‹ Discours prononcés (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · EXTRAIT DU MONITEUR UNIVERSEL · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU MONITEUR UNIVERSEL

du ± 2 . janvier 4$45.

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Session de 1842-1813

EXTRAIT RU DISCOURS

(M. (iuizol répondait à M. de Lamartine.)

.1 arrive à l’Espagne.

V ous m accusez, cl vous n’étcs pas le premier, vous n'avez pas inventé celle accusation.(On rit.)

w. m: imunn. Si, je l’ai invente, je l’ai dit en 1834.

iw. i.u nivisTitn. L’honorable préopinant, ne sait pas encore ce que je veux dire; j’ai l’honneur de lui dire que l’accusation que je vais rappeler, ce n’esl pas lui qui l’a inventée. On accuse notre politique en Espagne d'élrc incertaine, llottanle, inefficace.

Cela n’est pas. Nous avons, quant à l’Espagne, une publique très-décidée, très-réelle. (Sourires à gauche.)

Attendez ! Nous avons, quant à l'Espagne, une politique très-décidée (Même mouvement), et qui, je l’espère, sera efficace.

Nous sommes convaincus que la France doit vivre en bons rapports, en bonne intelligence, je dis plus, en intimité véritable avec î’Espagne; nous sommes convaincus que c'est là pour nous nu intérêt politique de premier ordre* Nous pensons en même temps que cela se peut, que cela est naturel, que les souvenirs, les habitudes des deux pays, les conseils de l’histoire aussi bien que ceux de la géographie, les poussent l’une et l'autre dans cette voie.

LEspagne tient à la France par la parenté des races, par la langue, par toutes les affinités morales ; l’Espagne est mon arc bique, catholique; elle a avec la France les liens les plus forts et les plus naturels* Nous pensons donc que Iüférèt des deux peuples* que leurs penchants, leurs tendances s accordent à les rapprocher*

Deux grands souverains que l’honorable préopinant rappelait tout à l’heure, Louis XIV et Napoléon, ont vu ce fait-là et se sont proposé pour but 1 Intime union des deux pays* Louis XIV a réussi, Napoléon a échoué* Savez-vous pourquoi Napoléon a échoué? (Test, permettez-moi ce mot, parce qu’il a attenté à l'indépendance et à l'honneur de l’Espagne* (Marques nombreuses d'approbation*)

Voilà pourquoi, dans une pensée politique bonne et française, Napoléon a échoué.

ïl n’a pas seulement échoué pour lui-même, il a créé de grands obstacles aux gouvernements venus après lui dans notre pays.

Les souvenirs, les sentiments qu’il a laissés dans la Péninsule ont beaucoup nui au penchant qui portait l’Espagne ver; nous; il s'est créé là, sous l'empire des faits du

règne de Napoléon, des partis poissants, actifs, hostiles à la France, hostiles à l‘intimité avec la France* Voilà un des plus grands obstacles, le plus grand obstacle que noos rencontrions dans notre politique envers l'Espagne ; voilà son origine,

Louis XIV avait réussi 5 mais, messieurs, reprendre aujourd'hui toute l'œuvre de Louis XIV, cola ne se peut pas : il y a à conserver et à rejeter dans sa politique et dans l'œuvre de celte politique envers l'Espagne; les temps sont changés; cette domination presque exclusive, cette semi-possession de l’Espagne par la famille même de France, cela ne se peut pins aujourd'hui.

Nous avons accepté et nous devons accepter en Espagne deux choses, dont Tune est nouvelle, dont 1 "autre a été vivement réveillée par Napoléon.

La chose nouvelle, c’est i 1 esprit constitutionnel. Cela ne peut plus se concilier avec la politique de Louis XIV envers l'Espagne. Cela ne peut plus se concilier avec celle domination, cette influence directe et presque exclusive exercée du dehors, par l’entremise d'un petit nombre d'hommes, du conseil de Castille, ou de quelques ministres, ou de la personne mémo du souverain ; cela ne se peut plus Aujourd'hui.

Là où tes peuples exercent sur leurs destinées, sur leur gouvernement, une grande influence, l'influence indirecte et étrangère devient impossible. Renonces donc à conserver tout l'héritage de Louis XI V; renoncez à dominer comme fl dominait dans les conseils de Madrid. Encore une fois, cela ne se peut plus.

