‹ Discours prononcéChapitre 13 sur 14 · UN DES AMIS DU CAPITAINE A CE MEME CAPITAINE, A LILE BOURBON · texte numérisé non relu

UN DES AMIS DU CAPITAINE A CE MEME CAPITAINE, A LILE BOURBON

Nantes, 4 juiH^t 1Ô20.

Mon ami , je suis arrivé ici en retour de Savannah le 12 du mois dernier, ayant fait un voyage assez heureux sous le rapport du temps ; mais les États-Unis ayant mis un droit de dix-huit gourdes par tonneau sur les bâtiments français, voilà mon navire désarmé jusqu'à ce qu'on sache comment le Gouvernement français prendra la chose. Je pars demain pour chez «loi. Ma femme et mon fils sont en bonne santé.

Comptant que tu as fait une traversée courte et heureuse, je te présume en ce moment en action, et bientôt de retour à Bourbon.

Comme, lorsque tu arriveras à Cuba, la traite ne sera plus permise , et que conséquemment les difficultés seront plus multfpliées , j'ai recueilli quelques renseignements dont je te fais part, dans l'intention de t'étre utile.

Emboiiquant par la Martinique et la Guadeloupe, se maintenir continuellement par les parallèles de seize k dix-sept , latitude nord , afin d'aller prendre connoissance de la pointe à Portland (Jamaïque); passer entre la côte et le banc de Livorace,.plus près du banc que de Tile; ouvrir la pointe ouest de l'île, à une assez grande distance pour ne pas voir la pointe Négril ; passer entre le grand et le petit Cayman ,«t attaquer l'île de Cuba deux ou trois lieues sous le vent de la Trinité, où la côte est très saine et très haute. On évite de cette manière tous les points des croiseurs principaux , qui sont le cap Cruze-Négril , la Navaze , le cap Tiberon , l'île Arache , Artavilla, la Mena et Portories. Passer dans le nord de Saint-Domingue ne peut se pratiquer qu'à de très grands risques. Le nord de la Jamaïque est également dangereux. 11 ne faut plus penser à entrer à la Havanne avec une cargaison en y allant après la décharge. Il faut éviter l'île de Pair, le cap Corinter, le cap Saint-Antoine. Rarement un navire passe à vue de terre sans être visité. Je tiens ces notes de capitaines arrivant de la côté, et qui, en suivant ces avis, n'ont rien rencontré. Mais comme, à la fin de septembre de cette année, les Espagnols, comme nous, n'auront plus droit de faire la traite, les circonstances seront différentes , et les difficultés plus multipliées. Je t'engage à redoubler de surveillance sur les atterrages. Si ton intention est de terrir par le nord, je t'engiige d'aller à Baracot , prendre langue et un pilote qui te conduira où tu voudras.

Comptons pour le reste sur le destin qui dirige tout , et qui , jusqu'à ce jour, t'a assez maltraité pour qu'il te soit enfin favorable.

J'ai vu à Savannah le frère de M. Possily. Il étoit eu bonne santé. Bonjour pour moi à tous tes messieurs. Ton ami.

Pour copie fidèle.

Signé W. Telfair, substitut-greffier.

LE SUBRÉCARC^UE A UN ISÉGOCIANT DE l'iLE

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