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Encyclopedie : « dans ce dictionnaire

72 DISCtURS PRELIMINAIRE

fait le sujet de Tarti'cle, le noin de la science dontcet article fait partie; il ne faut plus que voir dans le systeme figure quel rang cette science y oecupe, pour connaitre la place que far tide doit avoir dans I’Encyclopedie. S’il arrive que le nom de la science soil omis dans farticle, la lecture suffira pour connaitre a quelle science il se rapporte ; et quand nous aurions, * par exemple, oublie d’avertir que le mot Bombe appartient a Fart militaire, et le nom d’une ville ou d’un pays a la geograptiie, nous comptons assez sur Fintelligence de nos lecteurs pour esperer qu’ils ne seraient pas cheques d’une pareille omission. D’ailleurs par la disposition des matieres dans chaque article, surtout lorsqu’il est un peu etendu, on ne pourra manquer de voir que cet article tient a un autre qui depend d’une science differente, celui-la a un troisieme, et ainsi de suite. On a tciche que Fexactitude et la frequence des renvois ne laissM ia-dessus rien ^ desirer; car les renvois dans ce Dictionnaire ont cela de particulier, qu’ils servent principalement ^ indiquer la liaison des matieres; au lieu que dans les autres ouvrages de cette espece, ils ne sont destines qu’h expliquer un article par un autre. Souvent m6me nous avons omis le renvoi, parce que les termes d’art ou de science sur lesquels il aurait pu tomber, se trouvent expliques k leur article, que le lecteur ira cherclier de lui-m6me. G’est surtout dans les articles generaux des sciences qu’on a tache d’expliquer les secours mutuels qu’elles se pretent. Ainsi trois choses formcnt Fordre encyclopedique : le nom de la science k laquelle Farticle appartient; le rang de cette science dans Farbre; la liaison de Farticle

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avec d’autres dans la meme science on dans une science differente; liaison indiquee par les renvois, ou facile ^ sentir an moyen des termes techniques expliques suivant leiir ordre alphabetique. II ne s’agit point ici des raisons qiii nous ont fait preferer dans cet ouvrage I’ordre alphabetique a tout autre; nous les exposerons plus bas, lorsque nous envisagerons cette collection comme Dictionnaire des sciences el des arts.

An reste, sur la partie de notre travail, qui consiste dans I’ordre encyclopedique, et qui cst plus destinee aux gens eclaires qu’h la multitude, nous observerons deux choses : la premiere, c’est qu’il serait souvent absLirde de vouloir trouver une liaison immediate entre un article de ce Dictionnaire et un autre article pris a volonte; c’est ainsi qu’on chercherait en vain par quels liens secrets section conique pent etre rapprochee d'accusaiif. L’ordre encyclopedique ne suppose point que toutes les sciences tiennent directement les unes aux autres. Ce son I des branches qui partent d’un rneme tronc, savoir do I’entendement humain. Ces branches n’ont souvent entre ellesaucune liaison immediate, et plusieurs ne sont reunies quc par le tronc meme. Aiusi section conique appartient a la geomelrie, la geometrie conduit a la physique particuliere, celle-ci a la physique generale, la physique generate a la metaphysique, et la metaphysique esl bien pr^s de la gramrnaire h laquelle le mot accusatif appartient. Mais quand on est arrive a ce dernier terme par la route que nous venons d’indiquer, on se tfouve si loin de celui d’oul’on est parti, qu’on I’a tout a fait perdu de vue.

BISCOURS PREL. DE l'ENCYCL.