En même temps le sentiment de l'indépendance espagnole, îe parti pris contre.t'influence étrangère, contre les prétentions, les apparences de l'influence étrangère, ce sentiment a grandi, s'est fortifié; il a été ranimé dans

~ Si —*

tous ies meurs espagnols* U faut que vous comptiez avec lui, bien plus que ne comptaient Louis XIV el ses successeurs*

Voilà les deux faits nouveaux au milieu desquels notre politique est obligée de se conduire en Espagne; voilà les deux faits qui imposent à noire politique bien plus de réserve, dé mesure, d'impartialité, que la politique de Louis XIV n'en avait envers ce grand pays. (Marques d'approbation.)

Maintenant, esbce à dire que parce que ces deux faits existent, que parce que vous ne pouvez pas* vous ue devez pas prétendre dominer en Espagne comme Louis XIV y dominait, que vous deviez renoncer a J 1 intimité, aux excellents rapports des deux gouvernements et des deux pays? Non, certes, nous y avons toujours tendu T nous ne cessons et ne cesserons pas dV tendre de tout notre pouvoir.

Les moyens ne sont pas toujours les mômes. Comment I on s'étonne d'une politique qui demande qu'on patiente, qu'on temporise, qu'on sache attendre! Est-ce que cela est nouveau en politique, messieurs? Est-ce qu'il n'est pas arrive à tous les gouvernements, aux plus hardis, aux plus forts, aux plus ambitieux, aux plus conquérants, d'attendre, de temporiser, de patienter? Vous parlez d'un an, de deux ans comme de quelque chose qui cîoil lasser la patience d un gouvernement et d'une assemblée ; mais d'où venez-vous donc (On rit)? Vous n'avez donc jamais assisté ou spectacle du monde? vous ne savez donc pas comment les choses se passent el se sont passées de tout temps? De tout temps il y a eu des moments, et des moments dans I histoire ce sont des années, de tout temps il y a eu des moments où il a fallu savoir accepter les difficultés d'une situation, où il a fallu attendre des époques

plus favorables, où il a fallu savoir s'accommoder à des faits qu'on ne pouvait écarter de son chemin comme vous écartez un caillou que vous rencontrez sur le boulevard (Mouvements divers).

Eh bien, quand nous sommes arrivés aux affaires, nous avons trouvé une situation de ce genre, nous nous sommes trouvés en présence d une nécessité de ce genre.

m. mfctiuËMjÊMWM. Je demande la parole.

m. wæ nniixiir. Nous avons trouvé le parti français vaincu. Ce nélail pas en notre présence, sous notre administration, que cela s'était accompli; nous avons trouvé le fait. Que nous restai t-t-il a faire? il n'y avait que deux partis à prendre. Il fallait, disait tout à l’heure l'honorable préopinant, lever une armée et intervenir en Espagne pour y remettre le pouvoir entre les mains du parti français. Ah! vous relevez aujourd’hui ia querelle de l'intervention, la querelle de 1836.

Nous avons, à cette époque, débattu celte question avec l'honorable M. Thiers, dont la pensée, la politique, permettez-moi de vous le dire, ne manquent pas de hardiesse, et sont pourtant plus réfléchies et plus expérimentées que lu vôtre. (Mouvements divers.)

Ce que je dis là n'est pas un artifice de situation, une flatterie oratoire ; je le pense comme je le dis. (Trèsbien ! )

Nous avons discuté à cette môme tribune cette question avec l'honorable M. Thiers ; je n'étais pas d'avis de Tinter vention, je l’ai combattue et il l'a soutenue. Eh bien, que se proposait la politique de l'intervention à celte époque ? Elle se proposait d éloufi'er la contre-révolution en Espagne, de chasser don Carlos, de mettre un terme à la guerre civile. Voilà quels étaient les grands motifs, les

motifs politiques de rintervention. Nous avons pensé, nous, que l'intervention n était pas nécessaire pour atteindre ce but, qu'on pouvait, en livrant l'Espagne à ses propres forces, en lui conservant l’appui moral, et pourtant efficace, qu'on lui avait prété jusque-là, qu ? on pouvait aider fEspagne à vaincre la contre-révolution sans se charger directement et soi-même de ses affaires et de ses guerres.

