‹ Discours prononcé (volume 2)Chapitre 4 sur 7 · EE · texte numérisé non relu

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aux vents et à la mer, qu’il nous assiste de son secours le plus eflicace, qu'il assiste son Eglise, qu'il se lève et juge sa Cause ”— ‘ Mais nous le déclarons hautement, disait-il, revêtu de la vertu d’en haut, nous affronterons tous les périls, nous sabirons toutes les épreuves, plutôt que de manquer en rien à notre devoir apostolique. ”

M. F., quand celui qui porte l’anneau du Pêcheur, quand celui qui représente l’Agneau de Dieu, quand celui qui s'appelle le successeur de Pierre fait entendre an monde cette vieille parole: % Non possumus,”” l'heure du combat approche, ‘la terre chancelle comme un homme ivre, ” le Ciel est chargé de nuages, le tonnerre gronde dans le lointain, la tempête s’annonce terrible.—Malgré les protestations les plus énergiques, malgré ces éclatantes manifestations de l’épiscopat et des fidèles, la Révolution continue sa marche rapide. Mazzini, dont la tête est à Londres et les bras partout, ‘ salue, dans Victor-Emmanuel, le futur Roi d'Italie,” et Victor-Emmanuel ne s’abaisse pas en serrant la main flétrie de Garibaldi. Mais la voix de Pie IX, signalant le danger, parcourt les rangs catholiques avec la rapidité de l'éclair ; l'esprit de sacrifice agite les grands courages, enflamme, embrase les nobles cœurs.

Un guerrier, le plus illustre parmi tous ces hommes d’armes qui répandent si loin et qui élèvent si haut le nom de France, le vainqueur de cette race guerrière des Arabes que commanc:it Abd-el-Kader, Lamoricière, que cent esmbats ont illustré, ajoute à toutes ses gloires africaines, une

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gloire plus noble et mille fois plus haute, il se fait le soldat de l'Eglise, le soldat de Dieu. —Agonizare pro justitià, pro animä tuà ; et usque ad mortem certa pro justiti@, et Deus expugnabit pro te inimicos tuos.” Lutte pour la justice et pour le salut de ton âme; pour la justice, combats jusqu’à la mort ; et pour toi Dieu renversera tes ennemis.

Le jour de Pâques, s'adressant à ses soldats :

& La Révolution, comme autrefois l’Islamisme, menace aujourd’hui l’Europe, et aujourd’hui comme autrefois, la cause du Pape est celle de la civilisation et de la liberté du monde. — Soldats, ayez confiance, et croyez que Dieu soutiendra notre courage à la hauteur de la cause dont il confie la défense à nos armes. ?

A ces nobles paroles, accourent se ranger sous ses drapeaux, de magnanimes vengeurs du droit méconnu: de l'Irlande martyrisée, de l'Irlande dépeuplée, mais glorieuse par ses persécutions pour la foi; de l'Allemagne et de la Belgique catholiques ; de la noble Pologne asservie, mais toujours frémissante; et surtout de cette grande Nation Française qui n’a jamais “ failli dans sa foi, ni dans son amour pour l'Eglise.” Les fils des Croisés, les héritiers des noms dont la France s’honore le plus: * Les marquis de Pimodan, les Parcevaux, les George d’Héliand, les Bourbon-Chalus, les Charette, les Sabran, les Laroche-Foucaud, les descendants des Montmorency, et mille autres se font soldats, soldats de l'Eglise. A la vue de ces Croisés, les Musulmans du dix-neuvième siècle, ne

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peuvent s’empêcher de montrer leur étonnement et leur terreur. Ils ne croyaient pas à ce grand exemple de vertu et de courage ; enfants dégénérés, incapables de rendre hommage au dévouement, étonnés de tant d’héroïsme, ils les raillent, ils les méprisent, ils les insultent; ils les appellent mercenaires, aventuriers, eux qui n’ont pas rougi d'appeler sous leurs drapeaux homicides la lie, la boue des grandes villes de la vieille Europe.

Mais, à leur honneur, ils en ont pris fièrement leur parti ; ils se sont glorifiés de ne pas rougir de leur foi! Le monde, dont la vie est devenue toute païenne, les croit disgraciés, et il dit en secouant la tête, en voyant passer ces jeunes soldats: Ah! ce sont donc là les défenseurs, les vengturs de la Papauté ? que peuvent contre nous, contre nos armées nombreuses et aguerries, ces jeunes aventuriers ?

Pour eux, au milieu des obstacles, malgré les perfidies, les trahisons, méprisant les vaines clameurs, ils sont venus donner leur sang, ils sont venus, sans peur et sans re-

proche, mourir au pieds duSouverain-Pontife.

