‹ Discours prononcé à l'Assemblée législative de Québec le 8 janvier 1915 [microforme]Chapitre 9 sur 13 · RE · texte numérisé non relu

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qu'avec cette loi, ‘nous aurions des bouts de c ns améliorés, mais non un réseau de chemins propre à la circulation”.

Vous l’avouerais-je, Monsieur, ce reproche ne me paraît pas sérieux, quand on considère que le but de la loi est, avant tout, de procurer un bon chemin au cultivateur. Il est alors absolument rationnel de laisser aux municipalités le soin de dédéterminer, au meilleur de leurs intérêts, les chemins qu’elles macada-

miseront, ceux dans lesquels elles feront seulement du gravelage, ceux qu'elles entretiendront simplement

comme chemins de terre. Voilà de l'autonomie bien entendue, et j'ai assez confiance au bon jugement et à l'intelligence de nos conseillers de campagne pour savoir que, quand ils prendront une décision à ce sujet, ils arrangeront les choses de manière à avoir de beaux et de bons chemins dans toute la paroisse. À mon sens, c'est là le principal. Pour avoir de bons et de beaux chemins, il n'est certainement pas nécessaire, vu la naiure du soi qui n’est pas uniforme.

de les macadamiser ou graveler sur tout leur parcours; il suffit qu'ils

ssèdent les conditions exigées par e Code Municipal. Si le contraire était vrai, il faudrait dire que les Etats-Unis, dont on vante pourtant les beaux chemins, n’ont, en somme, que des bouts de chemins améliorés, puisque 90 p.c. de leurs chemins sont des chemins de terre.

Sans doute, il nous faut aussi des

route. nationales, des routes régionales: autrement, notre politique de voirie serait incomplète. J’approuve done sans réserve la construction du boulevard Edouard VII, des routes Québec-Montréal, Sherbrooke-Derby Line et Lévis-Jack-

man; et je souhaite vivement que l'on commence bientôt la construction des autres grandes routes projetées.

Elles se feront, Monsieur, car le gouvernement n'entend pas se contenter des progrèe dé;à accomplis, il désire obtenir de plus nds résultate. C’est pour cela qu'il a créé le

ministère de la Voirie, dont il a confié l'administration à un des hommes des plus compétents.

Les hommes qui arrivent aux plus grands résultats sont ceux qui apportent dans l'emploi de leurs facultés l’assiduité la plus persistante, et par-dessus tout cette habileté méthodique .% ne s’acquiert qu'à force de travail. d'application et d'expérience.

Or, l'Honorable Ministre de la Voirie, (M. J. A. Tessier), dans toutes les charges publiques qu'il a occupées, a démontré qu’il écait un homme d'action, avide de progrès; il s’est surtout distingué par son ardeur persévérante à poursuivra et à constater les faits, et nul n'a cultivé avec plus de soin que lui cette habitude d'intelligente attention dont tous les hommes sengés reconnaissent que les hautes qualités de l'esprit dépendent en grande partie.

On ne pouvait done mieux choisir, et, j'en ai le ferme espoir, sous sa direction énergique, par son action continue, il va s’opérer dans notre voirie une transformation rapide et complète. Nous pourrons alors afhrmer sans crainte et avec fierté que la province donne une fois l'exemple aux autres provinces, lorsqu'il s’agit de marcher de l’avant et de monter sans cesse vers l'intelligence du devoir et des responsabilités.

Oui, Monsieur, le gouvernement a eu l'intelligence complète de son devoir et de sa responsabilité.

Il ne s'est pas borné à faire des ré-

formes financières, économiques et administratives, à travailler à l'augmentation de la richesse nationale et au développement

du mieux-être physique; il a recherché un idéal plus élevé et plus noble. Il s'est dit qu’il ne fallait pas circonscrire dans des chiffres la vitalité d’un peuple et que la richesse ne faisait pas le honheur. Il s'est posé la même question que Littré faisait aux politiciens de son temps: ‘‘Qu'est-ce que règler la production et la distribution de la richesse, sans règler au préalable l'esprit et le cœur de ceux qui ont à produire et à employer la richesse ?”

Et il a répondu à cette question en proclamant qu'il fallait faire connaître ét aimer la vérité, et que, pour parvenir à cette fin, il n'y avait qu'un moyen: favoriser et enco'rager l'éducation.

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