‹ Discours préliminaire de l'encyclopédie (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

et la valeur intrinsèque, comme il semblait mettre en doute l'orthodoxie des auteurs. D'Alembert pouvait défier ses adversaires de trouver « une seule proposition répréhensible dans ce qu'il avait ' ( écrit jusque-là ». Il y avait tout avantage à ce que ) l'Encyclopédie fût présentée au public par un ; savant dont la renommée était grande à l'étranger comme en France, et qui ne pouvait alors être considéré comme un adversaire de la religion, comme un révolutionnaire en philosophie et en politique. Sans doute, on attaqua le premier volume; mais on ne put guère se prendre au Discours préliminaire, dont les adversaires de l'Encyclopédie firent eux-mêmes le plus grand éloge. Cependant la thèse de Tabbé de Prades et surtout son Apologie, dans laquelle on crut reconnaître, non sans raison, les pensées et le style de Diderot, permirent aux jansénistes et aux jésuites de faire suspendre la publication de l'Encyclopédie. Mais bientôt d'Argenson et M"*® de Pompadour, que l'hostilité des jésuites avait empêchée de devenir dame du palais de la reine, firent solliciter Diderot et d'Alembert de « se redonner au travail de l'Encyclopédie ». « Nous avons essuyé cet hiver, écrit d'Alembert à Voltaire, une violente tempête; j'espère qu'enfin nous travaillerons en repos. Je me suis bien douté qu'après nous avoir aussi maltraités qu'on a fait, on reviendrait nous prier de continuer, et cela n'a pas manqué. J'ai refusé pendant 6 mois, j'ai

crié comme le Mars d'Homère, et je puis dire que je ne me suis rendu qu'à Tempressement extraordinaire du public. J'espère que cette résistance si longue nous vaudra dans la suite plus de tranquillité. Ainsi soit-il. » A nouveau, d'Alembert se charge de présenter l'œuvre en répondant avec hauteur, esprit et dédain à ses adversaires. Ainsi le Journaliste de Trévoux a loué en 1747 chez Vauvenargues, ce qu'il a critiqué dans l'Encyclopédie : « M. de Vauvenargues, a-t-il dit, était aveugle.., c'est ce qui a empêché le journaliste d'y voir ». On a été étonné de trouver des articles^ pour les philosophes et non pour les Pères de l'Eglise : c'est que les premiers sont des créateurs d'opinions, tandis que les seconds, chargés du dépôt précieux et inviolable de la foi et de la tradition, n'ont pu, ni dû rien apprendre aux tommes. Si l'on ne traite ni des saints, sur lesquels Baillet n'a rien laissé à dire, ni de la généalogie des grandes maisons, ni des conquérants qui ont désolé la terre, on fait une large place à la généalogie des sciences, aux génies immortels qui ont éclairé les hommes ; l'Encyclopédie doit tout aux talents, rien aux titres, elle est l'iiistoire dej'esprit et non de la vanité des hommes^ Toutes les sciences ont leur métaphysique fondée sur des principes simples et des notions communes à tous les hommes : on l'exposera avec clarté et précision. Quant à la métaphysique proprement dite, elle sera réduite à ce qu'elle contient

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