La garantie de nous laisser parler francais
Eh. bien ! de ces trois principales clauses inscrites en grosses lettres dans notre acte de capitulation, acceptées et promises sous la foi du serment, signées et approuvées par l'Angleterre, l’une a déjà éte violée ; on travaille à en saper une autre ! Répudiant tout scrupule, le gouvernement an:
glais uous a d’abord ravi l’usage de la lan.
gue fronçaise devant les hautes cours de
justice. Nous avons réclamé ; mais on est resté-sourd à nos réclamations,
“ Ce-premier pas fait, jusqu’où.n’ira-t'on pas dans ce grand œuvre de destruction de tout ce qui nous vient de la France ?
Sur la demande de quelques Anglais, on s'occupe dejà de faire un remaniement dans nos codes, et, quand la population entière s'adresse à la métropole peur obtenir la révocation d’un. ordre qui rend les affai: res impossibles sans l'intervention très coûteuse d’hommes de loi et de traducteurs etqui, de plus, blssse profondément les coeurs créoles, on lui dit de se taire! Quand elle demande à grands cris la révision des lois insuffisantes qui facilitent la prorogation de miasmes méphitiques, on ne l’entend pas ! Quant elle réclame une enquête sur les circonstances qui ont pu introduire chez elle la cruelle épidémie qui, depuisplus de quatre mois, porte la mort dans ses rangs, on lui dit qu’elle se crée des chimères ! En même temps, et comme pour éloigné l’esprit public de cette idée, on a l’air de re mettre sur le tapis une question déjà résolue et votée celle des chemins de fer!
‘ Antre grief, —lorsque l’épidémie règne
chez nous que notre municipalité a besoin:
d'argent pour les soins à donner à la classe pauvre, le gouvernement n’en a pas à prê‘ ter, parce que les réserves financières de la colonie se prêtent au Cap, à l’Tude, à Cey' lan, à. la métropole même, ”
Ainsi, M. le Président, l'Ile Mane rice qui, aux termes de son trai‘é de capitulation, devait conserver lusage de sa langue, de ser institutions particulières et de ses lois, se voit bientôt enlever l’usage de sa langue ; ses lois sont changées el ses institutions sont opprimées. C’est là, M, le Président, l'espèce de liberté dont nne colonie française peut jouir sous le régime co:
lonial de l'Angleterre, lorsque cette colonie est faible et qu’elle ne se trouve pas, comme le Canada, dans fe voisinage d’une république puissante comme celle des Etats-Uuje.
Je crois, M. le Président, avoir démontré ampleinent quel a été de tout temps l’esprit d'antagonisme des deu x.
râces anglaise et française sur Îles deux cortinents, et quel a té l'es:
prit d'agression de l’élément anglais:
contre notre population depuis l’origi* ne de la colonie jusqu'a à nos jours ;.
nous avons vu le fanatisme colonial.
s’attaquer à nos institutions, À notrelangue, à nos lois, et notre anéantisse:
ment comme trace être le but évidem.
de ses constants efforts. Aujourd’hui,.
pouvons-nous croire qu’il en est autre’ ment, et.cette unanimité de l’élément anglais en faveur de la confédération ne doit*elle pas nous effrayer; sons ces dehors de conciliation, n’y a‘t‘il pas notre perte ?
Oui, M. le Président, consultons l’histoire de notre pays aÿant d'opé*
rer un changement aussi radical dans notre eonstitution ; reppelons'nous avec terreur ces luttes et cet antago:
nisme qui ont prévalu dans le passé, et efforçons:nous de juger sûrement des résultats nécessaires d’un chan:
gement constitutionnel aussi grave que celui qui nous est proposé. Econ:
tez ! écoutez!