‹ Discours prononcés (volume 2)Chapitre 5 sur 10 · CHAMBRE DES PAIRS · texte numérisé non relu

CHAMBRE DES PAIRS

Session de 1842-1843

EXTRAIT DU DISCOURS

PAR M. GUIZOT

MISÉ DES AFFAIRES ilRAMÉMS,

BANS LA DÏ.SCL'SNÎON GENERALE DU PROJET D* MU RELATIF AU CRÉDIT S U F P Uf MENT A1 ît H PO tm LES UÊPENSEË £ BU R ET RS OK 1813,

Séance du £1 mûrs 1845.

B* fcE AïTMXSTRfi IÏEE AFFAIRES ÉTRIICIRIÜ.

Il me reste l'Espagne. Sur l'Espagne, messieurs, on ne pourra faire ù la politique du Gouvernement du Roi le reproche d avoir manqué de dignité, car les obstacles qu elle a rencontrés ont tenu en grande partie à des susceptibilités légitimes, raisonnables, de dignité nationale. Prenez les divers débats que nous avons eus à soutenir avec TEspagne ; la plupart sont provenus de notre ferme persévérance à maintenir nos principes, notre dignité, nos agents. Je dois dire que le gouvernement espagnol s'est montré, dans ces dernières circonstances, loyalement empressé de répondre aux griefs que nous avions exprimés

et aux réparations que nous avions demandées* Je vais au-devant des affaires dont on na parlé qu’en passant, maïs dont je suis bien aise de faire connaître le fond à la chambre* Je veux parler de ce qui s’est passé à Barcelone* Le consul du Roi s'était conduit avec courage, et je n’hésite pas à le dire, en même temps avec sagesse* It s'était appliqué d'abord à protéger nos nationaux et les étrangers qui pouvaient tenir de près à nos nationaux } protection tellement efficace, et dont la reconnaissance a été portée si loin que les souverains de Naples, de Suède, de Sardaigne, de Portugal, lui ont donné des témoignages éclatants de leur estime*

Le consul de France a fait autre chose ; il s’est cru obligé, dans une circonstance si grave et si triste, de remplir envers tout le monde, abstraction faite de tout parti, les devoirs de Thumanité*

Il a commencé par sauver, par mettre en sûreté Les serviteurs du gouvernement espagnol, ses généraux, ses conseillers, ses administrateurs* Sa protection, ses soins, son humanité se sont étendus successivement à tous les partis ; mais ils ont commencé par les serviteurs les plus zélés du gouvernement royal, chassés par i'insurrection*

Cependant une clameur, assez factice, à mon avis, sest élevée à Madrid et sur quelques points en Espagne : on a prétendu que les événements dé Barcelone étaient le fait de l'miluence du Gouvernement français et de son consul en particulier ; il a été incriminé comme y ayant pris pari, comme ayant secondé les efforts des insurgés* Je dis que c’était là une clameur factice j non que des hommes sincères m puissent avoir été trompés par quelques apparences j mais, pour beaucoup d'autres, le désir de rejeter les malheurs de Barcelone sur une cause étrangère

à l’Espagne 7 sur une influence étrangère, et de rallier contre celle influence tous les partis eu Espagne, a été la véritable source de celte clameur.

Quoi qu’il en soit* du moment où elle s'élevait, le Gouvernement du Roi ne pouvait rester in attentif. Il a demandé deux choses au gouvernement espagnol : un désaveu général des imputations dirigées contre le Gouvernement français, et un désaveu des imputations spéciales portées contre son consul à Barcelone» Le gouvernement espagnol n'a pas fait de difficulté à répondre que, pour son compte, il n avait point ajouté foi aux clameurs qui s'étaient répandues, et qu’il éUiit convaincu de la loyauté du Gouvernement français, comme le Gouvernement français devait croire à la sienne, Mais restai U‘imputation insérée dans le journal officiel de Madrid, contre le consul français, dans une lettre du chef politique de Barcelone. Qu’avons-nous demandé? Le désaveu de cette imputation dans le journal même où elle avait été insérée. Nous avons dit au gouvernement espagnol : « Si vous reconnaissez que les faits sont faux, dites-ïe dans la Gazette afficiclk de Madrid) où ces faits ont élé rapportés. »

Le gouvernement espagnol a pris son temps, il a voulu s T assurer de la vérité des faits, il a fait une enquête à Barcelone, il a reconnu que les faits étaient faux, et il Ta fait dire dans la G a zut te officielle de Madrid t où l’on avait articulé ces faits. C'était précisément ce que Je Gouvernement français avait demandé. Il avait demandé le fond et la forme. Ce fond et cette forme répondaient pleinement à la réparation dont nous éprouvions le besoin. Certes, on ne peut, dire que le Gouvernement français ait manqué de dignité dans cette occasion, pas plus que le gouvernement espagnol n’a manqué de loyauté.

On a parlé d'engagements pris par le gouvernement

sur ie rappel de M* de Lesseps comme récompense, comme prix de cette réparation $ cela est faux, absoiument faux. Aucun engagement, d'aucun genre, n'a été pris avec personne à cet égard.

Si je voulais passer en revue d’autres difficultés que nous avons eu à traiter avec le [gouvernement espagnol, on verrait qu elles ont toutes été traitées de ia même manière, scion les intérêts et la dignité de notre pays, mais avec mesure, avec patience- Nous ne voulons aucun mal au gouvernement espagnol ; nous lui vouions du bien, nous ne voulons pas lui susciter d’embarras, le mettre aux prises avec tel ou tel parti qui le menace. Aussi, sans cesser de réclamer, nous ne le poussons pas durement, violemment. Notre dette, par exemple, subsiste toujours. Nos relations commerciales ne sont pas ce qu’elles devraient être. L'Espagne n accomplit pas, selon nous, plusieurs de ses anciens engagements envers nous.

w* u' mm de UE^G Nous en prenons acte.

SI. EE *fl*I«THE UEë AFFAIRES érRAIQEBEë.

Eli mon Dieu! ce n'est pas la première fois que je Tai dit. J ai parlé à 1 autre chambre des réclamations que nous avous élevées et que nous poursuivons. Et je suis bien aise de dire que j’ai lieu de croire le gouvernement espagnol disposé à entrer dans des négociations sérieuses à cet égard, pour régler comme il convient les relations commerciales de la France et de l'Espagne, J ai lieu d’espérer que nous nous mettrons bientôt en route vers ce but d’une façon qui simplifiera non-seulement nos relations avec l'Espagne, mais aussi les relations où nous sommes en Espagne avec l’Angleterre. Tout le monde sait que le traité de commerce, toujours projeté et jamais conclu, quant à présent, entre l'Espagne et l’Angleterre, est une des difficultés de notre situation en Espagne,

comme il en est une pour l'Espagne elle-même* J'ai lieu de croire que la voie dans laquelle nous entrerons bienlût nous aidera à lever ces difficultés indirectes comme les difficultés directes qui subsistent entre les deux uys*

EXTRAIT OU MONITEUR UNIVERSEL du i'-J mur* 1845*

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