Voilà ce que nous avons penséj tels sont les motifs qui nous ont décidé contre la politique dç l'intervention. Nous croyons qu’il y avait, dans cette conduite, plus de respect pour l'indépendance des peuples, qu’il y avait aussi plus de prudence à ne pas se mettre aux prises avec les difficultés que je vous rappelais tout à l'heure, avec ces difficultés que Napoléon nous a créées en Espagne ; nous pensions qn il y avait plus de prudence à ne pas nous mettre aux prises avec ces difficultés; et que cependant le résultat pouvait être atteint. 11 l'a été : la guerre civile a été terminée j don Carlos a été vaincu.

Vous dites que l'Angleterre y a aidé plus que nous ; vous dites que des troupes anglaises ont été en Espagne. Mais vous avez donc oublié que la légion étrangère au service de la France y a été aussi ; qu elle s'était formée chez nous, et que nous l avons envoyée en Espagne ; vous avez donc oublié qu’elle était plus forte, numériquement parlant, que la légion britannique, et qu'ainsi ce fait prétendu que vous alléguez de l'influence de l’Angleterre sur ia délivrance de l’Espagne, ce fait est faux, matériellement faux. Indépendamment de l'appui moral, la France a contribué directement, par ses secours, par les forces qu elle a prêtées, à la délivrance de l'Espagne, à la fin de la guerre civile, à l'expulsion de don Carlos, au moins aussi efficacement que l 'Angleterre, à laquelle je ne con-

teste pas la pari qu elle y a prise* ni la sincérité de l'appui qu'elle a prèle alors à l'Espagne,

Voilà pourquoi nous n'avons pas voulu de l'intervention en 1836, Par la même raison, nous n’en avons pas voulu en 184-0,

En 1840, nous avions beaucoup moins de prétextes. Comment! en 1840 nous aurions fait entrer une armée en Espagne pour conserver le pouvoir à tel ou tel cabinet, à tel ou tel parti* même à tel ou tel nom propre de régent!

Messieurs, personne ne rend un hommage plus sincère que moi à la noble princesse qui gouvernait alors l'Espagne comme régente. Qu’il me soit permis de le dire, je suis heureux d'en trouver l'occasion : elle a rendu à l’Espagne d’immenses services ; elle a gouverné l'Espagne avec douceur et modération, elle a commencé en Espagne la liberté, la liberté politique : c T est sous son pouvoir que la liberté politique est née en Espagne, Elle a déployé, dans une situation bien étrange, bien difficile pour une femme, autant de courage que de modération et de clémence. C’est la nièce de noire Roi ; elle est du sang français. Eh bien, messieurs, malgré tout cela, nous n'avons pas cm et nous ne croyons pas qu'il fût du devoir, du droit de la France d'employer la force, de lancer une armée au delà des Pyrénées pour la remettre en possession de la régence, et le parti modéré en possession du pouvoir; nous ne Pavons pas cru, nous ne le croyons pas*

Nous avons un plus profond respect pour l'indépendance des nations et pour les développements, même pour les écarts de leur liberlé.( Approbation à gauche.) Nous croyons qu’il est du devoir du Gouvernement français de n’employer la force que pour mettre la France à l’abri des dangers qui menacent ses grands intérêts. Employer la

force pour faire prévaloir dans un pays voisin tel ou tel parti, tel ou tel nom, quand le trône môme n‘y est pas engagé, nous ne croyons pas cela de notre de% r oir, nous aurions cru manquer à notre devoir si nous l’avions fait. Ce que vous nous conseillez aujourd’hui, ce que vous nous demandez aujourd'hui, y avez-vous bien pensé? Vous nous demandez d employer la force, de lancer une armée au delà d es Py ré n ces....

m, i>e ii&aujRTiffE. Non.

iii* iiKiwKgTiii:. Eh ! la force, c’est Tannée, et Farinée, c’est la guerre j il n’y a aucun moyen d‘échapper à celle conséquence*

Vous nous demandez d’employer la force, pourquoi ? Pour empêcher, dites-vous, le pouvoir militaire, la dictature militaire de s’établir en Espagne ; mais je répéterai ici ce que j’ai dît à une autre tribune ; Personne n’a le droit de tenir, sur le régent d’Espagne, un tel langage. A-t-il usurpé la souveraineté ? (Exclamation à droite.)

Attendez! Dou savez-vous, par quoi a-t-il prouvé qu’il avait le dessein de renverser sa souveraine et d’établir la dictature miliLaire en Espagne P (Exclamations diverses.)

Ne m’interrompez pas ; vous me répondrez, si vous voulez.

