‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 18 sur 73 · Encyclopedic : « et Z’on pent · texte numérisé non relu

Encyclopedic : « et Z’on pent

DE L’ENCYCLOPEDIE

juger au premier coup d’oeil, semblent avoir les memes perceptions que nous : tout nous porte done a penser qu’ils ont aussi les memes besoins que nous eprouvons, et par consequent le meme interet a ‘ les satisfaire; d’oti it resulte que nous devons trouvei* beaucoLip d’avantage a nous unir avec eux pour demeler dans la nature ce qui peut nous conserver ou nous nuire. La communication des idees est le principe et le soutien de cette union, et deinande necessairement I’invention des signes; telle est I’ori gine de la formation des societes avec laquelle les langues ont dCi naitre.

* Ce commerce que tant de motifs puissants nous engagent a former avec les autres liommes, augmente bientdt I’etendue de nos idees, et nous en fait naitre de tres nouvelles pour nous, et de tres eloignees, selon toute apparence, de cedes que nous aurions eues par nous-memes sans un tel secours. C’est aux philosophes k juger si cette communication reciproque, jointe a la ressemblanceque nous apercevons entre nos sensations et cedes de nos semblables, ne contribue pas beaucoup a fortifier ce penchant invincible que nous avons a supposer fexistence de tous les objets qui nous frappent. Pour merenfermer dans mon sujet, je remarquerai seulement que I’agrement et I’avantage que nous trouvons dans un pared commerce, soit a faire part de nos idees aux autres hommes, soit hjoindre lesleurs aux nbtres, doit nous porter a resserrer de plus en plus les liens de la societe commencee, et a la rendre la plus utile pour

Page 1