L’ OEUVRE
(le la florer le mieiix qu’il me sera possible... Je ferai comme Simonide qui, n’ayant rien a dire de je ne sais quel athlete, se jeta siir les louanges de Castor et de Pollux. » Malheureusemeiit pour lui et pour nous, d’Alembert a tenu parole et trop souvent imit6 I’exemple de Simonide. L’auteur, a-t-on dit, ne parait s’^tre charge de I’eloge des morts que pour faire la satire des vivants. II faut etre juste : d’Alembert, en parlant des morts, a fait aussi souvent Feloge que la satire des vivants; mais dans les deux cas, il a deQii le lecteur qui cherche a s’instruire en le prenant pour guide. Ainsi I’apologie de Clerniont-Toimerre, dont le titre seul est une epigramme, les Eloges de Mauroy, de Dangeau et de I’abbe de Choisy, de la Monnaye et du due de Villars, de Malet et du due d’Estrees, de Fouquet, de Monerif, d’Alary, du eomte de Clermont, et bien d’autres, reproduisent et arnplifient, eomnientent ou resument VEssai sur les gens de lettres. Ailleurs d’Alembert repute ee qu’il a dit des jansenistes et de leurs adversaires, dans la Destruction des jesuites; il s’oeeupe de la loi qui permettait a seize ans les vmux monastiques. Tantot il malmbne les devots de I’Aeademie, en parlant de Languet de Gergy, le biograpbe de Marie Alaeoque; tant6t il fait une histoire du prix d’eloquenee ci FAeademie frangaise ; puis il oppose Forateur ehretien a Forateur pbilosophe et indique, aux predicateurs de FAeademie et fort
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en detail, la maiiiere doiit il faut excuser les Croi-
sades de saint Louis. L’Eloge de Cr^billon est surtout celui de Voltaire, qui, dans I’Eloge de la Motte, est mis bien au-dessus de J.-B. Rousseau, tandis que Fontenelle s’y trouve tout ala fois vante et critique. Fenelon devient pour d’Alembert un philosophe, I’abbe Fleury un de-ses pred6cesseurs et de ses auxiliaires, qui lui suggere I’idee d’un calechisme de morale, auquel il songe encore h propos de Gedoyn. Il defend les Encyclopedistes, au lieu de nous renseigner sur Houtteville’; il expose I’avantage des traductions et classe les 4crivains latins, tout en critiquant Helvetius, en vantant les Georgiques de Delille et le chapitre de Montaigne sur I’amitie, sous pretexte de faire FElpge • de Sacy. Il trouve moyen de louer ' d’Aguesseau et Turgot, Montesquieu et I’abbe de - Boismont compare a Bossuet et a Fenelon, le prince de Beauveau et I’archevfeque de Toulouse, meme M*'° de Lespinasse, mais surtout et partout Voltaire.
Un des Eloges les plus caracteristiques en ce sens, c’est celui de I’abbe de Ghoisy, ou figurent tour a tour, Philippe de Valois et le roi Jean, Charles V, Charles VI, et saint Louis, Fontenelle et Fleury, Diocletien et Theodoric, les contes de fees et Bourdaloue, le roman, la tragedie et I’liistoire. De meme, dans I’Eloge de Saint- Aulaire, « I’liomelie de I’archeveque de Grenade », dit avec irreverence la Harpe, peu suspect alors
l’oeuvre
de s6v4rit6 pour les philosophes, d’Alembert parle de Delille et des faineants, orgueilleux, ignorants et oisifs parce qu’ils sont nobles, de Despreaux et de Molibre, de la Pucelle el de Chapelain, de Malherbe et des tourbillons, du fondement de la morale et de Tapotheose de Voltaire! '
En outre, d’Alembert ecrit a cote de M"® de Lespinasse et trop souvent il pense a amuser les femmes qui feront partie de son audiloire ; les anecdotes, les bons mots qui sont parfois peu spirituels, et rarement k leur place, nous eloignent de plus en plus du Discours preliminaire et du but que devaient atteindre les Eloges historiques. Comment d’Alembert ne se souvient-il pas de ce qu’il avait conseille aux traducleurs ; s’ils ne doivent s’attaquer qu’a ce qui est excellent, comment ne voit-il pas qu’il n’aurait pas du entreprendre I’histoire de gens dont il n’y a rien k dire, sinon qu’ils furent de l’Acad6mie frangaise?
