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mêlé dans une situation dont je ne méconnais nullement les difficultés sont restés en possession de ce gouvernement provisoire. Ils n’ont pas cessé un moment de maintenir le régime queTamiral leur avait confié quatorze mois auparavant.
Vous voyez donc que les incidents qui ont rempli cet intervalle, et dont je ne méconnais pas l’importance, n’en ont pas eu assez pour amener aucun de ces embarras sérieux qui peuvent changer les résolutions dJun gouvernement. Ici encore il y a eu ce qui arrive dans presque toutes tes affaires humaines, des difficultés, des embarras qui ont èLé surmontés sans aucune mesure extraordinaire, sans aucun emploi de La force, simplement par la bonne conduite des agents qui étaient chargés de les surmonter.
C’est après un intervalle de quatorze mois écoulés, comme je viens de Le dire à îa chambre, que M. l’amiral Dupelit- Tbouars arriva le novembre dernier devant Taïti, apportant la ratification par le Roi du protectorat qu’il avait provisoirement accepté* Qu’a pensé à celle époque l’amiral de tous les fai LB que je viens de rappeler, et dont on se prévaut aujourd'hui pour soutenir que le protectorat était impossible? Il a pensé que ces faits étaient sans grande importance ; car qu’a-t-il fait? Il a demandé rétablissement du protectorat. Eu présence de tous les faits que je viens de rappeler, de toutes les difficultés dont on fait tant de bruit aujourd’hui, l'amiral Djpclit-Thouars a simplement demandé, le Ier novembre, rétablissement du protectorat. Telle a été sa première conduite ; et en effet, le protectorat n’ètait pas plus difficile à établir que ce qu’il a fait. C’est trois ou quatre jours après qu’il a élevé une nouvelle question, celle du pavillon,
de prie la chambre de s’en rendre bien compte. Il ne s’agît pas ici du pavillon national, du pavillon français; sa prédominance n’a pas été mise un seul instant en question; il a JbjtLé sur tous ks points fortifiés de Hk. Il ne s’agit pas non
plus du pavillon du procéderai; il n'a pas cessé de flutter. Il ne s’agissait pas même de savoir si la reine Pomaré devait ou non avoir un pavillon particulier sur sa maison, l’amiral concédait qu'elle en eût un. Il s'agissait uniquemeot de savoir si ce pavillon aurait telle ou telle forme, s’il porterait une couronne dessinée de telle ou telle manière ; et l’objection fondamentale de l’amiral contre la couronne que U reine Pomaré voulait garder, c'est qu'elle était le symbole «le tous ces embarras, d’origine anglaise, qui avaient rempli l’intervalle de qualorze mois, et que l’amiral ne jugeait pourtant pas assez graves pour empêcher rétablissement du régime du protectorat, car c’est ce régime qu’il avait d’abord demandé*
Était-ce là, messieurs, un motif suffisant pour mettre complètement de côté un traité, pour prendre possession complété et absolue du territoire et de la souveraineté? Nous ne l’avons pas pensé, nous ne le pensons pas davantage aujourd'hui. Non, messieurs, et nous croyons en cela n’avoir fait qu’un acte de simple loyauté et de bon sens; nous croyons que dans une situation pareille tout gouvernement sensé aurait Iciïii la conduite que nous avons tenue*
Mais, dil-on, vous l’avez fait par crainte de l’Angleterre.
En vérité, messieurs, encore une fois, j’ai honte de répondre encore a cet argument qui, chaque fois qu’il s’ est produit, a été réfuté par des votes formels des déni chambres.
Non, nous n’avons point agi, en cette occasion, par crainte du gouvernement anglais, pas plus pour refuser la souveraineté absolue que nous n’en avions eu quelques mois aaparayant pour accepter le protectorat-
Sans aucun doute, nous avons tenu grand compte de nos bonnes relations avec l’Angleterre; nous savions, et nous savons, quoi qu’on en ail dit, qu’une portion importante et animée de l’Angleterre met beaucoup de pris à une semblable
question, el que le gouvernement anglais doit en mettre luimême. C’est là un fait important dont nous avons tenu compte,
mais, j’espère qu’on n’appelle pas cela de la craïnle. Vbonorable M. Mathieu de la Bedorle vous le disait lui-même hier; dans les relations des peuples, il faut bien tenir compte de faits semblables, il faut bien avoir les uns pour les au- 1res ces égards légitimes.
