‹ Discours prononcé à l'occasion du 192e anniversaire de l'heureuse mort de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 14 sur 22 · D NAN TS · texte numérisé non relu

D NAN TS

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quelle char 4, pour soulager sa sœur engagée dans un grand commerce, elle sacrifie son repos, se soumet en silence aux duretés non-seulement des maitres, mai des serviteurs même qui la traitent avec une extrême hauteur! Dans les fonctions les plus humiliantes, dans les services les plus bas qu'elle rendait aux domestiques dans leurs maladies, elle goûtait une joie si grande, elle aimait tant cette abjection que toute sa crainte était que Dieu ne la urât de cet abaissement. Cependant Dieu ne voulut pas la laisser plus longtemps dans cet état d'humiliation; son père et sa sœur reconnurent leurs torts à l'égard d'une personne qui les touchait de si près; ils lui donnèrent la direction de toutes leurs affaires. « Tout cela, dit-elle, ne me « détournait pas de Dieu, mais plutôt je « mv sentais fortifiée, parce que tout « cela état pour la charité et non pour « mon profit particulier. Quand J'étais « surchargée d'affaires, je nm'adressais à « Jésus, mon refuge ordinaire, et ma

« confiance en lui me rendait tout fa- « ile (4). » Comme la femme forte dont parle Salomon, elle a ceint ses reins de force, et elle a affermi son bras (2). Gh!

qu'il est beau de la contempler au milieu de cette multitude d'ouvriers et de domestiques, les conduisant tous avec humilité, douceur et charité. La sagesse et la bonté éclatent dans toutes ses œuvres; aussi tous la bénissent, parce que la crainte de Dieu est dans son cœur, et la clémence sur ses lèvres (3).

Une humilité solide, une pureté de cœur incroyable, et la plus parfaite abnégation : tels furent les fondements de l'édifice de la perfection qu’elle devait élever si haut. C’est alors que Dieu, toujours admirable dans ses saints, opéra en elle ce miracle de son immense libéralité, :à divinisa en quelque sorte par le don d'oraison, la transforma en lui par

(4) Lettre de Marie de l’Incarnation.

(2) Prov. 34, 47. (3) Prov. 31, 26, 30.

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la grâce de sa divine présence et par laffluence des dons célestes. Qui croirait, si l’on n’en avait déjà des exemples dans une sainte Catherine, vierge et martyre, dans une sainte Catherine de Sienne et dans une sainte Thérèse, qui croirait que le Fils de Dieu, la splendeur du Père, la sainteté infinie, lui promit, comme preuve sensible de son affection, de la prendre pour son épouse? « Un jour qu'elle s'en- « tretenait familièrement avec Notre- « Seigneur, et que son cœur était dans « un mouvement de tendance à ce bon- « heur, qu'elle ne pouvait comprendre, € J.-C. lui dit distinctement ces paroles :

« Je te rendrai mon épouse par une foi « inviolable, je te rendrait mon épouse € pour toujours (1). » Dans ces admirables communications, dans cette union si intime, Jésus lui faisait connaitre les grands et infinis trésors que renferment la pauvreté, la chasteté et lobéissance.

Elle en était si ravie et si charmée (2) Osée. 9, 9.

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