle. A plus forte raison en est-il de même pour V Essai sur la société des gens de lettres : seul d'Alembert pouvait, sans déclamation et sans pose, demander « que la pauvreté fût un des mots de la devise des gens de lettres ». L'article Collège^ la lettre à J.-J. Rousseau, les jugements sur V Emile et la Nouvelle Héloïse, la Liberté de la musiqucy les Réflexions sur l'histoire sont dans le même cas.

Mais que penser des Éloges historiques?

D'Alembert voulait d'abord en faire un utile complément de l'esquisse rapide qu'il avait donnée, dans le Discours préliminaire, de l'histoire des sciences et des arts : « L'éloge d'un homme de lettres, disait-il, doit être le récit de ses travaux... il faut qu'il montre aux lecteurs instruits ce que les sciences ou les lettres doivent à celui qu'on loue, le point où il les a trouvées et celui où il les a laissées ». D'ailleurs il est très résolu à dire la vérité et à attaquer « toutes les sottises reçues ». Mais bientôt il s'aperçoit que la tâche entreprise est lourde et difficile : « Je suis occupé, écrit-il le 14 mai 1779, à la confection de VHistoire de l'Académie française. — Je me sers du mot confection, parce que je regarde cette histoire comme une espèce de pilule que le secrétaire est obligé de faire et d'avaler. Je tâcherai

l'oeuvre XXXIX

delà dorer le mieux qu'il me sera possible... Je ferai comme Simonide qui, n'ayant rien à dire de je ne sais quel athlète, se jeta sur les louanges de Castor et de PoUux. » Malheureusement pour lui et pour nous, d'Alembert a tenu parole et trop souvent imité l'exemple de Simonide.

L'auteur, a-t-on dit, ne paraît s'être chargé de l'éloge des morts que pour faire la satire des vivants. Il faut être juste : d'Alembert, en parlant des morts, a fait aussi souvent l'éloge que la satire des vivants; mais dans les deux cas, il a déçu le lecteur qui cherche à s'instruire en le prenant pour guide. Ainsi l'apologie de Clermont-Tonnerre, dont le titre seul est une épigramme, les Eloges de Mauroy, de Dangeau et de Fabbé de Choisy, de la Monnaye et du duc de Villars, de Malet et du duc d'Estrées, de Fouquet, de Moncrif, d'Alary, du comte de Clermont, et bien d'autres, reproduisent et amplifient, commentent ou résument r^'ssai sur les gens de lettres. Ailleurs d'Alembert répète ce qu'il a dit des jansénistes et de leurs adversaires, dans la Destruction des jésuites; il s'occupe de la loi qui permetlait à seize ans les vœux monastiques. Tantôt il Qialmène les dévots de l'Académie, en parlant de Languet de Gergy, le biographe de Marie Alacoque; tantôt il fait une histoire du prix d'éloquence à l'Académie française; puis il oppose l'orateur chrétien à l'orateur philosophe et indique, aux prédicateurs de l'Académie et fort

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