‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 24 sur 87 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

rasson, auxquels on eût joint ce qu'il y a de bon et d'excellent dans les autres, formeraient une œuvre, agréable et instructive pour les lecteurs, autant qu'honorable pour d'Alembert. Sans doute il y aurait quelques hors-d'œuvre ; peutêtre encore d'Alembert y paraîtrait-il trop disposé parfois à apprécier les œuvres par le succès, même d'argent, qu'elles ont obtenu en leur temps et surtout auprès de ses contemporains (note 65) ; enfin ce novateur semblerait souvent un pur classique, qui a laissé aux conservateurs de la Restauration le péril et l'honneur d'accomplir la révolution par laquelle notre littérature a été heureusement renouvelée. Mais on y retrouverait son amour de la vérité, sa préoccupation de mettre en première ligne les écrivains qui offrent le plus de choses utiles à tous les siècles et à tous les lieux, une information aussi complète que judicieuse, et par endroits, des jugements raisonnes et réfléchis, qu'on croirait d'un homme du xix® siècle (notes 67 et 68).

En somme d'Alembert, comme mathématicien et comme philosophe, est à coup sûr égal, peutêtre même supérieur à Pascal. Comme écrivain, il a tenté pour la philosophie, ce que Pascal avait entrepris pour la religion : le succès pratique a été considérable pour l'un et l'autre. Mais la Destruction des jésuites n'a pas le mérite littéraire des Provinciales; c'est beaucoup déjà qu'on puisse la lire après le pamphlet immortel qui

l'a précédée et qu'on ne saurait refaire. Sauf un petit nombre de pages, clairsemées dans les opuscules et les Eloges, Técrivain est de beaucoup inférieur à Pascal. Seul le Discours préliminaire justifierait, pour le fond et pour la forme, une comparaison entre les deux mathématiciens dont le nom mérite de figurer, à un double titre, dans l'histoire de la civilisation en France.

On comprend fort bien pourquoi d'Alembert devint un des éditeurs de l'Encyclopédie : il était depuis longtemps Tami de Diderot, qui lui fournissait d ailleurs ainsi l'occasion de résumer, pour le grand public, des recherches fort bien accueillies par ses pairs, et de populariser les sciences auxquelles il s'était entièrement consacré. Il n'est pas surprenant non plus que Dider ot lui ait laissé le soin d'en écrire le Discours préliminaire. Il était déjà plus que suspect aux théologiens; un de ses ouvrages avait été condamné avec ceux de LaMettrie, et il avait fait à Vincennes un séjour / qui n'était guère propre à lui attirer les sympa- / Ihies du gouvernement et des parlements. A J peine le Prospectus était-il publié, que le P. Berthier, dans le Journal de Trévoux, attaquait TEncyclopédie, dont il contestait par avance Toriginalité

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