Oui, ils étaient dignes de cet honneur et de verser leur sang pour le Christ. Etre guerrier comme tant d’autres, c’est un honneur, c’est une gloire ; toujours et dans tous les pays, les hommes admirent l’honneur, la fidélité, le sacrifice du soldat qui verse son sang pour la défense de son pays. Mais être guerrier pour sa foi, se faire le soldat de Dieu et le défenseur de sa cause, alors surtout que tant d’autres n’osent se monirer; c'est là, jeunes martyrs que nous

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glorifions aujourd’hui, votre gloire et la plus nobie et la plus pure.—‘ Agonizare pro justitiâ, pro anim tuâ ; et usque ad mortem certa pro justitià, et Deus expugnabit pro te inimicos tus.” Lutte pour la justice et pour le salut de ton âme; pour la justice, combats jusqu’à la mort; et, pour toi, Dieu renversera tes ennemis.

À toutes les époques, même dans les temps appelés barbares, alors que le droit public, qui règle les relations des peuples entre eux, n'existait pas, la violation des traités

était considérée comme une infamie.—Comment le roi de Sardaigne at-il procédé contre celui qu’il appelle hypocritement son Père, et auquel le Père, dans son immense douleur, donne le nom de fils dégénéré ?—Le 10 septembre, Victor-Emmanuel, agissant contre le droit, et violant les traités les plus sacrés, intime à Pie IX l’ordre de licencier ses volontaires. La menace de l'invasion est à peine arrivée à Rome que les bandes révolutionnaires, suivies d'une armée dix fois plus nombreuse que l’armée de Pie IX, envahissent le patrimoine de St. Pierre. Quel nom donnez-vous à cette manière d’agir et de combattre, je ne dis pas, de la part d’un Empereur du Japon, où de la Cochinchine, mais de la part dun roi civilisé, d'un roi catholique, de la part surtout d’un prince de la maison de Savoie qui compte tant de saints dans sa famille, envers celui qu’il appelle “ Très-Saint Père,” et auquel il demandait naguère sa bénédiction.— C’est une injustice, dites-vous :

ah! c'est plus qu'une injustice, c'est une trahison, c’est une lâcheté, c’est une cruauté,

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c’est une félonie. Tous les hommes honorables, à quelque parti qu'ils appartiennent ; tous,la qualifient comme nous la qualifions. Il y a de ces choses qui n’ont qu’un nom pour tous ceux .qui ont de la conscience et de la pudeur. Pour eeux qui ont de la consoience et de la pudeur, le bien s’appelle toujours le bien ; le mal se nomme le mal; l'injustice s’appelle toujours l'injustice, même quand elle est commise par ceux qui portent la couronne. C’est ainsÿque les farouches Iroquois, il y a deux ,éents ans, dispersaient leurs bandes altérées de sang par tout le pays, -faisaient trembler les habitants de Québec et de Montréal, enveloppaient toute la colonie dans un immense réseau de sang, enlevaient les chevelures, s’abreuvaient du sang de leurs victimes et répandaient partout la terreur et la consternation.

Dans les premiers siècles, alors que le sang chrétien rougissait les places publiques, la veille du jour où les condamnés à mort devaient lutter contre les tigres et les lions, dans l’amphithéâtre de Rome, l'Eglise donnait une nourriture divine au chrétien, au soldat qui devait combattre pour la Foi.

Les confesseurs du Christ recevaient dans leurs cachots la victime sainte, le Roi des martyrs; fortifiés par cettenourriture divine, ils étaient prêts pour le combat ; ils pouvaient dire, en présence des bêtes féroces prêtes à les dévorer et à la vue d’un peuple altéré de leur sang: “Je vis maintenant, non pas moi, mais le Christ vit en moi.”

Ainsi, la veille de la bataille de Castelfidardo, dans le sanctuaire béni de Lorette, le général en chef, le marquis de Pimodan et

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leurs compagnons d'armes, purifièrent leurs âmes et reçurent, pleins de foi, l’hostie eucharistique, gage de vie et de résurrection.

Soldats, défenseurs de la justice ! prenez vos armes ; armez-vous de courage : vos ergo, filii, confortamini ; (1) combattez vaillamment pour la défense de la loi: vüiriditer agite in lege, quia in ips@ gloriosi eritis ; c’est elle qui vous comblera de gloire. Tenez vous prêts et combattez contre ces nations assemblées contre nous. Æstote parati in mané, ut pugnetis adversus nationes has quæ convenerunt adversus nos. Le jour venu, les deux armées sont en présence ; Judas parut dans la plaine, accompagné seulement de 3,000 guerriers, qui n’avaient ni épées, ni boucliers: Et cum dies factus esse, apparuit Judas in campo cum tribus millibus virorum tantum qui tequmenta et gladios non habebant.

Et il reconnut que l’armée des nations était forte, environnée de cuirassiers et de cavalerie : Æt viderunt castra gentium valida, et lorivatos, et equitatus in cireuitu eorum. Soudain la trompette sonne la charge :

Soldats! soyez sans peur ; serrez Vos rangs; voici l'heure du combat, l'heure du sacrifice ; voici le champ de mort, voici le champ du sang où Dieu vous appelle ; du haut des cieux, les anges vous contemplent et vous préparent des couronnes. C’est ici qu’il faut mourir pour ia défense de la loi:

Meliàs est nos mori in bello, quèm videre mala gentis nostræ et sanctorum.

Voyez-vous cette phalange catholique, ces

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(1) Mach. I, ch. 4.

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