Encyclopédie : « les auteurs
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et la variété des talents qu'elle suppose; surtout quand le politique ne veut point oublier que la loi naturelle, antérieure à toutes les conventions particulières, est aussi la première loi des peuples, et que pour être homme d'État, on ne doit point cesser d'être homme.
Voilà les branches principales de cette partie de la connaissance humaine, qui consiste ou dans les idées directes que nous avons reçues par les sens, ou dans la combinaison et la comparaison de ces idées, combinaison qu'en général on appelle Philosophie, Ces branches se subdivisent en une infinité d'autres dont l'énumération gérait immense et appartient plus à X Encyclopédie même * qu'à sa préface.
La première opération de la réflexion consistant à v.^FIs rapprocher et à unir les notions directes, nous avons dû commencer dans ce Discours par envisager la réflexion de ce côté-là, et parcourir les différentes «ciences qui en résultent. Mais les notions formées par la combinaison des idées primitives ne sont pas les seules dont notre esprit soit capable. Il est une autre espèce de connaissances réfléchies, dont nous <levons maintenant parler. Elles consistent dans les idées que nous nous formons à nous-mêmes, en ima ginant et en composant des êtres semblables à ceux <iui sont l'objet de nos idées directes : c'est ce qu'on appelle rimitation de la Nature, si connue et si | / recommandée par les anciens. Comme les idées di- ■ * fectes qui nous frappent le plus vivement sont celles <iont nous conservons le plus aisément le souvenir,
i. Encyclopédie : •« et appartient plus à cet ouvrage même ».
sances les unes des autres. Tout s'y rapporte à nos besoins, soit de nécessité absolue, soit de convenance et d'agrément, soit même d'usage et de caprice. Plus les besoins sont éloignés ou difficiles à satisfaire, plus les connaissances destinées à cette fin sont lentes à paraître. Quels progrès la Médecine n'aurait-elle pas faits aux dépens des sciences de pure spéculation, si elle était aussi certaine que la Géométrie? Mais il est encore d'autres caractères très marqués dans la manière dont nos connaissances nous affectent et dans les différents jugements que notre âme porte de ces idées. Ces jugements sont désignés jpar les mots d'évidence, de certitude, de probabilité, de sentiment et de goût.
L'évidence appartient proprement aux idées dont l'esprit aperçoit la liaison tout d'un coup ; la certitude à celles dont la liaison ne peut être connue que par le secours d'un certain nombre d'idées intermédiaires, ou, ce qui est la même chose, aux propositions dont ridentité avec un principe évident par lui-même, ne peut être découverte que par un circuit plus ou moins long; d'où il s'ensuit* que selon la nature des esprits, ce qui est évident pour l'un peut quelquefois n'être que certain ^ pour un autre. On pourrait encore dire, en prenant les mots d'évidence et de certitude dans un autre sens, que la première est le résultat des opérations seules de l'esprit, et se rapporte aux opérations^ métaphysiques et mathématiques; et que la