‹ Discours préliminaire de l'EncyclopédieChapitre 38 sur 73 · Encyclop^die : « sont assez souvent · texte numérisé non relu

Encyclop^die : « sont assez souvent

etendue; etsoiivent au lieu d'y apprendrece que Ton ignorait, on ne parvient ^ force d’etude qii’a desapprendre ce qu’on croyait savoir. C’est pourquoi, k merite fort inegal, un 6rudit doit etre beaucoup plus vain qu’un philosophe, et pent- etre qu’un poete : car I’esprit qui invente est toujours mecontent de ses progres, parce qu’il voit au dela; et les plus grands genies trouvent souvent dans leur amour-propre meme un juge secret, mais severe, que I’approbation des autres fait taire pour quelques instants, mais qu'elle ne parvient jamais a corrompre. On ne doit done pas s’etonner que les savants dont nous parlous missent tant de gloire ^ jcuir d’une science herissee, souvent ridicule, et quelquefois barbare.

11 est vrai que notre siecle qui se croit destine k changer les lois en tout genre, et a faire justice, ne pense pas fort avantageusement de ces homines autrefois si celebres. C’est une esptjce de merite aujourd’hui que d’en faire peu de cas; et c’est meme un merite que bien des gens se conlentent d’avoir, 11 semble que par le mepris qu’on a ’ pour ces savants, on cherche a les punir de I’estime outree qu’ils faisaient d’eux-memes, ou du sulfrage peu eclaire de lours contemporains, et qu’en foulant aux pieds ces iiloles, on veuille en faire oublier jusqu'aux noms. Mais tout exces est injuste. Jouissons plutOt avec reconnaissance du travail de ces hommes laborieux. Pour nous mettre h. portee d’extraire des ouvrages des anciens tout ce qui pouvait nous etre utile, il a fallu qu’ils en tirassent aussi ce qui ne I’etait pas; on

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