Sur tout cela, il faut done passer condamnation et regretter qu’on ait donne au public 1200 pages, qui auraient pu et du etre r^duites au tiers ou au quart, pour le plus grand avantage de I’auteur et de ses lecteurs. Les eloges de Bossiiet, de Flechier et de Massillon, de Despreaux et de 'Montesquieu, de Dumarsais et de Marivaux, qui valent celui de Bernouilli, rneme ceux de Jean Cousin, de Saint-Pierre et de Ter-
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rasson, auxquels on eut joint ce qu’il y a de bon et d’excellent dans les autres, formeraient line ceuvre, agreable et instructive pour les lecteurs, autant qu’honorable pour d’Alembert. Sans doiite it y aurait quelques hors-d’ceuvre; peutetre encore d’Alembert y paraitrait-il trop dispose parfois a apprecier les oeuvres par le succes, meme d’argent, qu’elles ont obtenu en leur temps et surtout aupres de ses contemporains (note 65) ; enfin ce novateur semblerait souvent un pur classique, qui a laisse aux conservateurs de la Restauration le peril et I’honneur d’accomplir la revolution par laquelle notre litt6rature a 6t6 heureusement renouvelee. Mais ony retrouverait son amour do la verite, sa preoccupation de mettre en premiere ligne les ecrivains qui offrent le plus de^ choses utiles a tous les siedes et a tous les lieux, une information aussi complete que judicieuse, et par end'roits, des jugements raisonnes et reflechis, qu’on croirait d’un homme du xix® siecle (notes 67 et 68).
En somme d’Alembert, comme mathematicien et comme philosoplie, est a coup siir egal, peutetre meme superieur a Pascal. Comme ecrivain, il a tente pour 1^ pbilosophie, ce que Pascal avail entrepris pour la religion : le succes pratique a ete considerable pour Tun et I’autre. Mais la Defitruction des jesuiles n’a pas le nitrite titleraire des Promnciales \ c’est beaucoup dejii qu’on puisse la lire aprbs le pamphlet immortel qui
LE DISCOURS PRELIMINAIRE
I’a pr4ced6e et qu’on ne saurait refaire. Sauf un petit nombre de pages, clairsem^es dans les opuscules et les Eloges, Tecrivain est de beaucoup inferieur k Pascal. Seul le Discours preliminaire justifierait, pour le fond et pour la forme, une comparaison entre les deux matliematiciens dont le nom merite de figurer, a un double litre, dans I’histoire de la civilisation en France.
On comprend fort bien pourquoi d’Alembert devint un des editeurs de I’Encyclopedie : il etait depuis longtemps I’ami de Diderot, qui lui fournissait d’ailleurs ainsi I’occasion de resumer, pour le grand public, des recherclies fort bien accueillies par ses pairs, et de populariser les sciences auxquelles il s’etait entierement consacre. II n’est pas surprenant non plus que Diderot lui ait laisse le soil! d’en ecrire le Discours prelimiiiaire. Il 6tait d6j^ plus que suspect aux th4ologiens; un de ses ouvrages avait ete condamn6 avec ceux de La Mettrie, et il avait fait ^ Yincennes un sejour qui n’etait gubre propre a lui attirer les sympathies du gouvernement et des parlements. A peine le Prospectus etait-il public, que le P. Berthier, dans le Journal deTrevoux, attaquait I’Encyclopedie, dont il contestait par avance I’originalite
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et la valeurintrinsfeque, comme il semblait mettre ' en doute I’orthodoxie des auteurs. DAlembeit pouvait defier ses adversaires de trouver « une seule proposition reprehensible dans ce qu il avait ecrit j usque-la ». Il y avait tout avantage a ce que I’Encyclopedie fut presentee au public par im savant dontla renommee etait grande a 1 etranger comme en France, et qui ne pouvait alors etre considere comme un adversaire de la religion, comme un r^volutionnaire en philosopbie et en politi pe. Sans doute, on attaqua le premier volume ; mais on ne put guere se prendre au Di scours pr6liminaire, dont les adversaires de I’Encyclopedie firent eux-memes le plus grand eloge. Cependant la these de I’abbe de Prades et surtout son Apologie, -dans laquelle on crut reconnaitre, non sans raison, les pens6es et le style de Diderot, permirent aux jansenistes et aux jesuites de faire suspendre la publication de . I’Encyclopedie. Mais bienlot d’Argenson et M"^^ de Pompadour, que I’lioslilite des jesuites avait emp^cbee de devenir dame du palais de la reine, firent solliciter Diderot et d’Alembert de « se redonner au travail de I’Encyclopedie ». « Nous avons essuy6 cet hiver, ecrit d Alembert ^ Voltaire, line violente temp^te; j’esp'ere qu’enfm nous travaillerons en repos. Je me suis bien doql6 qii’apres nous avoir aussi maltraites qu on a fait, on reviondrait nous prier de continuer, et cela n’a pas manque. J’ai refuse pendant 6 mois, j ai
