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les dents des tigres et des léopards.—A tous l’histoire apprend, combien de fois l'Eglise condamnée à périr par le glaive, vit les armes tomber des. mains froides ei glacées des grenadiers et des soldats de la garde ; combien de fois le glaive s’est brisé dans les mains de ses ennemis.
‘ Dieu dans la profondeur de ses conseils sait tirer le bien du mal, il sait faire servir à ses desseins les passions et les vices mêmes des hommes.” Les peuples de l’Europe, entièrement aux intérêts matériels, avaient besoin de ces actions de grandeur et de sacrifice ; ils avaient besoin de l’éclatant exemple de foi donné par nos généreux martyrs. Avoir protesté contre le blasphême, contre l'injustice et les moqueries insultantes des méchants ; s'être glorifiés de ne pas rougir de leur foi, c’est un courage plus grand que d’avoir combattu comme des lions, à Castelfidardo, contre un ennemi dix fois plus nombreux.— Et qui leur donnait ce grand courage, si cen’est l'espérance de l’immortalité ? ‘ Spes ilorum immortalite plena est.” Aüinsi, dans la forteresse d’Ancône, Lamoricière plus encore par la confession de sa foi que par sa défense héroïque, ravit l’estime du monde, et c’est à lui que l’histoire réserve ses lauriers.
Non, la cause du droit n’est pas tombée avec ses valeureux défenseurs. Le dire, ce serait un mensonge. La cause reste debout, et c’est la cause de la liberté, de la propriété, de Ia famille, c’est la cause de Dieu.
Non la cause de la justice n’est pas perdue, quand tout le monde catholique gronde et frémit, quand sont donnés de si grands exemples de fot et de sacrifice.
Le jeune Comte de Lamascal fut blessé à Castelfidardo—Sa pieuse Mère était accourue de France pour assister à l'Hôpital d’Osimo son enfant bien-aïimé—Celui-ci, plein d'une admirable patience et d’une parfaite résignation, sentant que sa fin approchait, et qu'il allait recevoir la palme reservée à son sacrifice, dit à sa Mère d’un ton calme et joyeux: “Maman, je vais mourir: ? “et bien!
mon cher enfant, répondit cette Mère admirable, digne de vivre éternellement dans la mémoire des bons, récitons le Te Deum;” et pendant que la mère et son enfant récitaient ensemble l'hymne d’actions de grâces, le Défenseur de la Foi, le jeune Martyr rendit paisiblement son âme à Dieu.
Et cette autre Mère, Veuve, qui n’a qu’un Fils unique, qu’elle donne avec amour à Dieu et à son Eglise, que dit-elle? Quelles plaintes amères fait-elle entendre, en apprenant la triste nouvelle de la mort de son enfant, George d'Héliand : ?” Je devrais remercier Dieu des grâces qu’il a accordées à ce cher enfant, pendant le peu de jours qu’il à passés sur cette terre ; plus heureuse que bien des Mères, j'ai pu jouir un instant de sa bonne conduite.—-Puis, pour le préserver des dangers qu’il devait encore rencontrer, et pour le recevoir avec un cœur pur et sans Kouillures le bon Dieu me l’a repris : ? que son saint Nom soit béni. ?
O mères admirables!—Mais, Ô mon pays!
quel bonheur pour toi de posséder dans chacune de tes belles paroisses tant de mères capables d’aussi grands et d'aussi nobles sacrifices! Gloricuse vérité proclamée par un des plus grands orateurs dela France et du monde entier.
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M. F., pour trouver des sentiments aussi grands, aussi nobles, aussi sublimes, aussi chrétiens il faut feuilleter bien des pages de l’histoire, il faut reculer jusqu’à l’époque des Martyrs, il faut lire leurs prières, il faut écouter les derniers adieux qu’ils “’adressaient.—Ne vous semble-t-il pas entendre la Mère généreuse des Machabées qui s'adresse à son enfant : ‘ Mon enfant, mon enfant, regardez le Ciel. ? Pete, nate ut aspicias cœlum—"” (1) Ne craignez pas ee bourreau cruel; ta jfiet ut non timeas carnificem istum ; mais vous rendant digne d’avoir part aux souffrances de vos frères, vous recevrez de bon cœur la mort.—Sed diqnus fratribus tuis, effectus particeps, suscipe mortem.
Que tous ces exemples vous consolent, relèvent vos courages, confirment ves espérances et soulagent vos consciences catholiques. Ah, je le répète, quand de tels sentiments se manifestent avec énergie et avec ensemble, croyez-le bien, la cause du droit n’est pas perdue.