Nous n’avons pas fait autre ehose-
Q uant a la question de notre établissement même dans l'Océanie* à cette question qui* comme je le disais en commençant, a déjà été jugée par les chambres, perraetLez-moi un seul mot.
Ce n’est pas nous qui avoua créé les intérêts français dans l’océan Pacifique; ce n’est pas nous qui les avons inventés ; ils y étaient avant nous.
Deux grandes forces, la religion el le commerce, précèdent toujours les gouvernements. C’est ce qui est arrivé dans 10céan Pacifique. La religion de la France s’y est propagée tout à fait indépendamment du Gouvernement, par sa seule et libre impulsion. Le commerce franc iis également s'y est porté ; la pêche de la baleine et d’autres portions de notre commerce, qui ont plus de valeur qu'on ne le dit communément, Ges intérêts-là existaient avant la prise de possession des lies Marquises, avant l'occupation de Taïli. Us existaient si bien qu’ils nous avaient donné déjà de véritables affaires, de véritables embarras. Les chefs de nos stations dans l’Océan Pacifique avaient été obliges de se porter à Taïti, aux îles Sandwich, à la Nouvelle-Zélande, d’avoir des discussions* de conclure avec les chefs de ces peuplades des traités pour protéger, ici nos missionnaires et les fidèles qu’ils avaient convertis, là nos négociants et les affaires qu’ils traitaient.
Tout cela était avant nous; c’esl tout cela qui a détermine
— la —
la démarche que nous avons faite. Nous n'avons pas cru qu'il fut du devoir du Gouvernement, nous n'avons pas cru qu’il loi fût permis d'abandonner ces intérêts français, ces intérêts matériels, ces intérêts moraux déjà vivants dans l'Océanie, vivants, je le répète, avant nous, sans nous, indépendamment de nous, Nous avons très-bien senti le poids des affaires que ces intérêts nous suscitaient déjà; nous avons très-bien prévu qu’ils nous en susciteraient de plus embarrassantes peut-être; nous ne nous sommes pas flattés que rétablissement que nous formerions là fût exempt d'embarras, qu'il n'im posât à la France aucun sacrifice. Maïs nous avons pensé qu’en présence des intérêts moraux et matériels, que toutes les grandes nations da monde possédaient déjà dans ces parages, en présence des intérêts moraux eï matériels français qui y naissaient de toute part, nous avons pensé , dts*je, qu’il était de notre devoir d’avoir dans cette partie du monde un point, une station d’où nous pussions protéger, et les intérêts qui y résidaient, et les intérêts transitoires, voyageurs, qui pouvaient s'y rencontrer momentanément.
Voilà le vrai motif qui a déterminé le premier établisse’ ment ; et, en même temps, nous avons senti la nécessité d’im* poser des limites à cet établissement, de ne pas nous y engager fort au delà de l’importance des intérêts qui y étaient attachés. Voilà pourquoi nous nous sommes bornés à un point 1res- limité, voilà pourquoi nous avons accepté le simple protectorat plutôt que la domination exclusive et complète. Nous n’avons pas cherché îe protectorat de Taïtt ; il est venu nous trouver, nous Pavons accepté. Quand la souveraineté est venue nous chercherions avons trouvé que eda n’élaît pas juste, que cela n’était pas nécessaire, que cela allait au delà du but que nous nous étions proposé.
J’ai remis sous les yeux de ta chambre tes motifs premiers de l'établissement ; je viens de Lï rappeler les motifs de la résolution que nous avons prise en imposant des bornes à cet
établissement* Je crois , comme j'ai eu Phontietir de le dire Loul à l'heure, que nous n’avons fait dans Loul cela qu’un acte de simple loyauté ét de simple bon sens- (Très- bien î très- bien l)
EX TUAIT DP MONITEUR UNIVERSEL du 17 avril lKli
CHAMBRE DES DÉPUTÉS
Session de 1 844
prt(is0scB
PAR M. GUIZOT
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
6ur les interpellation* relatives à Taiti,
Séance du 19 avril 1844
c iiui ît hi; wts iiLPi riîs
PAR M. GUIZOT
Ü1STRE DES AMS ÉTMMÉBES
SCR LES INTERPELLATJOSS RELATIVES k t.llll
Séante du 19 avril i&hi*
Messieurs,
Quand je suis entré dans celle arène où nous vivons (i), j*aï prévu et accepté d'avance bien des choses, bien des luttes, bien des erreurs étranges, bien des injustices choquantes, bien des épreuves rudes. Je n'avais pas tout à fait prévu ce qui s'est passé, ce qui se passe encore dans celle question; je ne croyais pas que ta vérité put être a ce point méconnue ou défigurée..* (Mouvements divers»)
(1) ]R, Gît im répondait A Rf, BiltauR.
