‹ Discours prononces a la Direction des beaux-arts, 1888-1891Chapitre 39 sur 42 · A VANVES · texte numérisé non relu

A VANVES

5 août 1890.

Chers Élèves,

L'honneur de présider la distribution des prix du lycée Michelet m'impose un devoir auquel je ne saurais me soustraire, celui de vous dire ce que signifie le nom inscrit depuis deux ans sur la porte de cette maison. Aussi bien l'accomplissement de ce devoir me permet-il d'acquitter une double dette de reconnaissance personnelle envers votre lycée et envers celui qui lui a donné son nouveau nom.

Lorsque parut, en i883, le livre dans lequel, grâce à la collaboration posthume de la compagne de sa vie, devenue la pieuse gardienne de sa mémoire, le grand historien racontait sa jeunesse, j'enseignais ici et je

lus ce livre, dans les intervalles des classes, au milieu de votre parc. Quel contraste entre cette lecture et le milieu où il m'était donné de la faire! D'un côté, des pages mouillées de larmes et pénétrées de mélancolie, malgré la flamme d'espérance qui les anime, et racontant une des plus douloureuses initiations à la vie et à la science qu'un enfant puisse subir, au fond d'un vieux couvent transformé en collège, parmi des camarades brutaux, sous des maîtres recrutés à la hâte. De l'autre, la plus riante demeure que la sollicitude d'un pays qui aime sa jeunesse ait pu lui préparer, une population d'élèves chez qui, je le déclare sans flatterie, ceux qui l'instruisent se plaisent à constater toutes les qualités de nos Parisiens sans leurs défauts et qui vient, cette année, de donner son premier admis, j'entends sa tête de promotion à l'Ecole normale supérieure, des maîtres de premier ordre, auxquels je puis rendre ce témoignage depuis que je ne compte plus parmi eux. Je sais quels souvenirs vos aînés ont emportés de cette demeure et j'espère qu'à leur exemple, vous n'aurez jamais que des pensées reconnaissantes pour le temps que vous y aurez passé vous-mêmes. Ce que je puis vous assurer, c'est que ceux qui y ont enseigné comptent cet enseignement parmi les meilleurs souvenirs de leur carrière. H y a peu de maisons d'études auxquelles on s'attache autant qu'à celle-ci, et la preuve c'est que j'y retrouve la plupart de ceux dont j'avais, il y a sept ans, l'honneur d'être le collègue. J'ai senti moi-même le charme

puissant et doux qui se dégage de ces murs et de leur entourage; je les avais quittés avec regret, je m'y retrouve avec bonheur, et rien ne pouvait m'être plus agréable que l'affectueuse démarche de votre proviseur me demandant d'y revenir pour quelques heures. Il voulait bien me dire que l'amical souvenir de mes anciens collègues avait inspiré son choix; leurs sentiments répondent aux miens, et je pense comme eux sur cette personne morale qui est le lycée de Vanves et que contribuent à former une nature admirable, des souvenirs qui sont déjà un honneur pour l'Université, une solidarité cordiale entre tous ceux qui, maîtres ou élèves, lui ont donné une part de leur vie.

Cinq ans plus tard, un ministre auprès de qui j'occupais un poste de confiance s'étonnait que, seul à Paris, votre lycée n'eût pas d'autre nom que celui de sa situation géographique et, le 3o mai 1888, il venait vous notifier le décret portant qu'il s'appellerait désormais le « Lycée Michelet ». Je n'ai pas à faire l'éloge de M. Edouard Lockroy qui, dans son passage à la tête de l'Université, n'a laissé que sympathie et reconnaissance parmi tous ceux qui l'approchaient, mais il m'est permis de dire combien je suis heureux d'avoir à donner devant vous l'explication d'une juste mesure prise par un homme qui m'a personnellement comblé des marques de son affectueuse estime et auquel je ne serai jamais trop reconnaissant.

