EDUCATION
Le problème de l'éducation, Monsieur, met en présence les trois êtres les plus considérables, les plus respectables, on pourrait presque dire les plus augustes qui soient dans les sociétés civiles: le père, c'est-à-dire la famille; l’enfaut, c'est-à-dire l'avenir et l'espérance du genre humain; l'Etat, c'est-à-dire la patrie.
Chacun de ces êtres a des devoirs et des droits, que nous allons essayer de résumer, d’après les meilleurs auteurs.
En venant au monde, l’enfant y apporte un droit qui contient et résume tous les autres: le droit de vivre, entendu dans la plus haute et la plus complète acception de ce terme, et, ce droit de vivre, il le possède au nom de son âme immatérielle et immortelle.
A ce droit de l'enfant, correspond un devoir strict pour les parents. Ils lui ont donné la vie; ils doivent non seulement la lui conserver, mais encore la continuer, l’accroître, la fortifier, l’amener jusqu’à son plein et harmonieux épanouissement. Tout ce u’ils doivent à l'enfant, tous les droits e celui-ci se résument en deux mots d’une signification merveilleuse et d’une incomparable énergie: ils doivent l’élever, il a droit à l'éducation.
Corps, esprit et âme, l'enfant a droit à une éducation qui développe son corps, éclaire son esprit, ennoblit son âme, et son unique devoir sera de se montrer docile, de ne pas contrarier par sa résistance l’action de ses éducateurs, d’avoir de la gratitude et du respect pour ses parents.
Quel est donc le rôle de l’Etat ?
Est-il vrai, comme on le prétend dans une certaine école, qu'il aît, dans le domaine de l'éducation, tous les pouvoirs? Pareille thèse est fausse et insoutenable. Il ne lui manque, en effet, pour être juste, qu’une ssule
chose, nature L tion des liens du sang,
ui est de tenir compte de | e l’homme. Elle fait abetra des besoir qu'ils créent à l'enfant, de la tendres:
ve mettent au cœur des parent:
e l’autorité qu'ils leur confèrent, d l'existence et de la constitution de ] famille naturelle, vivante et organisé bien avant que l'Etat se soit formé € que la loi ait songé à s'occuper de relations juridiques de père à enfan
Est-ce à dire, pour cela, que l’Ets doive se désintéresser complètement d ce qui concerne l'éducation? Le pr tendre serait une autre erreur. Il a, e cette matière, des droits certains, de droits légitimes dans la mesure mêm où ils concordent avec les prescri] tions de la loi naturelle.
Qu'’exige cette dernière dar le domaine qui nous occupe ? Elle ex ge que l'éducation soit dirigée et dor née avant tout, dans l'intérêt de ler fant, en vue de ses besoin£, et cor formément à ses droits. L'Etat a don ls devoir de veiller à ce que ce droits ne soient ni méconnus, ni vic lés, et, dans l'exercice de ce devoi il ne faut pas qu'il mette d’entrave au libre accomplissement par les p:
rents de leurs obligations.
C'est cependant un devoir d'une n:
ture spéciale, consistant à surveille à contrôler les actes de la famil beaucoup plus qu’à agir par lui-mêm consistant à respecter l'initiative it dividuelle, à en assurer, à en favor ser l'exercice, à rappeler le devoir st cial, à encourager les initiatives pr vées, les associations qui l’accompli sent, en se tenant prêt simplement lee suppléer si elles défaillent, ma sans jamais prétendre se substituer elles.
En agissant dans cette mesure dans ces limites, l'Etat ne sort pas son rôle naturel et légitime. S'il off ses services pour la satisfaction des i térêts généraux et bien entendus l'éducation, il ne les impose pas ; agit non par voie d'autorité, mais p voie gracieuse ; il remplit sa missi qui est de protéger et de promouvoi
Il me fait plaisir de le dire, n tre loi de l’Instruction Publique s’a puie entièrement sur ces principes.
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DE L'EDUCATION. (1) Élie a, d'ailleurs, pris des précaufaire serupuleuqui n’appartiennent pas à la religion de la majo- L'honorable Surintendant de
À L'Instruction publique l’a affirmé éner-
4 giquemern.t
el
À religieuses et patriotiques.
“Les chefs de famille, dit-il, peuvent faire donner à leurs en-
À fants une instruction conforme à leur
croyance religieuse ; la loi en fournit les moyens ; il suffit pour cela d’un acte de la voionté paternelle.”
De plus, c'est aux contribuables ré-
+ gulièrement constitués en corporation
qu'elle confie le soin de créer et d’organiser les écoles, suivant leurs besoins, conformément à leurs traditions Ils sont
les meil-
considérés avec raison comme
k leurs juges en cette matière ; l'Etat
n'intervient que pour les aider, les subventionner et les protéger dans l'exercice de la plus précieuse de leurs libertés.
Ce qu'il faut surtout admirer, c'est l'esprit de profonde tolérance et de sincère libéralisme dans lequel est conçu et appliqué tout ce système d’enseignement; c’est l'extrême générosité avec laquelle le gouvernement contribue à toutes les œuvres éducationnelles.
En effet, je le déclare sans crainte d'être contredit, aucun gouvernement n’a travaillé au développement de l'éducation avec autant de soin, de vigilance, de persévérance et de succès que ne l’a fait le gouvernement actuel.