Je ni mTirtalui pas, > ne m’éluniie pas. 11 y a des imputations auxquelles il ne faut pas même faire l honneur s’en étonner. (Trfes-l)ien ! très-bien!)
j’ai écouté silencieusement tout ce qui vient d être dit , i’v répondrai comme s’il s’agissait d’un autre quemoi.il m en coûte peu d’agir ainsi. Je n’ai pas graud effort a faire m firand mérite à prétendre pour demeurer, au milieu de ce débat, tranquille et confiant dans le jugement de mon pays.
?aa que je prendrai grand soin de ne pas m’écarter un moment, par nnscu! mol, direct ou indirect, “m ou pro-
d,ain d’aocune convenance parlementaire ou sociale. (Nouvelles’ marques d’approbation.}J’aime mieux subir, en passant, certains dégoûLs, que les ramasser de ma propre main pour % renvoyer à ceux qui me les jettent. (Vive approbation au
^Deux questions sont posées en ce moment devant la chambre l’une extérieure, l’autre intérieure; la question du fond même de l’affaire de Taïli , de la conduite que le cabinet a tenue de la résolution qu’il a prise, et la question des comraonicalions faites ou à faire sur ce sujet a la chambre.
l es deux questions sont connexes, mais distinctes. Je suis * ét à les traiter l’une et l’autre. Je me renfermera, pour le moment dans la dernière, dans la question intérieure, daus celle des communications faites ou à faire.
A cet égard, mon premier besoin est de rétablir, sur ce qui s’est déjà passé, la vérité, la stricte vérité.
Samedi dernier, l’honorable M. Ledru-Rollm disait : « Messieurs ce fut à U lecture de ce passage que l’honorable M Bidault s’écria, en s’adressant à M. le ministre de la marine ■ Vous aviez donc d’autres documente, d’autres rapports aue ces deux lettres de quelques lignes? - Non, s’écria à sou tour M- le ministre de la marine, j’atlirme sur l’honneur que
noüs n’avons point reçu d'autres rapports que ceux qui ont été déposés» »
C’était là ce que disait samedi dernier Phonorable AL Le* dru -Roi tin ; c'était là te langage qu’il attribuait à mon honorable collègue AL le ministre de h marine. Le 29 février, dans la séance à laquelle l’honorable AL Lelru iWïün faisait allusion, voici les paroles textuelles que prononçait AL le ministre de la marine ;
« J’affirme sur l'honneur que nous n'avons reçu, par le navire t * Elisabeth j d’autres rapports de AL Ta mirai Dupelit- Thouara que ceux qui ont été déposés. »
L’honorabïe AL Ledru-RoUm a supprimé ces mois : par le navire l’Elisabeth . (Sensations diverses.)
Il résulterait de cette citation que Aï. le ministre de la marine aurait déclaré n’avoir jamais reçu aucun autre rapport que les deux pièces qui avaient été communiquées.
El, en effet, l’honorable AL RiHault semblait le croire Euiméme samedi dernier, car il disait: «Ce que la chambre a besoin de connaître, ce sont les faits qui se sont passés entre l’établissement du protectorat et la déchéance ; ce qu’elle demandait au mois de mars, c’était cela; et à cette époque, lorsque, insistant à celle tribune, je disais qu^il était impossible que le Gouvernement n’eüL pas d’autres pièces, puisqu'il parlait de faits qui n’élaîent pas dans les pièces qu’il avait communiquées, AL le ministre des affaires étrangères répondait : Il n’y a pas d’autres pièces. Eh bien, il est aujourd’hui constant que ïe jour où AL le ministre répondait cela, il avait entre les mains, lui ou son collègue AL ie ministre de la marine, les rapports des officiers qui avaient commandé à Taïti pendant quatorze mois» »
Messieurs, cela n’èlait pas seulement constant samedi dernier; cela était constant au 29 février dernier; car AI. le mi-
nislre de la marine Pava il dit lui-mémc alors formellement i it avait dit : « M.Billault nous demande si nous n’avons point reçu de rapports sur ce qui s’est passé pendant ces treize mois. Certainement, il en est arrivé au département de la marine ; il peut en être arrivé au département des affaires étrangères, ,1e répondSj pour ceux qui me sont parvenus, qu’ils sont d’une nature très-satisfaisante. »
l’avais besoin de rétablir exactement ces faits, pour qu’il fût bien compris de tout le monde que, pas plus le 29 février que samedi dernier, le cabinet n’avait nié qu’il eût reçu des rapports, des rapports détaillés, sur ce qui s’était passé pendant les quatorze mois écoulés entre le protectorat et la déposition de la reine Pomaré, et qu’il n’avait jamais entendu les cacher à La chambre.