Qui donc viendra au secours du Pontife opprimé ?—Tous ceux qui portent la couronne, qui ont del'or, des vaisseaux rapides, des milliers d’hommes et des canons rayés pour défendre et maintenir l'intégrité de l’Empire Turc, n’ont pas de soldats, ni de canons rayés, pour défendre et pour maintenir le patrimoine de St. Pierre. Ils abandonnent ou le trahissent. Il n’a plus d'armée ; elle a été trahie, assassinée en un jour. Où sont donc ses défenseurs ?— MF, AHphus l’origine des sièeles, le droit
(1) noi, . VII.
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représenté par la faiblesse et défendu par la faiblesse, a plus d’une fois triomphé de la force ; et ce secours de Dieu n’est jamais plus efficace et plus manifeste, que lorsque tous les éléments semblent déchaînés contre l'Eglise ; que lorsque la mer est plus furieuse, la tempête plus forte, la barque plus fragile, et que les passagers inquiets, au milieu de la tempête, s'adressent au pilote divin, à Jésus qui semble endormi au fond de la barque : “ Domine, salva nos, perimus.”
& IL y a dix-huit siècles, sur une colline de la Judée, en face de Jérusalem, des soldats jetant leurs dés devant une croix, tiraient au sort les vêtements du Juste, condamné à la mort des esclaves par le suffrage universel des juifs....…....Un peu plus loin, sur la même colline, les gardes armés du Prétoire, et des soldats romains, font cercle autour de la victime, protègent de leurs armes les joueurs et le tirage au sort, afin qu’il devienne un fait accompli.— Diviserunt scbt vestimenta mea, el super veslem meam, miserunt sortem.
& Mais, bien au-dessus de ces joueurs et de ces soldats qui tirent au sort la robe du Christ, Dieu, qui en définitive, gagne seul et toujours dans les jeux des hommes, changeait le tirage au sort des vêtements du Juste dans le fait accompli de PHomme- Dieu mourant sur la Croix.—Et au-dessus des tyrans, des servitudes et des clameurs insensées, cette Croix plantée sur le haut du Calvaire, brille et éclaire le monde; symbole d'amour, de liberté et de la justice Cternelle, cette Croix condamne à
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fu- est remplacée par celui qui la représente | us | sur la terre, par celui qui depuis plus de | ni- dix siècles porte sur son front vénérable sa | te triple couronne de Roi, de Père et de |
nd À Pontife. — Victime Auguste, exemple de
s. douceur et de mansuétude, Pie IX, est au | regard du ciel et de la terre, le seul vrai de chef, non du peuple romain en particulier, | ats mais de toutes les nations de l'Univers. C’est | ent lui, qui, comme un autre Gabriel, a salué | Œ Marie du nom d’Immaculée ; c’est lui qui a | er- | révélé au monde sa pureté originelle.—Il | sur est le meilleur ami de la liberté de l’Italie, | r'é- \d le rénovateur également vrai, bien que mé- | cle 1 connu, de son indépendance. Il est le père | urs | d’un peuple qui prépare son supplice.— | fin Malgré la variété de la forme, les coupables, { unt ! même les criminels de génie, doivent se | im dire une fois pour toutes qu’ils ne seront jamais que les copistes et les plagiaires des | | et | bourreaux du Calvaire.—Diviserunt sibi ves- | du | à timenta mea, et super vestem meam miserunt | seul sortem. Ils ont partagé entre eux mes vêé- 168, 4 tements, et ont jeté ma robe au sort.” (1) | nts 4 Mais comment se fait-il, me demandezme- : vous, que dans des pays éminemment catho- | sus à liques, comme les États qui composent | urs . l'Italie, arrosés du sang des martyrs, où | aut 1 l'instruction religieuse est si répandue, où de ; la civilisation est si avancée, nous soyions les juse à f (1) Math., ch. XX VII.
témoins d’actions qui nous font reculer jusqu'aux temps des Julien l’Apostat, des Domitien et des Néron, actions si opposées à la justice, et qu’un si grand nombre d’insensés travaillent à la ruine d’un état de choses qui a fait jusqu'ici la gloire véritable des Italiens ? —AÀ cette question, la réponse est facile.
