‹ Discours prononces a la Direction des beaux-arts, 1888-1891Chapitre 20 sur 42 · M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS

Monsieur le Président,

Plusieurs lycées des départements portent déjà, comme ceux de Paris, les noms de grands hommes qui, à des titres divers, ont honoré leur ville natale en même temps que leur patrie.

La France est assez riche en illustrations pour que cette mesure puisse être étendue et il est souhaitable que, peu à peu, la plupart de nos établissements d'instruction nationale proposent ainsi nos grands hommes en exemple à la jeunesse. Le temps qui consacre la gloire et les circonstances qui en imposent particulièrement le souvenir, guideront dans cette voie les chefs de l'Université.

En assistant près de vous, Monsieur le Président, le 13 juillet dernier, à l'inauguration du monument élevé à la mémoire de Léon Gambetta, je me rappelais qu'il avait fait ses études au lycée de Cahors et l'idée m'est venue de compléter la grande manifestation célébrée sur la place du Carrousel, au seuil du Louvre, par une manifestation plus modeste, mais non moins significative. J'ai donc souhaité que, le jour de la distribution des prix du lycée

de Cahors, le représentant du Ministre de l'Instruction publique associât, en votre nom, les concitoyens du grand patriote et du grand orateur à un nouveau témoignage de reconnaissance nationale. Quelques luttes que Léon Gambetta ait soutenues pendant sa vie, quelques divergences que ses idées aient soulevées, il est désormais entré dans l'histoire.

Pouvais-je oublier, en songeant à Léon Gambetta, que, parmi mes devanciers au ministère de l'Instruction publique, avait marqué un de ses amis les plus fidèles ; que Paul Bert y avait apporté sa renommée scientifique, ses idées généreuses, son énergie passionnée? Et, puisqu'il s'agissait de rendre hommage à un homme qui avait bien aimé et bien servi sa patrie, ne convenait-il pas d'accorder un honneur du même genre à celui qui était allé chercher pour elle une mort lointaine?

C'est dans cette double pensée que j'ai l'honneur de soumettre à votre signature deux décrets, qui seront lus le même jour, l'un au lycée de Cahors, l'autre au collège d'Auxerre, par les représentants du Ministre de l'Instruction publique à ces deux cérémonies.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'hommage de mon respectueux dévouement.

Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,

Edouard Lockroy.

Voici, Messieurs, le premier de ces deux décrets : Décret.

Le Président de la République française, Sur le rapport du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,

Décrète :

Article premier. — Le lycée de Cahors prendra désormais le nom de « lycée Gambetta ».

Art. 2. — Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 29 juillet 1888.

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