‹ Discours prononce a l'Assemblee legislative le 25 Decembre, 1893Chapitre 16 sur 18 · REPEUPLEMENT · texte numérisé non relu

REPEUPLEMENT

Pour réparer les brèches faites par l'émigration dans nos vieilles paroisses, pour combler les vides, remplir les cadres, je désire depuis longtemps me procurer la liste de ces fermes abandonnées, ce que Ton demande pour chacune d'elles, si elles peuvent être louées pour dix ans avec privilège pour le locataire d'acheter en aucun temps de son bail ; comment elles sont pourvues de maison et de bâtiments de ferme, quel est l'approvisionnement d'eau et de combustible, quelle étendue totale et celle en culture etc., etc. Je suis en voie de réussir.

Ces informations seront répandues par les cercles et par le pays. Elles serviront à ceux qui désirent prendre des terres nouvelles et à ceux qui songent à revenir au pays.

Plus d'un qui connait la bonne culture pourra ainsi se monter du coup et commencer une exploitation rémunératrice sans avoir à s'imposer la longue et ardue tâche du colon, la lutte avec la forêt, l'embarras des souches, l'éloignement des marchés. Et la paroisse, petit à petit, réparera ses pertes, de nouveaux enfants prendront la place de ceux qu'elle a perdus. Le cœur du pays, les vieilles paroisses, sera bon et fort, les extrémités, s'en ressentiront, soyez-en certains.

Tout ceci ne se fera pas à la fois, c'est certain, mais peut se commencer tout de même et de suite. Sans beaucoup de dépense, nous avons devant nous une bonne chance d'être très utile, et à la paroisse et aux particuliers. (1)

( I ) Au moment ou ceci s'imprime je suis fort aise de constater que la société de colonisation qui vient de se former à Montréal s'occupe tout spécialement de combler ces vides dans nos paroisses. Je lui souhaite bien cordialement le succès. Les jeunes colons qui partiront do ces paroisses, rendues ainsi prospères et populeuses, arriveront sur le territoire de la colonisation amplement munis de tout ce qui est nécessaire pour réussir promptement.

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