Qu’a fait le cabinet? Il n’a pas cru devoir, il y a six semaines, communiquer ces rapports : m^s il ne les a jamais niés. Pourquoi n’a-t-il pas cru devoir les communiquer? Messieurs, je vais yous le dire.
D’abord, il n’a' pas paru au cabinet, et s’il faut dire le fond de ma pensée, je le crois encore, il n’a pas paru au cabinet qu’il y eût dans ces rapports aucun fait grave, inconnu, que la chambre ignorât, et qui dût ou put changer sa conviction sur le fond des choses.
Il faut bien que je reproduise ici ce que je disais, ces jours derniers, dans une autre enceinte. Quand l’amiral Dupctït- Thouars est arrivé devant Taïlï, le I«f novembre, tous les faits contenus dans les rapports dont on parle étaient accomplis, connus, et parfaitement connus de lui mieux que de personne, \\ n’en a cependant pas moins commencé par demander l’exécution pure et simple du traité, rétablissement dp protectorat, tel qu’il était sLîpulè dans le traité. Les paroles, les actes de l’bcmor^ble amiral en arrivant à IViti, le
l«r novembre, n’ont pas été au delà du traité et du protectorat* U pensait donc que les faits antérieurs, tes* faits accomplis, pleinement connus de lui, u'elaient pas un obstacle, un obstacle décisif à l'exécution du imité et à rétablissement du protectorat# ^Mouvement.) Nous avons, il y a six semaines, pensé comme lui.
Voici une autre raison qui nous a empêchés, il y a six semaines, de communiquer les pièces dont on parle# Si elles ne contenaient pas des faits nouveaux, inconnus, elles contenaient beaucoup de détails, de renseignements particuliers sur tout ce qui s’élaiL passé, dans ces quatorze mois , entre les Français et les indigènes, entre les officiers français et les officiers anglais; elles contenaient, dis-je, toutes sortes de détails vifs et particuliers sur ces incidents | elles avaient donc pour conséquence inévitable d’envenimer les questions, d'irriter les esprits et de les tromper, ou de courir du moins la chance de les tromper en les irritant.
Je sais bien qu-il y a, hors de celle enceinte, des gens qui ne craignent pas d'envenimer les questions, qui ne craignent pas d'irriter les esprits, qui saisissent, au contraire, volontiers tonies les occasions de jeter de Phanie sur le feu, comme on dit. Pour nous, Gouvernement, Gouvernement régulier, ami de la pais, ce n’est pas notre métier. iVous n'avons aucun désir d'étouffer la vérité; mais nous avons grand soin de ne pas envenimer les faits, de ne pas irriter les esprits sans une nécessité absolue. (Au antre. Très-bien !)
On vous disait tout à l'heure : Pourquoi vous en êtes-vous gcuèlJ ce n'était pas ici un grand débat diplomatique. Les intérêts des grandes nations n’y étaient pas engagés ; vous étiez seuls en face de Taiti et de sa petite reine. Messieurs, il n’y a pas moyen de fermer ainsi les yeux sur les faits. Le gouvernement anglais nJest pas partie dans la question; mais
personne, sérieuse me ni, ne peut ignorer Pinlèrél vif, Irésgénéral, que le pays, une partie considérable du pays en Angleterre, prend à la question***
A gauche. En France aussi i
3v. lis nmüU’RE. Et l’importance que, par cela même, elle acquiert pour le gouvernement anglais. C’était donc inévitablement un fait considérable et dont nous devions tenir grand compte dans nos reïaLiona avec lui ; nous aurions été des imprudents , des insensés , des aveugles , de n’y pas faire attention* Nous n’avons pas pour cela, et vous le verrez plus lard, nous n’avons pas le moins du monde fait acte de complaisance envers le gouvernement anglais, pas pins sur cette question que sur d’autres; mais nous avons pris soin, je le répète, de ne pas envenimer l’affaire, de ne pas irriter les esprits, de ne pas répandre dans le public des détails inutiles pour le fond des convictions, et qui ne pouvaient avoir d’autre résultat que d’échauffer les passions*
C’est là une des raisons qui nous ont arrêtés, U y a si t semaines, dans la publication des pièces dont il s’agit* (Approbation au centre,)
En voici une autre plus spéciale et non moins pressante : il y a six semaines la question n’eu était pas au point où elle en est aujourd'hui* On vous a parlé tout à l’heure du rappel du consul Pntchard; il a été rappelé en effet.