LE DISCOURS PRELIMINAIRE
cri6 comme le Mars d’Homfere, et jc puis dire que je ne me siiis rendu qu’c^ I’empressement extraordinaire du public. J’espere que cette resistance si longue nous vaudra dans la suite plus de tranquillite. Ainsi soit-il. » A nouveau, d’Alembert se charge de presenter I’oeuvre en repondant avec hauteur, esprit et dedain a ses adversaires. Ainsi le Journaliste de Tr^voux a loue en 1747 chez Yauvenargues, ce qu’il a critique dans I’Encyclopedie : « M. de Yauvenargues, a-t-il dit, etait aveugle... c’est ce qui a empeclie le journaliste d’y voir ». On a'etd etonn6 de trouver des articles pour les philosophes et non pour les Peres de I’Eglise : c’est que les premiers sont des crealeurs d’opinions, tandis que les seconds, charges du dep6t precieux et inviolable de la foi et de la tradition, n’ont pu, ni du rien apprendre aux hommes. Si Ton ne traite ni des saints, sur lesquels Baillet n’a rien laisse h dire, ni de la genealogie des grandes maisons, ni des conquerants qui ont desole la terre, on fait une large place a la genealogie des sciences, aux genies immortels qui ont eclaire les hommes; I’Encyclopedie doit tout aux talents, rien aux titres, elle est riiistoire de I’esprit et non de la vanite des hommes.
Toutes les sciences ont leur metaphysique fondee sur des principes simples et des notions communes a tous les hommes : on I’exposera avec clarte et precision. Quant a la metapliysique proprement dite, elle serareduilea ce qu’elle conlieni
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de vrai et d’utile, c’est-a-dire a trfes peu de chose. On fera pour ce siecle qui I’ignore, et pour les siecles a venir, qu’on mettra sur la voie pour alter plus loin, I’histoire des richesses de notre siecle dans les arts. « L’empire des sciences et des arts est un palais irregulier, imparfait et en quelque maniere monstrueux, ou certains morceaux se font admirer par leur magnificence, leur solidite et leur hardiesse, ou d’autres ressemblent encore h des'masses informes, ou d’autres enlin, que I’art n’a pas m^me ebauches', attendant le genie ou le hasard. Les principales parties de cet edifice sont elevees par un petit nombre de grands hommes, tandisque les autres apportent quelques materiaux, ou se bornent 5, la simple description. Nous tacberons de r6unir ces deux derniers objets, de tracer le plan du temple et de remplir en m6me temps quelques vides. Nous en laisserons beaucoup d’autres, nos descendants placeront le comble, s’ils I’osent ou s’ils le peu vent. Quant aux imputations odieuses contre nos sentiments et notre personne, c’est a I’Encyclopedie anous defendre, aux bonnetes gens k nous venger. » De 1753 ^ 1757, d’Alembert et Diderot, jouissant d’une assez grande tranquillity, travaillent a rendre rEncyclop6die moins imparfaite. Mais, en 1757, I’atlentat de Damiens fait dycreter la peine de mort contre les auteurs et imprimeurs d’ouvrages syditieux; I’article Geneve provoque les attaques des ibeologiens et de J.-J. Rousseau ;
LE DISCOURS PRELIMINAIRE XLVII
Moreau 4crit ses pamphlets contre les Cacouacs, et appelle ainsi les Eiicyclopedistes, en derivant, d’une faQon fantaisiste, cacoM^c dexaxo?, m^chanl; Ilelvetius publie son livre de V Esprit et Omer de Fleury prononce un terrible r6quisitoire, dans leqiiel les Encyclopedistes sont rendus responsables de toutes les attaques contre la religion et Tan tori te. Le 8 mars 4759, un arr^t du conseil revoque le privilege de TEncyclopedie. D’Alembert, desesperant de la terminer comme on I’avait commencee, cesse d’en etre I’editeur, mais il continue a en Mre le collaborateur. En 1769, il promet encore a Panckoucke quelques additions pour les articles de mathematiques et pour quelques-uns de physique; mais s’il estime qu’on fera bien de supprimer les declamations et les sottises qui deshonorent I’Encyclopedie, il ne s’en ni61e pas, parce qu’il a declare qu’il ne veut pas en etre I’editeur.