C’est qu'il y a deux Italies... .l’une Catholique, et l’autre qui ne l’est pas. Il y a une Italie catholique, soumise à la loi de Dieu et à celle de l'Eglise, guidée par le droit et le sentiment catholique; cette Italie, elle est aujourd’hui, comme toujours, grande, digne et noble— ; cette Italie est attachée fortement au représentant de Jésus-Christ ; elle réprouve hautement les actes tyranniques et barbares de ceux qui ne rèvent que ruine et pillage.—A côté de celle-là, il y en a une autre, impie etrévolutionnaire, qui veut renverser l'Eglise, et qui pour parvenir à ses fins, veut détruire le pouvoir temporel du Pape.
C’est l'Italie des sectaires, l'Italie des s0ciétés secrètes, l'Italie des Carbonari ; c’est l'Italie telle que l'ont faite le théâtre immoral, le roman impur et les mauvais livres.
C’est cette Italie qui est soulevée, payée, armée par l’impiété et par l’hérésie ; par l’hérésie qui, chaque jour, par ses journaux, 868 pamphlets, ses hommes publics, ‘ nous représente Rome et l'Italie comme un sépulcre,” et qui pour la régénérer et la ressusciter veut qu’elle achète ses bibles falsifiées, marchandise qu’elle n'oublie jamais, et qu’elle jette sur ses nombreux navires, avec les balles de coton et l’opium.—Oui, nous pouvons le dire hantement, librement et aans crainte : À ceux qui nous demandent
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qui a fait cette Italie impie et révolutionnaire? qui a “semé l’ivraie dans le champ du Père de famille ?”—Nonne bonum semen seminasti în agro tuo? Unde ergo habet zizania ? (1) Nous répondons sans crainte: Non ce n’est pas la doctrine de l'Eglise; c’est son ennemie, c’est l’hérésie qui depuis un quart de siècle a semé, à pleines mains, l’ivraie dans le champ du Père de famille “ Znimicus homo fecit” C’est cette puissance ‘ qui excite, fomente, paie et patronne toutes les révolutions.” .......
Voyez, comme elle applique, selon ses intérêts, et avec sa fausse balance, le prinoipe nouveau de non-intervention. Secourir Garibaldi, protéger de ses vaisseaux armés ses débarquements en Sicile et dans le royaume de Naples, lui fournir ses canons et ses soldats de marine, dans les moments critiques, comme à la bataille du Volturne ; ah! ce n’est pas intervenir ; ce n’est pas agir contre le principe nouveau de non-intervention. Il s’agit, voyez-vous, d’abaisser une nation catholique, de faire de ce pays un nouveau Portugal, de faire descendre du trône un jeune Roi, un roi catholique, lâchement trahi et abandonné, ‘jouant sa vie et sa couronne dans un effort et une lutte suprêmes où il est sûr du moins desauversa dignité et son honr eur—Que des troupes non italiennes occupent la ville de Rome, ce n’est pas intervenir; ce n’est pas, dit l’hérésie, agir contre le principe nouveau de non-intervention. Pendant cette intervention armée, l’armée de Pie IX, surprise et trahie, est détruite en un jour.—
(1) St. Math., ch. XUIL.
Elle approuve, elle applaudit, elle trappe des mains. Mais celui qui habite au haut des cieux se rit de ses vains projets. * Qui habitat in cœlis, trridebit eos ; et subsannabit eos.” (1)
ît la race injuste aura une fin funeste.
(Nationis enim iniquæ dire sunt consummationes. (2)
Etes-vous le Christ, le Fils de Dieu, dit Caïphe, le Grand Prètre; je vous commande de le dire, par le Dieu vivant: Adjuro te per Deum vivum, ut dicas nobis situ es Christus, Filius Dei? Dixit illi Jesus. Tu dixisti. — Jésus lui répondit; vous l'avez dit; je lesuis. Tu es Rex Judæorum ? — Etesvous le Roi des Juifs? demande Pilate, le Représentant de l'Empereur. Jésus lui répondit: vous le dites; je le suis; Aespondit, tu dicis.
Au milieu des cris, des imprécations, des rugissements des Juifs, entendez-vous ces paroles déicides? Crucifiez-le; il est digne de mort: Crucifige, reus est mortis.—Kt au-dessus de sa tête couronnée d’épines, ils mirent une inscription pour dire la cause de sa mort.” Æt imposuerunt super caput ejus causam ‘psius scriptam: “* JESUS NAZARENUS REX JUDŒORUM, ” Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. Etesvous Souverain-Pontife? Le Pasteur’ de l'Eglise Universelle? demandent à grand cris les Caïphe modernes : et Pie IX leur répond : Vous le dites ; je le suis. Etes-vous le Roi de Rome ? s’écrie le Pilate de la politique.
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