H est nomme h un autre poste à deux ou trois cents lieues de Taïti. (Mouvement à gauche*)
Nous désirions ce résultat* Nous ne l’avons point demandé, nous n’avons !point ouvert de négociation à ce sujet; nous n’avons point de pièces k produire* Je m’étonnerais qu’on nom en fit un reproche. Il y a six semaines, on se récriait k h seule suuji milan que I » gamerneov^l anglais eût pu nous
demander de désavouer L’amiral Dupetît-Thooars, que nous cassions pu écouter de sa part une demande, une observation à ce sujet ; on avait raison.
Mais ne faites donc pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu^oii vous fasse centre* Très-bien ! ) Esl-ce que nous aurions dû faire pour le rappel du consul Pritchard ce que nous ne voulions pas qu’on fit envers nous pour celui de l'amiral Dupetil-ThouarsP Nous n’avons rien exigé , nous n’en avions pas le droit ; nous n’avons rîen demandé, c’eût été une inconvenance et une maladresse; nous avons laissé les faits se développer simplement, librement, et agir par leur seule force, à des esprits aussi sages, aussi éclairés, aussi bien intentionnés que ceux du cabinet anglais ; cl M, Prïtcbard a été rappelé sans efforts de notre part.
Je crois que c’est là une beaucoup meilleure conduite que la négociation dont on nous parlait tout à l'heure* ( J u centre* Très-bien ! )
Pour obtenir ce résultat, pour t’obtenir sans le demander, il fallait évidemment prendre le soin que nous avons pris de ne faire aucune publication intempestive, imprudente, de ne pas donner à nos désirs un air d’exigence et de menace; Ü fallait nous conduire envers le cabinet anglais comme il Mêlait conduit envers nous dans le commencement de Tafia ire.
Voilà ce que nous avons fait; voilà pourquoi, il y a six semaines, nous avons regardé les communications, les publia cations qu’on nous demandait, comme nuisibles au succès de l'affaire spèciale, comme nuisibles pour l'intérêt français â Taïti même, aussi bien que pour l'intérêt général de nos relations au dehors.
Voilà, messieurs, les faits; voilà les sérieuses, les vraies, les légitimes raisons de notre réserve , il y a six semaines.
Il y a bien encore aujourd'hui des raisons de réserve
quoique la question soit plus avancée qu’elle ne Tétait, elle iTesl pas tout à fait terminée, La résolution que nous avons prise ici n’est pas encore exécutée dans Tqçèan Pacifique ; M, Tamiral I lamelin n’est pas encore parti; il pourrait survenir là bien des incidents. Des paroles prononcées mal à propos, des publications intempestives pourraient avoir là de fâcheux effets. Il y a donc encore bien à y regarder en fait de communications et de publications pareilles.
Noqs nous sommes promis, et pour mon compte je me suis promis d’y bien regarder. Je maintiens et je maintiendrai dans toute leur étendue Les droits du Gouvernement en pareille matière. Ces droits, les voici : c’est le droit de ne pas publier toutes les pièces, car communiquer c’est publier; c’est le droit de déterminer celles qu’il lui parait possible, convenable, utile de publier; c’est je droit de ne publier de certaines pièces que par extraits, quand les convenances ou les intérêts du pays paraissent l’exiger. (Murmures à gauche.)
Je ne dis rien là qui ne soit parfaitement simple et parfaitement conforme non-seulement aux principes constilulionncls, maïs à la pratique de tous les gouvernements constitutionnels sérieux.
J’ai entre les mains les communications que le gouvernement anglais a faites au parlement sur l’affaire do ÏYïti. Elles se composent de pièces données par extrait, quatre lignes d’une pièce, d’une autre, deux ou trois paragraphes, d’autres fois aussi des pièces entières.