Je crois rendre fidèlement la pensée de notre ancien ministre, chers élèves, en vous disant qu'il se propo-

sait un double but : réparer par un hommage national les injustices du sort envers Michelet enfant, et donner à tous ceux qui s'instruisent ici une leçon permanente de force morale et de patriotisme.

L'enfance de Michelet! Je ne crois pas que jamais, au seuil de la jeunesse, un être humain ait rencontré plus de souffrances imméritées. Vous connaissez la comparaison gracieuse et touchante par laquelle il se définit lui-même : « Je suis né comme une herbe sans soleil, entre deux pavés de Paris. » Dans la pauvre demeure de ses parents, toujours changeante et comme ballottée par les flots de la misère, il assiste à la lutte désespérée de son père contre la tyrannie des hommes et la fatalité des événements, aux longues tortures de sa mère sous l'étreinte de la maladie. Il a faim et il a froid : « Rue des Saints-Pères, dit-il, c'était pour moi un régal d'avoir quelques légumes un peu assaisonnés; rue de Périgueux cela m'eût semblé l'abondance du riche. Le plus souvent je partais pour le collège à jeun, l'estomac et la tête vides. Je calculais sur la route ce que je pourrais bien acheter pour tromper ma faim. Le plus sage eût été d'entrer chez le boulanger; mais comment trahir ma pauvreté en mangeant mon pain devant mes camarades? D'avance, je me voyais exposé à leurs rires et j'en frémissais. Malgré les adoucissements qui sont venus plus tard, je porte toujours ces temps en moi. Ma taille, plus petite que celle des autres membres de ma famille, une maigreur singulière des extrémités, rap-

pellent que mon enfance ne fut point nourrie. Mes privations peuvent se résumer en trois mots : jusqu'à quinze ans, point de viande, point de vin, point de feu. Ma chétive figure reste comme un monument de ces temps de deuil. Les cicatrices de ma main droite témoignent de tant d'hivers passés sans feu. » En même temps que la souffrance physique, il éprouve le ridicule, et cela dans l'âge où, selon le mot d'un grand poète, « la jeunesse nous enfle le cœur d'une fierté impériale ». Il va, en toute saison, vêtu d'un « petit habit tête de nègre », à travers lequel « la bise le transperce jusqu'à la moelle des os » et qui fait rire ses camarades. Pour paraître convenablement à la Saint-Charlemagne, il emprunte l'habit de son père, et il plaisante lui-même l'étrange figure qu'il devait offrir sous cet accoutrement : « J'endossai son habit crottin de cheval, sa culotte noire et, ce qui acheva de me rendre tout à fait remarquable dans les boues de l'hiver, des bas blancs. »

A cette époque de crise sociale, ses camarades, rudes enfants d'un quartier populaire où souffle depuis vingt ans un vent de brutale violence, ses camarades sont encore loin de cette familiarité cordiale devenue la règle de notre Université, où il n'y a plus de souffredouleurs. Ils le trouvent ridicule, vous ai-je dit, et ils le lui font sentir durement; ils le raillent et, s'ils ne le battent pas, c'est que de plus forts, émus de pitié, le prennent sous leur protection. L'enfant ainsi humilié est une nature délicate, fière, profondément

