Encyclopeclie : « avant de rendre
^ DE n’ENCYCLOPEDlE
L' qii'ils n’en soieni avertis. Ce n’est pas que ces tomps ^ malUeureux aierit ete plus sl6riles que d’autres en genies rares; la nature est toujours la m6me : mais ^ que pouvaient faire ces grands hommes, semes de loin k loin comme ils le sont toujours, occuj)es d’ohjets differenls, et abandonnes sans culture a ^ leurs seules lumieres? Les idees qu’on acquiert par ^ la lecture et par la societe sont le germe de presque j- toutes les decouvertes. C’est un air que Ton respire [ sans y penser, et auquel on doit la vie; et les hommes I dont nous parlons etaiei>t prives d’un tel secours. 11s ^ ressemblaient aux premiers createurs des sciences et des arts, que leurs illustres successeu'rs ont fait V oublier, et qui precedes par ceux-ci, les auraient fait y oublier de meme. Celui qui trouva le premier les roues et les pignons, edt invente les montres dans r un autre siecle; et Gerbert place au temps d’Archimode I’aurait peut-etre egale.
I Cependant la plupart des beaux esprits de ces i. temps tenebreux se faisaient appeler poetes ou philosophes. Que leur en coutait-il §n effet pour usurper f. deux titres dont on se pare a si pen de frais, et qu’on *' se flatte toujours de ne guere devoir a des lumieres , ■ empruntees? Ils croyaient qu’il etait inutile de chcr- \ clier les ^ modeles de la poesie dans les ouvrages des Grecs et des Remains, dont la langue ne se parlait i ’ plus; et ils prenaient pour la veritable philosopbie des anciens une tradition barbare qui la deligurail. \ La poesie se r^duisait pour eux A un mecanisme
t. Encyclopedic : « et la societe ».