Le Discours preliminaire figure au programme de la licence es lettres, a ceux de renseignemcnt secondaire, moderne et classique : ainsi il doit etre etudie par des jeunes gens qui, apr^s la rbetorique ou la seconde moderne, se tournent ' vers les sciences, et par ceux qui, dans line rhetorique superieure, se preparenL k une bourse de licence, ou qui, d^jkplus avances, travaillent dans une Faculte k devenir licencies. Cette situation privilegiee qui lui a ^te faite dans notre eiiseignemont, il la merite k tous egards.
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D’abord c’est I’ceuvre d’un homme admir^ en Europe et en France a des litres fort divers, comme polemiste et comme mathematicien, comme savant et comme encyclopediste, comme philosophe et comme ecrivain. Puis c’est la quintessence des connaissances mathematiques, philosophiques et litteraires, que I’auteur avail acquises pendant vingt annees d’etudes : il y reproduit, comme on le verra plus loin (p. 30 a 36, 94, iOO, 116, etc.), et quelquefois litteralement, les resultats les plus generaux et les plus incontestables de ses meditations anterieures. Aussi trente ans plus tard, Fr4d6ric II compare encore la preface de I’Encyclopedie a tout ce qu’il a fait lui-m6me de 'grand et de memorable dans la paix, dans la guerre, dans les leltres et dans la politique. Et les homines qui vivaient en 1751 n’etaient pas si pen favorises qu’ils dussent saluer avec bonheur un ouvrage mediocre : Fontenelle et Montesquieu (p. 242, 246) avaient public les meilleures de leurs ceuvres; Voltaire elait dans toute sa gloire; Diderot, Rousseau, Buffon, Condillac (p. 243, 244, 246) avaient debute de maniere ^ annoncer quelle place ils occuperaient dans le xviii® sibcle.
En outre, le Discours preliminaire nous montre ce que devait 6tre I’Encyclopedie. Elle fut sans doute une formidable machine de guerre, qui ruina I’ancien regime, religieux ou politique, plus que lie I’auraient fail Voltaire et Rousseau, BulTon
LE DISCOURS PRELIMINAIRE
et Montesquieu, Raynal, Helv^tius et d’Holbach, parce qii’elle condensait et resumait tout ce qui elait 6pars dans des ceuvres nombreuses, parfois diffuses et difficiles k coordonner ou a rassembler. Les parlements, le clerge et le gouvernement n’y virent presque jamais autre chose. Mais FEncyclopedie etait aussi destinee a tracer les lineaments de la societe nouvelle. Le melange de polemiques contre le passe et de theories destinees k I’avenir, meme la presence de collaborateurs qui, restant attaches a I’ancien ordre de choses, voulaient le modifier plutot que le detruire, firent qii’on n’en saisit pas toujours, aujourd’hui m6me, le cote novateur et positif. En outre, quand Diderot fut seul, le libraire le Breton da « chatra, depega, mutila, la mit en lambeaux, sans jugement et sans gout ». De la les plaintes de Voltaire, de d’Alembert, meme de Diderot, qui ne retrouvent pas, dans I’oeuvre, I’ideal rev6 et cherche. Le -Discours preliminaire ^ au contraire, nous donne neltement ce qu’avaient voulu les Encyclopedistes. Ainsi il sera etudie avec profit par tous ceux qui cherchent a connaitre d’Alembert, I’Encyclopedie et le XVIII® siecle dans son ensemble.