sensible, qui a le besoin d'aimer et d'être aimé. Aussi, son angoisse morale est-elle terrible et, à soixantedix ans de distance, ses cris de révolte nous serrent le cœur. Un jour que toute la classe se moque de lui, il lui vient une vraie fureur de désespoir et de vengeance : « Si j'avais eu les bras de Samson, écrit-il, il est sûr que le plafond m'aurait écrasé, moi et les railleurs. » Résultat, une tristesse méfiante, qui aurait fané dans sa fleur et à jamais gâté une nature moins vivace : « Je crus, dès lors, tous les hommes mauvais ; je pris le parti de m'isoler complètement, de ne parler à personne, de ne voir personne, s'il se pouvait. Je tombai dans une misanthropie rare chez les enfants. Dans le quartier le plus désert, le Marais, je cherchais les rues les plus désertes. » Il se console par le travail, un travail acharné et, peu à peu, à force de succès, il intimide et désarme les railleurs. Ici se place une anecdote que je me reprocherais de ne pas citer et qui fait luire, à travers cette sombre jeunesse, un éclair de joie et comme un de ces premiers feux de la gloire, si puissants et si doux, dont parle Vauvenargues. Un jour où il avait écrit un remarquable discours français, son professeur, Villemain, après l'avoir lu à haute voix, « descendit vivement de sa chaire et vint, avec un mouvement de sensibilité charmante, s'asseoir sur son banc d'élève, à côté de lui ».

Ne croyez pas, mes chers amis, que, dans ces épreuves, malgré l'amertume qui lui remplissait le

cœur, malgré la sombre misanthropie où se consumait ce pauvre être replié sur sa souffrance, il ait désespéré de lui-même et de l'avenir. Une âme énergique animait déjà ce corps débile : « Un jour de jeudi matin, dit-il, je me ramassai sur moi-même : sans feu (la neige couvrait tout), ne sachant pas trop si le pain viendrait le soir, tout semblant finir pour moi, j'eus un pur sentiment stoïcien, je frappai de ma main crevée par le froid sur ma table de chêne, et je sentis une joie virile de jeunesse et d'avenir. » Ce futur historien, en effet, est plein de l'esprit antique; il nous dit lui-même qu'il se nourrit et se console avec ces auteurs qui parlent sans cesse de grandeur d'âme et de mâles vertus; il veut ressembler à leurs héros. Aussi, n'est-ce pas, croyez-le bien, par superstition de lettrés et par goût d'archaïsme que les chefs de l'Université veulent que vos âmes restent en contact permanent avec ces écrivains qui, depuis deux mille ans, ont recueilli et conservé pour nous la fleur de l'héroïsme humain et qui, si la noblesse morale menaçait jamais de s'amoindrir, remettraient ses premiers et ses plus beaux titres sous les yeux de notre espèce et suffiraient à la relever.

Michelet a toujours conservé le poignant souvenir de sa triste enfance; il l'a fixé en traits de feu; mais son âme vaillante, aussi pleine de douceur et de pitié que de fierté et de vigueur, n'a gardé rancune ni à l'Université, qu'il servit aussitôt son éducation terminée jusqu'au jour où le despotisme l'arracha de sa

chaire, ni à la jeunesse, qu'il enseignait avec amour et pour laquelle il a écrit un de ses derniers et de ses plus beaux livres. Gomme il parle de vous, jeunes gens, avec quelle sincérité et quelle foi, quelle confiance et quelle hauteur de vues! Il veut vous épargner tout ce qu'il a souffert lui-même; il veut que vos premières années soient entourées d'affection, de soins, de respect, car vous êtes l'espérance et la force prochaine de la patrie. Il demande pour vous des collèges à la campagne et l'entourage de la nature; il veut que l'on développe en vous, par tous les moyens, le goût de l'action, la dignité virile, le sentiment de l'honneur, l'enthousiasme de la liberté et surtout la passion qui a rempli son âme et sa vie, l'amour de la patrie française. « Quel est le but de l'homme? écrit-il. D'être homme, au vrai et au complet, de dégager de lui tout ce qui est dans la nature humaine. Quelle voie et quel moyen pour cela? l'Action. » Quant à la substance de l'éducation, il la voit dans la tradition nationale; ce que l'enfant doit apprendre d'abord, c'est la patrie, sa mère. « Ta mère, c'est toi, et tu en es le fruit. Que fit-elle? Gomment vécut-elle? C'est là ce qu'il te faut savoir. »

