‹ Discours prononceChapitre 4 sur 12 · ON BLAME D'ABORD LES CATHOLIQUES ROMAINS D'AVOIR FAIT REJETER LE BILL · texte numérisé non relu

ON BLAME D'ABORD LES CATHOLIQUES ROMAINS D'AVOIR FAIT REJETER LE BILL

Au sujet du bill actuellement devant la Chambre, lorsqu'il fut rejeté à la dernière session, il existait parmi les auteurs du projet une prédisposition à blâmer les députés conservateurs catholiques romains qui s'y étaient opposés et de tenir peu compte des protestants libéraux. Je pourrais référer à un discours que l 'non. député de Hastings-est, (M: White,) a prononcé à Ottawa, que l'hon. député de Montmagny, (M. Landry,) a lu dans cette Chambre et qui est reproduit dans le Hansird de 1883. Je référerai anssj à un discours de l'hon. député de Hasting-est, prononcé à Winnipeg et dans lequel il dit :

" A la première lecture, la section catholique romaine delà Chambre avait

montré beaucoup de sympathie, mais ces députés avaient été forces de voter

re le bill, sans doute par les instructions qu'ils avaient reçues des évêques

et des prêtres. Aucun pays ne devraient consentir à se laisser conduire par les

évêques, les prêtres ou les ministres d'aucun culte. Les libéraux ont dit très

peu de choses sur cette question. Les trois députés réformistes du Manitoba ont agi noblement rmais les autres étaient indécis sur la conduite à tenir. On me conseilla de consulter Mr. Blake, mais j'ai refusé de le faire parce que ce monsieur est un protestant ultramontain.

" Plusieurs amis de l'ordre n'ont pas agi comme ils auraient dû. Ils ont oublié qu'ils devaient leurs sièges aux Orangistes, et ils ont craint que cela les tuerait de voter pour le bill. Je leur ai dit qu'ils signaient leur arrêt de mort quand même.

" Le parti conservateur n'a pas été aussi fidèle à notre cause qu'il aurait dû l'être, mais je conseille de leur donner une nouvelle opportunité, sf le bill était rejeter une troisième fois, je demanderai le vote au scrutin secret. "

Vous voyez là, monsieur l'orateur cette disposition dont j'ai parlé, à blâmer les Catholiques romains qui ont voté contre le bill et à passer légèrement, sur les libérax protestants, comme l'a fait l'hon. député à Ottawa.

A Winnipeg, le major White à dit :

" L'association n'a pas l'influence qu'elle devrait avoir parce que ses membres ne sont pas fidèles les uns aux autres. Les frères devraient voir a posséder des représentants sincères dans tous les corps municipaux ou législatifs. Par le passé, ils avaient adopté le principe large que la croyance religieuse d'un homme ne devait pas êtres un empêchement à ses préférences politiques ; mais par leur conduite en Chambre les députés catholiques romains ont démontrés qu'ils ne pouvaient pas représenter les protestants et encore moins les Orangistes."

Là encore vous voyez les mêmes dispositions, une disposition à blâmer les député conservateurs catholiques romains de ne pas voter pour le Bill, à déclarer que c'est un projet de loi qu'ils devaient supporter, et à les ostraciser dans les question parlementaires et municipales.

M. WHITE. Nous leur accorderons l'absolution avant les prochaines élections.

M. BLAKE. Je suis heureux de voir que l'honorable député a le courage et la franchise de l'avouer. L'organe officiel de l'associatian Orangiste dit :

"La bigoterie déployée lundi par tous les députés français et catholiques romains delà Chambre des Communes nous a ouvert les yeux et à l'avenir nous saurons ce que nous avons à faire. Comme nous l'avons déjà dit, bien que les réformistes aient agi follement et illibéralement, nous croyons qu'une excuse à leur conduite peut être trouvée dans l'état actuel de la politique Canadienne ; mais il n'y en a pas à la conduite des députés conservateurs catholiques romains. Et c'est sur eux que retombe en très grande parti la responsabilité de notre défaite."

Ici encore vous voyez le plan adopté par les , auteurs du bill ; ils étaient décidés à accuser les catholiques romains — réformistes ou conservateurs mais surtout les conservateurs — d'être la cause du renvoi du bill, La Sentinel dit :

" Depuis des années les orangistes de la Confédération, sous divers prétextes politiques, et pour répondre aux exigences des partis politiques, ont été induits à voter pour des catholiques romains ; mais l'intolérance bigote avee laquelle on a répondu à notre libéralité, lors du vote sur le bill, nous ôte toute possibilité de renouveler cette faute."

