‹ Discours prononce a l'Assemblee legislative le 25 Decembre, 1893Chapitre 10 sur 18 · ECOLE AMBULANTE · texte numérisé non relu

ECOLE AMBULANTE

C'est une manière de tirer parti du système du Mérite Agricole. On sait que les juges, chargés de distribuer les récompenses aux propriétaires des fermes soumises au concours, doivent parcourir successivement les différentes parties de la Province de manière à parvenir en cinq ans à en com s \ y plétcr lea-su4tes>- Jusqu'à présent, ils n'ont eu pour mission que d'examiner qui méritait les diplômes et les médailles. Je me suis proposé de tirer un plus grand parti de ces juges, hommes d'expérience et do science. Je leur ai

donné instruction de visiter chaque ferme avec soin, de consigner leurs remarques et conseils dans un livret remis au propriétaire et dont ils gardent copie. Le concurrent reçoit ainsi de ces messieurs, une direction utile pour rendre sa ferme encore plus utile à la localité. On lui consigne dans ce livret qu'il pourra consulter avec profit, pendant des années, ce qu'il a bien fait, ce qu'il pourrait profitablement faire autrement, et les innovations qu'on lui suggère. Les leçons sont données sur place, après discussion avec le concurrent, en parcourant sa ferme, champ par champ.

Yoilà un système qui plaît autant qu'il est pratique et utile. C'est le bon conseil, le conseil désintéressé, par conséquent bienvenu, qui va être suivi pour le plus grand profit du propriétaire comme pour l'exemple de tout le voisinage. Aussi, je puis dire que l'on s'en montre reconnaissant, comme je puis affirmer qu'il est effectif. C'est la leçon de chose comme on dit en termes d'éducation scolaire ; c'est la question discutée sur le champ d'action où on peut mettre le doigt sur tout ce qui est défectueux, comme sur tout ce qui réussit.

Des concurrents ont déclaré que le passage de nos juges du Mérite Agricole marquait toute une ère nouvelle dans leur exploitation ; qu'ils étaient heureux des avis donnés et qu'ils allaient les mettre de suite à profit, qu'ils leur étaient de plus d'importance et de profit que les diplômes et médailles qu'on pourrait leur décerner.

Les directeurs des sociétés d'industrie laitière ont quelquefois des instructeurs qui, munis de tous les instruments nécessaires, parcourent la campagne pour enseigner les procédés avantageux de la confection du beurre à domicile ; on trouve ce système bon, et partout où ces instructeurs passent, on constate les progrès accomplis ; ainsi vont nos juges du Mérite Agricole par la campagne. Les fermes soumises au concours sont naturellement les mieux cultivées dans la localité ; en les perfectionnant nous en faisons des fermes modèles sans qu'il en coûte à la province.

Nous allons, si possible, perfectionner cette école d'agriculture ambulante. Les juges ont instruction do rester sur la ferme du concurrent tant qu'il y aura du bien à faire à son exploitation. La distribution des récompenses, bien que faite avec discernement et avec soin, devient pour ainsi dire secondaire dans la mission de ces juges. Ils ont tout d'abord instruction d'instruire, de réformer puis enfin de récompenser. J'ai tout lieu de me féliciter de cette innovation. C'est, après le succès constaté à l'école d'industrie laitière, celui que je considère de plus de valeur. Ce n'est pas l'élève qui va à l'école, mais c'est bien l'école qui, effectivement, va à l'élève avide de tirer parti des bienfaits qu'elle apporte. Il y a une moyenne de quatre vingts concurrents par année 1

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