Il a quintuplé le budget de l’instruction publique, mais, en même tem qu’il augmentait le montant des divers octrois, il mettait des conditions qui obligeaient les contribuables à consacrer de plus fortes sommes d’argent pour améliorer et entretenir leurs écoles et mieux rémunérer leur professeurs et institutrices.
(1) C'est, avec le Conseil de l’Instruction de l'Eglise en matière d'éducation. (Comme
avantageux de les remettre en question.
De cette façon, il a éénpne l'initiative privée, avec ce résultat qe en 1913,les contribuables ont
épensé $6,212,440.00 pour l’instruction, alors que, vingt ans auparavant, ils n’en dépensaieït que $2,429.000.00.
Il a distribué aunue!iement des sommes considérables, comme rimes aux municipalités qui se sont conformées aux règlements et à celles qui ont payé un salaire minimum à leurs maîtresses d’école::; il a donné des allocations spéciales aux professeurs et institutrices les plus méritants et à ceux qui enseignent depuis 10, 15 ou 20 ans.
Il a fondé dix écoles normales, er$é une école d’arpentage et une école forestière, augmenté les crédits votés pour l'établissement d'académies commerciales, les octrois accordés à l'Ecole Polytechnique, aux Université Laval et McGill, nommé des inspecteurs généraux, imposé de nouveaux devotrs aux inspecteurs d'écoles.
Mais, me sera-t-il permis de le dire bien franchement, si jamais il a fait une œuvre éminemment louable et patriotique, c’est bien lors u’il a fondé l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales et les Ecoles Techniques. Nul ne peut contester la haute importance, la grande utilité et lu nécessité de ces établissements. N'’est-il pas certain, Monsieur, que l’enseignement technire est un élément de progrès Consi-
érable? Sans lui, comment l’art industriel se renouvellerait-il? Comment gortirait-il des sentiers battus et s’écarterait-il des modèles traditionnels pour s'approprier des formes nouvelles empruntées, soit à la nature, soit aux produits de l'étranger? Sans lui, comment le travailleur bien doué pourraitil s'élever du rang de vulgaire artisan et de simple manœuvre à celui d'ouvrier d'élite et.de chef d'atelier ? Qui ne sait les perfectionnements dûs à l’enseignement du dessin ou de la mé-
canique? Qui ne sait tout ce qu'un ouvrier peut y gagner comme justesse de coup d'œil, comme sûreté de main, comme compréhension raisonnée des outils qu’il manie et des engins dont il se sert? La réponse à ces questions
Publique, la reconnaissance légale des droits ils sont généralement admis, il ne parait pas
s’impose, et alors il faut conclure que, lorsqu'un gouvernement répand ces connaissances, non seulement il assure à l'enfant son gagne-pain, mais encore il contribue dans une large mesure au développement de la richesse publique et à l’accrois ement de la puissance de production d’un peuple.
Il ne suffit pas, cependant, pour un peuple de produire, il faut encore qu'il écoule, qu'il vende, soit dans son pays, soit à l'étranger, les marchandises qu'il produit. De là, le commerce qui a ses lois, ses secrets, et ne consiste pas uniquement dans une simple transaction derrière un comptoir.
Or, pour être un véritable commerçant, unÿfinancier, dans le sens le plus large accordé à ces termes, il faut de toute nécessité avoir des connaissances approfondies sur la science des finances, l'économie politique, les législations douanières, sur les affaires de bourse, d'assurance et de crédit, sur le régime des ports, sur les moyens de transport et de communication, sur la statistique, sur l’organisation des entreprises modernes. Sans cela, on risque fort de faire fausse route, de perdre son argent, le fruit de son travail.et de faire perdre les autres.
Nous n'avions pas d'institutions où nos jeunes gens pouvaient aller puiser ces connaissances, et, si l’on admet que le commerce d’une nation est le baromètre qui nous permet de juger de sa prospérité, on doit reconnaître que le gouvernement a agi patriotiquement lorsqu'il a établi cette université du commerce.
Pardonnez-moi, Monsieur, d’avoir parlé si longuement sur cette question. Je voulais démontrer que le gouvernement à rempli, judicieusement et d’une façon adéquate, le rôle assigné à l'Etat dans le domaine de l'éducation, qu'il a collaboré par tous les moyens à poursuivre dans leurs derniers retranchements l’ignorance ot l'erreur, qu'il a voulu donner, autant que possible, à chaque individu, par la diffusion des connaissances, la plénitude de son existence morale et condenser par là
même, au bénéfice de la patrie, tous
*r scie de puissance et de prospérité.
Certes, loin de moi l'idée de prétendre qu'il n’y a plus de réformes:
à accomplir; au contraire, toute œuvre humaine est susceptible de per:
fectionnement, et le gouvernement est prêt aux plus grands sacrifices pour assurer la réalisation de tous les progrès utiles en cette matière. Il n’e qu'une politique à ce sujet: faire de:
œuvres méritoires, mettre à effet le:
bonnes suggestions, et s’il faut pou cela dépenser encore plus d'argent, i est disposé à le faire généreusement parce que ses membres sont ferme ment convaincus que, si une natior veut prospérer et grandir, elle doi mettre au premier rang de ses préoc:
cupations quotidiernes l'éducation de la jeunesse.