Au sujet du chef du parti conservateur la Sentinel ajoute :

11 Le chet du parti conservateur a été aecusé de manquer de sincérité dans ses efforts pour faire passer le bill, bien que nous croyons que personnellement il a agi avec la plus grande sincérité envers nous et a employé toute son influence pour faire cesser l'injustice dont nous nous plaignons, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que c'est le premier bill depuis 1878, ayant son approbation et ses sympathies qui ait obtenu un si petit nombre de votes."

Cela, monsieur l'orateur, c'était le point de départ. C'est le plan que les promoteurs du bill avaient adopté pour faire la campagne politique qui devait

Issnrer la seconde lecture du bill à cette session. Après leur défaite ils ont été assez honnêtes pour dire qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à grand chose de la part des réformistes. Mais ils ont dit qu'ils avaient le droit de s'attendre à voir les députés conservateurs catholiques romains les appuyer, et dans les ■xtraits que je viens de lire, ils font voir les vrais principes de leurs principaux chefs quant a l'ostracisme qu'ils se proposent de prononcer contre les catholiques romains, par suite du vote des députés conservateurs catholiques sur le bill. J'ai dit que dans Ontario la société Orangiste était principalement une organisation politique, et j'ajoute qu'elle fait passer toutes les autres considérations— ainsi le veulent les chefs — après les considérations politiques et de parti. Cela est démontré par la conduite qui a été suivie ensuite. On changea de tactique car on s'imagina qu'il ne servirait à rien d'accuser les catholiques romains conservateurs d'avoir fait d-i l'opposition au bill; que cela pourrait nirre à leurs alliances politiques; qu'on devait tout l'odieux de la chose sur les protestants libéraux et sur moi particulièrement, en ma qualité de ce qu'ils appellent un protestant uitramontain. Cela ne ferait pas l'affaire de continuer à diie que le mal a été fait par les conservateurs catholiques romains et d'empêcher ces derniers de revenir en parlement; et l'honorable député n'a pas attendu aux prochaines é ections pour leur accorder l'absolution II accorda l'absolution sur le champ et mit la faute sur nous, dont pendant quelque temps il disait avec assez de raison, qu'il ne pouvait pas attendre grand chose. Et pourquoi cela a-t-il été fait?

M. WHlf E (Hastmgs). Lisez ce que j'ai dit.

M. BLAKE. J'ai lu ce que l'honorable député a dit, et il n'est pas encore satisfait. Je ne puis pas lire tous ses discours, mais je vais essayer de le contenter. Immédiatement après le renvoi du bill il y a eu à Ottawa une ,'issemblée dont j'ai déjà parlé. A cette assemblée on lui présenta une adressa dans laquelle il était dit :

" Ce qui a eu liou en parlement au sujet du bill pour constituer légalement l'Association Orangiste, nous donne une leçon amère mais salutaire et qui portera des fruits en temps opportun. Tout en repoussant tout esprit d'intolérance nous déclarons dès aujourd'hui que les catholiques romains doivent se préparer à récolter ce qu'ils ont semé, et si nous sommes de si grands per: urbatcurs de paix qu'ils le disent, à l'avenir nous nous abstiendrons de vo'er pour eux, et nous les priverons ainsi de la possibilité de nous humilier en r . sant de nous accorder les mêmes droits que nous leur avons si souvent acco;Uv0 de grand cœur."

La réponse de l'honorable monsieur fut comme suit:

" Plusieurs conservateurs m'ont demandé et m'ont supplié de ne pas les ruiner, ftais j'ai repondu que je serais fidèle à l'Ordre avant tout. Une autre erreur été d'élire un Français à Russell et un Irlandais catholique, (Mr. Raskerfele,) dans la ville d'Ottawa. J'ai maintenant honte de mes actions ; je crois fceles Orangistes me pardonneront de leur avoir demandé de voter pour Basker- , ville. Il y à très peu de Hawkins. Un député catholique romain, dout je tairai le nom m'a déclaré privément : " Comment puis-je voter,pour ce bill quand le prêtre dit qu'il a reçu du Pape le pouvoir de damner tous ceux des électeurs qui voteront pour un député qui aura soutenu un bill semblable." Si les conservateurs ne veulent pas nous être fidèles soyons réformistes. Nous sommes ■ttjourd'hui entre le diable et l'abîme— entre les catholiques romains et les réformistes."

M. WHITE. (Renfrew) Un mot; je crois que l'honorable monsieur lit cela dans le Free Press d'Ottawa.

M. BLAKE, Je lis dans le Hansard. Je re sais pas où ce rapport a été mais 1 a été lu en chamb e et '!; déj é e l'a pas renié,

"Je remercie sincèrement les, réformistes qui ont supporté le bill. Je que Mr. Blake a fait une faute en votant contre la seconde lecture. Il a p< l'occasion de s'emparer du vote compacte des Orangistes d'Ontario. "

Page 1