Cette leçon nécessaire, il a consacré sa vie à vous la donner. Pendant quarante ans, il a cherché et retrouvé les titres de notre race; il a fixé, dans un monument impérissable, ce qui fait le charme et la grandeur du nom de France. Lorsqu'il sentit arriver le terme de son existence, il écrivait : « J'ai passé à

côté du monde et j'ai pris l'histoire pour la vie. La voici écoulée. Je ne regrette rien. Je ne demande rien. Eh! que demanderais-je, chère France, avec qui j'ai vécu, que je quitte à si grand regret? Que d'heures passionnées, nobles, austères, nous eûmes ensemble, souvent, l'hiver même, avant l'aube ! Que de jours de labeur et d'étude au fond des archives! Eh bien! ma grande France, s'il a fallu, pour retrouver ta vie, qu'un homme se donnât, passât et repassât tant de fois le fleuve des morts, il s'en console, te remercie encore. Et son plus grand chagrin c'est qu'il faut te quitter ici. »

L'œuvre sortie de ce long labeur mérite pleinement de l'avoir inspiré, et l'image est digne de son objet. Je n'en puis pas faire un plus beau ni plus complet éloge. Dans ce travail, Michelet a mis toute son âme, une âme passionnée et frémissante, ouverte à tous les nobles sentiments, pleine d'amour et d'enthousiasme pour ce qui lui semblait juste et beau, de haine et de mépris pour ce qui lui semblait injuste et laid. Avec une puissance unique de sympathie et d'évocation, il a ressenti toutes les souffrances, éprouvé toutes les joies, vécu à travers les siècles toute la vie du grand peuple qu'il racontait. Il a aimé notre sol, notre race, notre climat, comme « une personne », le mot est de lui, généreux jusque dans ses erreurs, admirable jusque dans ses excès de passion, puissant jusque dans les inégalités de son génie, exalté par nos grandeurs, abattu par nos défaites, mais espérant

toujours, comme nos pères, dans les destinées de la patrie.

Avais-je tort, mes chers amis, de vous dire en commençant, que le nom de Michelet, écrit sur la porte de votre lycée, était, à la fois, une réparation posthume envers une jeunesse injustement malheureuse, et une leçon continuelle de grandeur d'âme et de patriotisme ?

Cette leçon, vos maîtres la développent chaque jour et, jusque dans vos moindres exercices, les plus éloignés en apparence de toute application pratique, ils savent la mettre et la faire sentir. En tout et partout, l'éducation que vous recevez ici a pour seul but de faire de vous des esprits justes et souples, des cœurs sains, des corps robustes, des Français capables de bien servir la France, quels que soient les services qu'elle vous demande. Il n'y a qu'un point où elle serait contraire aux préceptes de Michelet, et encore cette différence est-elle plus apparente que réelle. « La gymnastique, dit-il, a peu d'attraits pour nos élèves. Notre jeune Français a besoin qu'on lui montre un résultat immédiat. Il demande toujours : « A quoi bon? » Tout ce qu'on lui dit de la force et de la santé qui peut en résulter est lointain, ne le touche guère. La gymnastique a pu ravir les Grecs, dont la vie était tout en spectacles et en fêtes, en combats animés d'une concurrence infinie. Ici, elle est très froide, n'intéresse nullement l'élève. Il ne sent pas le but. » Je crains d'autant moins de contredire Michelet

