XLVI INTRODUCTION
/ de vrai et d'utile, c'est-à-dire à très peu de chose. On fera pour ce siècle qui l'ignore, et pour les / siècles à venir, qu'on mettra sur la voie pour aller / plus loin, Thistoire des richesses de notre siècle l^dans les arts. « L'empire des sciences et des arts est un palais irrégulier, imparfait et en quelque manière monstrueux, où certains morceaux se font admirer par leur magnificence, leur solidité et leur hardiesse, où d'autres ressemblent encore à des masses informes, où d'autres enfin, que Vart n'a pas même ébauchés, attendent le génie ou le hasard. Les principales parties de cet édifice sont élevées par un petit nombre de grands hommes, tandis que les autres apportent quelques matériaux, ou se bornent à la simple description. Nous tâcherons de réunir ces deux *^ derniers objets, de tracer le plan du temple Lot de remplir en même temps quelques vides.
/ Nous en laisserons beaucoup d'autres, nos des- / cendants placeront le comble, s'ils l'osent ou s'ils C^le peuvent. Quant aux imputations odieuses contre nos sentiments et notre personne, c'est à l'Encyclopédie à nous défendre, aux honnêtes gens à nous venger. » De 1753 à 1757, d'Alembert et Diderot, jouissant d'une assez grande tranquillité, travaillent à rendre l'Encyclopédie moins imparfaite. Mais, en 1757, l'attentat de Damiens fait décréter la peine de mort contre les auteurs et imprimeurs d'ouvrages séditieux; l'article Genève provoque les attaques des théologiens et de J.-J. Rousseau ;
Moreau écrit ses pamphlets contre les CacouacSy et appelle ainsi les Encyclopédistes, en dérivant, d'une façon fantaisiste, cacowac dexaxiç, méchant; Helvétius publie son livre de r Esprit et Omer de Fleury prononce un terrible réquisitoire, dans lequel les Encyclopédistes sont rendus responsables de toutes les attaques contre la religion et Tautorité. Le 8 mars 1759, un arrêt du conseil révoque le privilège de TEncyclopédie. D'Alembert, désespérant de la terminer comme on Tavait commencée, cesse d'en être l'éditeur, mais il continue à en être le collaborateur. En 1769, il promet encore à Panckoucke quelques additions pour les articles de mathématiques et pour quelques-uns de physique; mais s'il estime qu'on fera Wen de supprimer les déclamations et les sottises qui déshonorent TEncyclopédie, il ne s'en mêle pas, parce qu'il a déclaré qu'il ne veut pas en être l'éditeur.
Le Discours préliminaire figure au programme de la licence es lettres, à ceux de l'enseignement secondaire, moderne et classique : ainsi il doit être étudié par des jeunes gens qui, après la rhétorique ou la seconde moderne, se tournent vers les sciences, et par ceux qui, dans une rhétorique supérieure, se préparent à une bourse de licence, ou qui, déjà plus avancés, travaillent dans une Faculté à devenir licenciés. Cette situation privilégiée qui lui a été faite dans notre enseignement, il la mérite à tous égards.