Messieurs, le Gouvernement représentatif exige cette autorité des dépositaires du pouvoir, cette confiance du pays dans les dépositaires du pouvoir. Quand celte confiance n’existe pas, voles contre les dépositaires du pouvoir, renversez-les...* (in centre . Très-bien !) G'est votre droit et votre devoir. Mais, tant qu’ils siègent sur ces bancs, ils ont
besoin de cette confiance et de celle autorité ; car, sans cela, ils ne pourraient pas servir, ils trahiraient, ils compromettraient les intérêts du pays,.. {Nouvelle approbation au centre.)
Ce droit que j’affirme en principe, je le maintiendrai en fait.
Je conviens, et c’est ici un autre principe que je suis fort loin de méconnaître, je conviens que la chambre doit savoir le fond des choses quand une question pareille s’agite de* vaut elle; je conviens qu’aucun grand fait, aucun fait décisif pour son opinion, ne doit lui être caché. Mais, quant aux dé* tails de ces faits et aux documents où ces détails sont consignés, le Gouvernement doit y bien regarder avant d’en ordonner la com mu ni cation.
J’ai examiné dans cette vue, et en tenant compte de toutes tes considérations que je viens de mettre sous vos yeux, les rapports dont on parle et tous les faits, tous les documents relatifs à l’affaire de Taïli.
Il en est résulté pour moi la conviction qu’on pouvait, non pas sans de certains inconvénients pour l'intérêt du pays dans cette affaire, non pas sans une certaine aggravation d’embarras et de difficultés pour le Gouvernement, mais enfin en acceptant ces inconvénients, en acceptant cette aggravation de difficultés, qu’on pouvait, dis-je, mettre sons les yeux de îa chambre, aujourd’hui, dans l’état de ^affaire, une certaine quantité de documents qu’il eût été imprudent , tout à fait inopportun de publier il y a six semaines. Et je suis convaincu que La lecture de ces documente tournera tout à fait au profit du Gouvernement et de la résolution qu’il a prise. Je suis convaincu qu’on y verra à quel point le jugement qu’il a porté de celte affaire et des incidente survenus dans l’intervalle dont on parle, est vrai et fondé sur la réalité des choses.
Si nous n’avîons consulte que l’intérêt ministériel dont on parlait tout à l’heure comme de celui qui nous dominait, nous aurions pu sans difficulté, sans inconvénient, il y a six semaines, faire la communication dont je parle* £Tesl parce que nous avons été touchés d’autres motifs, parce que nous avons été touchés des difficultés de l’affaire, dans l’intérêt du pays et de ses relations extérieures, que nous nous sommes abstenus alors de celte communication. Nous prenons noire responsabilité fort au sérieux. Nous savons que de nos actions, de nos paroles, peuvent sortir à chaque instant, non pas seulement des débats dans cette enceinte, mais des événements dont Le pays portera le poids et subira les conséquences. Savez -vous qu’il n’y a rien qui rende plus sage et plus prudent que le sentiment d’une telle responsabilité, (Très-bien i) te poids d’un tel fardeau? il ne s’agit pas simplement de rechercher ta vérité dans une question de principe ou de fait ; il s’agit de décider des événements, de prendre des résolutions qui auront des résultats pratiques à 4,000 ticues, dans nos relations avec les peuples de ce pays. Voilà pourquoi nous sommes si réservés en pareille matière.
Je dépose sur le bureau de la chambre toutes les communications que le Gouvernement croit possibles, dans l’élat actuel de ^affaire, sur tes diverses parties de la question* Je ne parle pas de celles sur lesquelles nous avons déjà fait des communications*
Je suis de l’avis de l’honorable M* Bidault : on ne peut se prévaloir de pareilles pièces sans qu’elles aient été vues et connues de tout le monde; il y aurait pour Le Gouvernement trop d’avantage à s’en servir ainsi.
Je les dépose sur le bureau. Si la chambre désire qu’on puisse en prendre communication avant que le débat se rengage sur Le fond même de La question des affaires de
TaïLi, et de la manière dont elle a êlé conduite, le Gouvernement y consent ; niais si la chambre veut décider tout de suite, nous sommes également prêts* (Mouvements en sens divers* — Approbation au centre*}
EXTRAIT Dtî MONITEUR UNIVERSEL üu iîU avril 1844
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Pam* — Imprimerie PÀÏÏCKOUCKE , rue des Poitevins, 6.
CHAMBRE DES PAIRS
Session de 1844
PfiOKOïïCK
PAR M. GUIZOT
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Pan* U discuASÎOD générale du piojel dé loi stir J’insiruéllûn reconduire.
Séance do '25 avril 1844
( UAmBnt: des paids
PAR M. GUIZOT
mm DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,
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