' Mais' ne presente-t-il qu’un inter^t purement historique? Pour r^pondre a cette question, il faut en examiner la methode, le fond et la^ forme.
Quelle methode a et6 suivie dans le Discours preliminawel Pour M. J. Bertrand, d’Alembert
L INTRODUCTION
manque d’elegance et de clarte, parce que jamais il n’a professe j « il se reserve, ajoule-t-il, d eclairer chaque page par la lecture de la suivante : c est ce qu’on appelle manquer de methode ». Cette assertion, contestable pour les travaux mathematiques, est tout a fait fausse pour le Discours, mais on comprend qu’on I’ait emise. On s attend a ce qu’un geombtre procede par syntliese et enonce d’abord les propositions qu’il veut etablir, ensuite les raisons qui les justifient. Ainsi fait Descartes, quand il enumere les regies de sa m4thode ou les maximes de sa morale provisoire. Mais il faut se souvenir que d’Alemliert, comme Pascal, a invente plut6t qu’appris les rnath^matiques. «Les grands geometres, dit-il d’ailleurs dans VEloge de Bernouilli, connaissent celte espece de |)aresse qui prefere la peine de decouvrir une verite a la contrainte peu agreable de la suivre dans I’ouvrage d’autrui. » Souvent done il a recours a I’analyse, il expose, les unes apres les autres, les raisons qui motivent, ou les exemples qui eclairent la proposition k demontrer, et celle-ci ne vient qu’en dernier lieu. Semblablement le pliysicien nous dit ses observations, ses experiences et nous soumet seulement ensuite les ]ois qu’il en tire par induction. 11 en resulte que Diderot, le sectateur des sciences naturelles, et d’Alembert, le mathematicien, precedent d'uiie fagon identique; que le Prospectus et le Discours sont composes d’apres la nieme methode ; que I’En-
LE DISCOURS PRELIMINAIRE
cyclopedie, par suite, a eu, sous leur direction commune, unil6 et succes
Mais quelquefois aussi d’Alembert et Diderot suiVent une marche synth6tique ^
En recourant successivement, et selon les besoins de I’exposition, 5, 1’analyse et k la syntliese, ils out certes evite la monotonie et donne a leur oeuvre un caractere plus litteraire, mais ils ont laisso croire, par cela inline, qu’ils n’avaient pas de methode. En realite, nous n’avons eu qu’^ reunir les resumes places par eux au debut ou a la fm des divcrses parties du Discours et du Prospectus, :pour presenter, de I’un et de I’autre, une vue synthetique, qui en fait saisir sans peine renchainement.
1. En ce qui concerne le Discours pr4liminaire, on trouvera p. 21, 1. 30-33; p. 22, 1. 1-5, le resume des recherches instituees dans les pages 14 a 21. De mfime quelques lignes, p. 24, 1. 8, sqq.; p. 47, 1. 7-14, nous donnent les resultals qui ont 6te oblenus par la division de la physique et de la philosophic; il y a encore des resumes de ce qui a etc trouve precedemment p. 55, 1. 28, sqq.; p. 06, 1. 30; p. 69, 1. 21-22; p. 105, 1. 10-23, 1. 24-28, etc. Ainsi Diderot indique, p. 136, 1. 18-25, les divisions antcricures du Prospectus, puis p. 141, 1. 5 a 8; p. 143, 1. 30-31; p. 145, 1. 24-30, celles qui suivent, et d’Alembert termine le Discours preliminaire, p. 159, 1. 1-2, en annongant qu’il « a tout dit sur I’Encyclopedie ».
2. Ainsi le premier nous avertit, p. 33, 1. 18 sqq., qu’il va jetcr les yeux sur I’espace parcouru et les deux limites entre lesquelles sont concentrees les connaissances accordees nos lumieres naturelles; il nous annonce, p. 40, 1. 1-2, qu’il va etre question de I’ordre dans lequel se sont succede les connaissances relatives a celles dont il a etc j usque-la question. La methode synth^tique est encore suivie par lui, pour I’exposition, aux pages 48, 1. 22, sqq.; p. 51, 1. 9, sqq.; p. 58,1. 2, sqq.; p. 66, 1. 31, sqq.; p. 76, 1. 8, sqq., etc. Le second I’cmploie i son tour, p. 133, 1. 15, sqq. p. 136, 1. 25-27, etc., etc.
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