Je Fai dît à une autre tribune : Personne jusqu'à présent, d’après les faits accomplis, n'a le droit d’accuser le régent d’Espagne de dessein d’usurpation sur sa souver ai ne. (Mo u ve ment.)

Oui, il y a un point, il y a une question, dans laquelle nous croyons sérieusement que les intérêts de la France, les grands intérêts nationaux, sont tellement engagés que îaFrance pourrait, devrait peut-être employer la force pour les faire prévaloir. Nous respectons profondément Tindépendance du peuple et de la monarchie espagnole. Mais,

si la monarchie espagnole était renversée» si la souveraine qui siège aujourd’hui en Espagne ën était dépouilléesi on tentait de livrer l'Espagne à une influence exclusive et menaçante, périlleuse pour nous j si on tentait de faire sortir le trône d’Espagne de la glorieuse famille qui y siège depuis Louis XIV, oh ! alors, je conseillerais à mon roi et à mon pays d’y regarder et d'aviser, (Mouvement, — Très-bien ! tres-bien !)

Soyez tranquilles» quand les grandes occasions viendront, si elles viennent, nous ne manquerons pas à notre mission. (Rires à gauche.) Maïs nous ne sommes pas si prompts ni si légers que vous à croire aux grandes occasions et aux nécessités dernières... (Murmures à gauche. — Approbation au centre.)

Les intérêts et les motifs pour lesquels un peuple libre et un grand gouvernement doivent tirer l’épée et compromettre les destinées de leur pays» leurs propres destinées» ces intérêts-la ? ces motifs-là sont rares» et nous croyons que c’est le mérite de notre temps, que c’est la verlu de notre forme de gouvernement de les rendre de plus en plus rares.

Situation vraiment étrange que celle à laquelle on prétend nous réduire aujourd'hui, quand on nous oblige à venir sans cesse justifier la politique de la paix! Mais vous n’y pensez pas j c'est la guerre qui est obligée de se justifier. (Très-bien !).

C'est la politique de la guerre qui est obligée, quand elle se présente, de venir prouver quelle a raison. La guerre est une exception déplorable, une exception qui doit être de plus en plus rare. Nous ne consentons pas à cette accusation continuelle» tantôt patente, tantôt déguisée contre la politique ùè la paix. Je dis déguisée» je le dis pour vous» pour te discours que vous venez de pro-

noncer à cette tribune ; que m'importe que vous parliez de là paix, que la politique de la paix sorte sans cesse de vos lèvres, si de vos paroles, si des actes qui correspondraient à vos paroles, la guerre doit nécessairement sortir? (Très-bien! très-bien I)

Eh bien, j'ai la conviction profonde que si celle politique, que vous venez de professer, prévalait, dans six mois, trois mois, un mois, quinze jours, la guerre naîtrait infailliblement* (Mouvement*)

.Voix à gauche * C’est la peur*

Vf LE nitllStEE UES AFf tlEEg ÉTH.O&ÈrEN.

Je n ai peur de personne, pas plus pour mon pays que pour inoi-motne* Permettez-moi de le dire j s'il y a deux mots dont on abuse étrangement, ce sont les mots de peur et de courage, J ai entendu dire, on m T a fait l'honneur quelquefois de dire que, ne faisant pas cas de la popularité, ne la cherchant pas, j'avais du courage.

Messieurs, je ne crois pas que de nos jours, et dans la société au sein de laquelle nous avons le bonheur de vivre, il y ail beaucoup d'occasions de courage. Il n’y a pas de courage sans sacrifice, sans danger 5 or, il n'y a de danger pour personne aujourd'hui*

On peut être populaire ou impopulaire; il n’y a de danger pour personne ; et, pour mon compte, je ne réclame aucune part de courage dans la conduite que j'ai l’honneur de tenir devant mon pays*

J'agis dans mon sens, en pleine liberté, en pleine sécurité ; il n’y a ni sacrifice ni danger dans la conduite que je tiens.

Ecartons donc ces mots de courage et de peur qui ne peuvent s'appliquer à nos affaires, de la manière dont elles se font aujourd'hui. (Au centre . Très-bien ï)

Oui, messieurs, la politique qui a prévalu depuis treize

ans, ia politique de la paix, car je tiens essentiellement à lui conserver ce nom, la politique de la paix a été la pensée du pays comme de son gouvernement.

Voulez-vous savoir ce que la France y a gagné? On parle de son défaut d’influence, de son abaissement, du terrain qu’elle perd en Europe, tandis que les autres puissances gagnent, dit-on, et se répandent de tous côtés. Gela n’est pas vrai. (Mouvement.)

