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Comme ce corps représente toutes les passions, tous les intérêts, il pousse tout, il écrase tout, il est irrésistible, Pour rendre ce pouvoir moins fort et le sauver de lui-même, il faut donc le diviser en deux chambres composées des mêmes éléments et qui, cependant, ne représentent pas toujours la même pensée. La diversité de leurs points de vue profite à tous: Il y a deux examens faits par des esprits divers.”
Cependant les préjugés sont plus forts que la raison politique. La seconde chambre est rejetée. Montalembert refuse alors de voter en faveur de l'ensemble de la constitution; et il s’en explique comme suit :
“Je suis convaincu qu'il ne peut y avoir ni stabilité pour les pouvoirs publics, ni indépendance pour les simples citoyens, sous un gouvernement où l’omnipotence législative est concentrée dans ‘ne Assemblée unique.” (Lettre sur le vote contre la constitution, » novembre 1848).
Trois ans après le refus d’instituer une seconde chambre, la constitution de 1848 était déchirée, et la seconde République française était morte.
Franchissons une période de vingt années. Nous sommes en 1872. La troisième république vient de naître en fait, mais elle n'est pas encore sortie du provisoire, et son organisme constitutionnel est à créer. L'éternelle question se pose une fois de plus: y aura-t-il deux chambres ou une chambre unique? Une commission parlementaire composée de trente membres délibère sur les projets de constitution. Au milieu de ses travaux elle voit arriver dans son sein l'homme que les événements et la faveur publique ont place à la tête du pouvoir exécutif, après les désastres de l'année terrible. M. Tihiers,—car c'est de lui qu'il s’agit, —M. Thiers, poussé par l'ambition et l'amour du pouvoir, incline visiblement, à cette heure, vers le parti démocratique. Mais il n’en est pas moins doué d’une lumineuse intelligence, et d'un sens politique indéniable. Il a traversé deux monarchies, une république et un empire, Il a derrière lui cinquante ans de vie publique. Et, au nom de sa profonde expérience, il vient plaider devant la commission des Trente la cause de la seconde chambre. “Il faut, ditil, prendre son parti de renverser la république ou de lui donner des organes. Quant à moi, je suis un monarchiste qui a pris son parti de la république, Il faut lui donner deux roues comme à