La seconde reinarque que nous avons a faire, cost qu’il lie faul pas attribuer a iiotre arbre encyclopedique plus d’avantage que nous ne pretendons lui en donner. L’usage des divisions generates est de ras- ; sembler un fort grand nonibre d’objets ; niais il ne ^ faut pas croire qu’il puisse suppleer k I’etude de ces | objets inemes. C’estune espece dedenombrement des | connaissances qu’on peut acquerir; denonibrement | frivole pour qui voudrait s’en contenter, utile pour j qui desire" d’aller plus loin. Un seul article raisonne j sur un objet particulier de science on d’art, renferme t plus de substance que toutes les divisions et subdivi- ‘ sions qu’on peut faire des termes generaux ; et pour ne point sorlir de la comparaison que nous avons tiree plus haut des cartes geographiques, celui qui s’en tiendrait a I’arbre encyclopedique pour toutc connaissance, n’en saurait guere plus que celui qui pour avoir acquis par les mappemondes une idee generate du globe et de ses parties principales, se llatterait de connaitre les differents peoples qui I’ha- j bitent, et les Etats particuliers qui le composent, Ge | qu’il ne faut point oublier surtout, en considerant j notre systeme figure, c’est que I’ordre encyclopedique i qu’il pr.esente est tres different de I’ordre genealogiqiic des operations de I’esprit; que les sciences qui s’occupent des etres generaux, ne sont utiles qu’autant qu’elles m^nent^ cedes dont les etres particuliers sont I’objet; qu’il n’y a veritablement que ces ^tres particuliers qui existent, et que si notre esprit a cree les etres generaux, g’a ete pour pouvoir etudier plus facileinent I’une apr^s I’autre les proprietes qui par ieur nature existent a la fois dans une ineine substance,

DE l’ENCYCLOPEDIE

et qiii no pouveiit physiipiemenl elre separees. Cos reflexions doivent elre le fruit el le resultat de tout ce que nous avons dil jusqu’ici; el c’est aussi par la ’ que nous tcrininerons la premiere partie de re Discours.

Nous allons presentemcnt considcrer eel ouvrage cominc DkLionnaire raisonne des sciences, et des artis. J^’ohjel est d’autanl plus important, que e'esl sans doute celui qui peut interesser davantage la plus grande parlie de nos lecteurs, et qui, pour elre rempli, a dernande le plus de soins et de travail. Mais avant que d’entrer sur ce sujet dans tout le detai' qu’on est en droit d’exiger de nous, il ne sera pas inutile d’examiner avec quelque etendue I’etat present-des sciences et des arts, et de montrer par quelle gradation Ton* y est arrive. L’exposition metaphysique de I’origine et de la liaison des sciences nous a ete d’une grande utilite pour en former I’arbre ency* clopedique; I’exposition historique de I’ordre dans lequel nos connaissances se sont succede, ne sera pas moins avantageuse pour nous eclairer nous-memes sur la maniere dont nous devons transmettre ces connaissances a nos lecteurs. D’ailleurs I’histoire des sciences est naturellement liee a cede du petit nombrii

Encyclopedie : « par elles ».

u. Encyclopedie : « on ».

de grands genies, dont les ouvrages ont contribiie ^ repandre la lumiere parmi les liommes, et ces ouvrages ayant fourni pour le ndtre les secours generaux, nous devons commencer a en parler avant que de rendre '■ compte des secours particuliers que nous avons obtenus. Pour ne point remonter trop haul, lixons-nous a la renaissance des lettres.

Quand on considere les progres de I’esprit depuis cette epoque memorable, on trouve que ces progres se sont fails dans Tordre qu’ils devaienl naturelldment suivre. On a commence par I’erudition, continue par les belles-lettres, et fini par la philosophie. Get ordre dillbre a la verite de celui que doit observer I’homme abandonne a ses propres lumieres, ou borne au commerce de ses conteinporains, tel que nous Tavons principalement considere dans la premiere partie de ce Discours : en effet, nous avons fait voir que I’esprit isole doit rencontrer dans sa route la philosophie avant les belles-lettres. Mais en sortant d’un long intervalle d’ignorance que des siecles de lumiere avaient precede, la regeneration des idees, si on pent parler ainsi, a dh iiecessairement etre differente de leur generation primitive. Nous allons tcicher de le faire sentir.

Les chefs-d’oeuvre que les anciens nous avaient laisses dans presque tons les genres avaient ete OLiblies pendant douze siecles. Les principes des sciences et des arts etaient perdus, parce que le beau et le vrai qui semblent se montrer de loutes parts aux homines, ne les frappent guere a moins

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