et de me ranger avec les apôtres de ce qu'il méconnaît, que je parle dans le temple même de la gymnastique; je partage les idées de celui de vos maîtres qui vient de faire, avec une science spirituelle, l'apologie des exercices physiques, et ce n'est pas simplement ma sympathie qui applaudissait le brillant orateur, c'était aussi ma conviction. Michelet admettait pour vous les courses sur la montagne et au bord de la mer ; il ne tenait guère à ce qu'on vous fît monter par principes sur un trapèze; il ne dit rien du cheval, à qui nous devons le plus agréable et le plus complet des exercices; de l'escrime qui nous apprend à regarder tranquillement une lame d'épée; de toute cette éducation du corps par la lutte, le saut, la nage, que sais-je encore? sans laquelle un homme trahit, à charge de revanche, une moitié de lui-même. Je crains que le souvenir d'une enfance souffreteuse, et la longue débilité d'un corps affaibli par les privations précoces, ne l'aient empêché de rendre justice à une part de l'éducation, qui tient une large place au lycée de Vanves. On s'efforce de susciter en vous la hardiesse et la confiance, d'affermir votre santé en développant votre force, de préparer des soldats, et l'on a raison : ce n'est pas le moment de restreindre ce qui peut augmenter l'énergie de votre jeunesse, et jamais il ne fut plus salutaire de le mettre en honneur. La France est un vaste camp, un camp pacifique ; mais, si l'on n'y désire pas la guerre, on l'attend avec calme et l'on s'y prépare avec suite. Cette préparation doit

être dans vos études, dans vos exercices de tous genres, dans vos jeux; elle doit surtout être dans vos pensées.

Aussi, jeunes gens, ai-je à m'acquitter d'une mission bien agréable, en vous disant que vous aurez bientôt sous les yeux comme une exhortation permanente aux mâles habitudes. Pendant le dernier Salon, le Ministre des Beaux-Arts avait remarqué une image de jeune homme, d'une fière élégance, pleine d'art et de pensée. Sortie des mains d'un artiste, qui, avant le ciseau, avait tenu l'épée, et qui, officier dans la dernière guerre, avait dû quitter le service avec une blessure qui le lui interdisait dans l'avenir, elle représente un petit soldat, un soldat de quinze ans. La tête est inclinée comme sous le poids d'une pensée sérieuse, l'œil regarde dans le lointain, vers l'avenir, la physionomie est empreinte de calme et de résolution. A quoi pense-t-il, ce petit soldat? Il pense à ce qu'il n'a pas vu, à ce que nous lui avons dit, nous qui fûmes témoins des scènes inoubliables; il sait les devoirs qui l'attendent, et il est prêt à les remplir. Sur le piédestal qui supporte cette image, une suite de basreliefs nous fait voir une classe, une salle de gymnastique, une salle d'armes, un manège. La leçon est claire et complète; elle est digne d'être proposée à de jeunes Français. Eh bien! mes chers amis, cette statue est pour vous; le Ministre m'a prescrit de la faire exécuter sous une forme définitive : elle est en train de sortir du marbre et vous la verrez bientôt au

seuil de votre lycée. C'est là un beau cadeau, digne de vous, digne du Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Regardez-la bien, mes chers amis, lorsqu'elle sera dressée sur votre terrasse, dominant cet horizon où s'est déroulé le drame de l'année terrible. Ne passez jamais devant elle sans entendre son langage, car elle parle, et, de cette bouche de marbre, une voix va sortir sans cesse, qui vous dira : « Jeunes Français, mes camarades de demain, préparez-vous à être des hommes, des hommes vigoureux et braves; l'arme que je tiens, vous allez la saisir; mon habit militaire, vous le porterez bientôt. Regardez sur ce piédestal ce que vous devez faire; faites-le avec zèle, avec suite, avec conviction; la trempe morale ne vous suffît pas, il vous faut encore la vigueur physique et les deux réunies vous donneront le courage. Exercez donc vos cœurs et vos corps, puis venez me rejoindre, je vous appelle, je vous attends. » Vous écouterez ce petit soldat, jeunes gens, et je suis sûr que le grand historien, le grand Français dont votre lycée porte le nom, s'il pouvait, après les épreuves de la patrie qui ont abrégé son existence et fait de ses derniers jours un martyre moral, s'il pouvait, dis-je, sortir de la tombe et reprendre la plume, il vous donnerait le même conseil avec son incomparable éloquence et cet amour de la France qui fut l'aliment et la matière de son génie.

FUNÉRAILLES

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