V. LE MEME AU MÊME
Saint-Denis, le 3 décembre 1820.
Monsieur,
Vous devez être bien inquiet sur le résultat de notre procès qui devoit être fini lundi dernier. Un juges'étant récusé? la cause a été remise à huitaine, et demain cela
sera liiii et terminé. Je ne fermerai ma lettre qu'au moment du courrier pour Saint-Paul , qui va demain porter les expéditions du navire la Roxeiane.
Si le jugement de notre affaire est fmi demain à midi, je vous le marquerai; mais soyez sans inquiétude; nous n'en avons jamais eu que celle du retard que cela nous occasione. Nous faisons nos arrangements pour notre départ, et je crois bien que dans la quinzaine nous serons partis\pour Zanzibar, où je ne compte rester en tra"lts. gue tr Dis semaines. J'embarquerai de dix h onze mille piaâir'.s pour le voyag^e, et je compte être à la Havanne fin de mars. Voyez à pourvoir pour les assurances. Si j'ai le bonheur d'introduire de deux à trois cents nègres, nous ferons un grand voyage.
Vous ave? ci-joint le compte de vente des marchandises vendues à Bourbon , et celui de la vente des noirs. Il est malheureux que j'aie trouvé quatre grands bâtiments espagnols en traite; sans cette contrariété, j'eusse traité près de quatre cents nègres, parceque la traversée ctoit courte pour se rendre à Bourbon; mais la traversée pour File de Cuba est plus longue, et je n'ai pas assez d'eau pour traiter autant de noirs.
Le navire la Confiance^ de Nantes, est à Maurice. Plu- .>>ieurs personnes ont reçu des lettres par ce navire; et nous, point. Il paroît que vous nous pensiez partis, comme celadevoit être. 11 y a un mois que je serois à Zanzibar, sans le retard injuste que le gouverneur nous a fait essuyer.
Enfin nous en voilà débarrassés, Dieu merci! nous iivons gagné notre procès. Nous avons engagé M.*** à ne charger que sur des bâtiments de Nantes. On en es-
père beaucoup. Il vaut mieux que vous receviez les d-enrées un mois plus tard qu'un mois plus tôt par les navires des autres ports.
J'ai, etc.
Pour copie fidèle.
Signé, W. Telfair, substitut-greffier.