Voulez-vous savoir ce que la France a gagné, comme influence et comme force, en Europe, à la révolution de Juillet et à la politique de la paix? le voici :

I*a France avait à ses portes un royaume fait contre elle, un royaume élevé, barricadé contre elle : le royaume des Pays-Bas ; il est tombé, lin royaume neutre, un royaume ami s'est élevé à sa place, il subsiste sur notre frontière.

La frontière ennemie louchait à Lille, elle est reculée aujourd’hui jusqu'à l’Escaut.

Je passe aux Alpes. En Suisse,- des révolutions plus ou moins efficaces, mais enfin qui ont renversé, des traditions, des habitudes moins favorables pour nous, ont eu lieu; des gouvernements nouveaux se sont établis.

En Espagne, l'absolutisme est tombé, et, malgré les difficultés de la situation, malgré les nécessités et les lenteurs de la politique que nous avons à pratiquer envers l’Espagne, la France profitera grandement de ce qui est arrivé en Espagne.

Est-ce que ce n’est rien, messieurs, que ces grands événements accomplis sur toute votre frontière, accomplis à ) ombre do la révolution de Juillet? Est-ce que ce n’est rien pour la grandeur et pour l’influence de la France en Europe? Et savez-vous pourquoi ces événements so sont accomplis sans plus d’obstacle ? Parce que la sagesse

de la politique de la France les a couverts, en même temps que sa force tes protégeait. C'est en considération de la force et de la bonne politique de la France que ces événements se sont établis sans guerre européenne.

Pemeltez-moi, messieurs,..., je n'entends offenser aucun nom, aucune époqpe, mais pennellez-moi une seule question : demandez-vous cc qui serait arrivé en Europe si les événements dont je parle s'étalent accomplis dix ans plus tôt, dix ans avant la révolution de Juillet 5 s'ils s'étaient accomplis en 1820.

Que seraiHl arrivé, je vous le demande 7 Je ne répondrai pas ; il est clair que c'est la révolution de Juillet, que c'est le nom, la force, la considération de la France qui oui protégé en 1830 ce qu’elle n'aurait pas protégé en 1820. (Très-bien ! très-bien!)

Est-ce que cela n’est rien? est-ce que cela prouve l'abaissement? est-ce que cela prouve la perte de l'influence? Souvenez-vous que je dis deux choses. Je dis que c'est non-seulement la force de la France, mais sa bonne politique prolongée depuis 1830, qui a obtenu tous ces résultats.

Croyez-moi, vous pouvez courir le monde, vous pouvez aller de Washington à Calcutta; soyez certains que 3 a cause de notre politique est partout une cause jugée et gagnée.

Soyez certains que la cause de la politique suivie depuis 1830, la sagesse, la bonté, la moralité, l'efficacité de cette politique, tout cela est reconnu dans !e monde depuis Washington jusqu'à Calcutta, Voulez-vous entendre parler d'un prince populaire? allez aux Étals-Unis, et demandez le renom du Roi des Français. (Très-bien! très-bien ! )

m. iiEn\cH ï C'est très-vrai : j-ai pu l'apprécier,

m. iak nnirgfns. Un seul mot, et je finis» Pans un discours précédent, l'honorable M. de Lamartine a parlé de dévouement et de la nécessité du dévouement pour faire de grandes choses, au nom des peuples. Il a eu parfaitement raison j il n'y a rien de beau dans ce monde sans dévouement \ mais il y a place partout pour le dévouement, La vie a des fardeaux pour toutes les conditions, cl la hauteur ù laquelle on les porte n en allège nullement le poids. Vous aimez, dites-vous, à porter vos regards en haut ; porlez-les au-dessus de vous* Êtesvous depuis douze ans le point de mire des balles cl des poignards des assassins? (Interruption à gauche,) Comment donc! Voyez-vous depuis douze ans vos fils sans cesse dispersés sur la surface du globe pour soutenir partout l'honneur et les intérêts de la France? Voilà da dévouement, du vrai, du pratique dévouement, (Bravos prolongés au centre,)

Messieurs, souffrez que nous Je reconnaissions, que nous lui rendions hommage, et que nous ne soyons pas ingrats, même envers tout un règne.

Aux centres* Très-bien! très-bien !

EXTRAIT DU MONITEUR UNIVERSEL du 3 xuars 1843,

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