‹ Discours prononcésChapitre 35 sur 36 · VI. LE niüIflTIte nER IFrUBKa éTRAXGCREi · texte numérisé non relu

VI. LE niüIflTIte nER IFrUBKa éTRAXGCREi

Nos instructions seront exécutées daps le môme esprit dans lequel elles sont conçues. Personne, soit du côté de la France,

soit du côté de l’Angleterre, n'en dépassera les limites. Mais que te préopinant(l) me permette de le lui faire remarquer, dans l'intérêt de la bonne intelligence entre deux grands pays ; le mnnicnl n’est pas bien choisi pour accuser V Angleterre de vues obstinées d'empiétement et de despotisme sur la mer. Qu'a-ton répété sans cesse depuis le commencement de cette longue querelle? Que l'Angleterre avaiL voulu fonder le droit de visite, tel qu'il existait dans les traités de 183! et de 1833, pour s’en servir contre le commerce du monde, particulièrement contre le nôtre sur les côtes d'Afrique, et pour s'arroger la complète domination des mers. Et c'est précisément ce droit, recherché, soutenu, disait-on, dans un tel esprit, que l'Angleterre vient d’abandonner. U est du moins formellement suspendu, et suspendu sous la condition qu'il ne pourra être rétabli que par le consentement mutuel des deux gouvernements. Ceci est écrit dans le dernier article du traité; et si, au bout de du ans, le droit de visite n'a pas été, de noire consentement, remis en vigueur, il sera considéré comme définitivement abrogé.

ai. mm Je le souhaite.

m. i.e MisiiSTaiE. Cela ne peut pas être contesté.

Messieurs, je Le dis hautement; l'Angleterre a prouvé par sa conduite, en cette occasion, que te seul intérêt qu'elle eût à cœur, l'intérêt qui la préoccupait par-dessus louL dans celte question spéciale (Mouvement) , c'était la répression de la Irai le ; que ce qu'elle avait vu, ce qu’elle avait cherché dans les Lraités de 1831 et de 1832, c'était uniquement la répression efficace de la traite. Quand elle a cru trouver, dans les propositions qui lui ont été faites, des moyens aussi efficaces de réprimer la Irai Le, elle a abandonné Le droit de visite ; elle a accepté les nouveaux moyens qui lui étaienL offerts.

La France, de son côté, a prouvé que, si elle poursuivait

(1) M- Dupin.

l’abolition du droit de visite, elle continuait toujours de vouloir énergiquement la répression efficace de la irai le.

Les deux gouvernements ont ainsi donné ce beau spectacle de leur union sincère dans une grande pensée commune de justice et d’humanité universelle* C’est là ce que, tout à fbeurç, fhonorable M* .Ylauguin appelait une passion .\ 'oublions jamais, messieurs, car nous nous abaisserions en f oubliant, n’oublions jamais que de telles passions peuvent être des convictions raisonnées, raisonnables, fondées en droit aussi bien qu'ardentes en fait ; el que lorsqu’elles se sont emparées de l’esprit d'un grand peuple et de son gouvernement, elles deviennent des passions justes, des passions saintes, c'est-à-dire des devoirs. (Très-bien ! très-bien !)

Eh bien, dans cette occasion, la F rance et T Angleterre ont donne la preuve qu’elles étaient toutes deux animées de ce grand et beau sentiment, et qu’elles poursuivraient eu commun ce but, en écartant toutes les considérations subalternes qu’on supposait toujours dominantes dans leur politique : je répète que c’est la un grand et beau spectacle, (Approbation*)

lk pbinidkxt. Je consulte la chambre sur fartiele lfr et sur fêtât À dont j’ai donné lecture à la chambre.

(IfarL. l'% y compris fêtai A, est mis aux voix et adopté J

EXTRAIT m MONITEUR UNIVERSEL du 38 juin 1843»

Imprime r iû PjlXÇieoucke , rua des Poilu vins, IL

uiasbkk des pairs

Session de 1844-1845.

PAR M. GUIZOT

1K11 DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

IM NS LA msO&SIGN l)L HURIi BT DES DEl'ENsES POUR 18 JO

Séaneç chi Ui juillet 1845.

Messieurs,

Je ne viens pas combattre ce qu'a ilit l'honorable |>rëopi nant(l), ni me plaindre qu’il ait appelé Paltention de la chambre sur cette question. Je déplore aussi vivement que lui les faits qu'il a rappelés. La plupart de ces faits sont exacts, et si Ton en étalait le tableau sous les yeux de la chambre, on la pénétrerait d'émoi ion et d’indignation.

Messieurs, i! y a plusieurs années, en 1841* quand on a commencé à s’occuper sérieusement a Constantinople des affaires de h Syrie, nous avons prévu ces faits; nous les avons

(!) M. le rom la de Monlaîemliort.

non -seulement prévus, mais prédite à Constantinople, et, en les prédisant, nous avons fait tout ce qui était en noLre pouvoir pour les prévenir. Nous pensions dès lors que la chute de Vaurien mode d'administration de la Syrie, d'une administration unique, nationale et chrétienne, livrerait ce pays à une anarchie déplorable. Nous Vavons dit. Nous étions alors, et l'honorable préopinant ne peut le méconnaître, dans une assez mauvaise situation pour prendre le parti des chrétiens de Syrie; nous les avions récemment, passeK-moi le mol, abandonnés dans leur lutte centre le pacha d'Egypte; nous avions pris îc parti du pacha, non-seulement contre ta Porte, mais contre les Maronites de la Syrie insurgés contre lui. Cela affaiblissait extrêmement noire position à Constantinople quand nous parlions pour eux.

C'est à raison de cet affaiblissement, pour y remédier jusqu'à un certain point, pour corriger le vice de notre position momentanée, que nous sommes entrés en intelligence, en action commune avec les autres puissances pour les engager a agir dans le même sens que nous, elles qui, pour le moment, étaient en meilleure position que nous sur les affaires de Syrie, et pour essayer de faire rétablir en Syrie l'ancien mode d’administraLion, te seul, à noire avis, qui fût propre à y maintenir un peu d'ordre et de justice. Je dis un peu, parce que, môme sous l'administration de l'émir llcschir qu'on regrette si vivement aujourd'hui, il n'y en a jamais eu beaucoup. Nous avons éLé obligés de nous borner, à celte époque, à obtenir, par les efforts communs de la France et des autres puissances, La reconnaissance du principe qu'il n'y aurait pas en Syrie une administration musulmane, et que les deux races qui se partagent ce pays seraient administrées chacune par un chef de sa religion et de son origine.

En obtenant ce principe, nous avons déclaré que ce mode d'administration nous semblait très-imparfait, que nous étions convaincus qu'il n'aurait pas toutes les bonnes conséquences

qu’on espérait , que nous persistions à demander le rétablissement de l’ancien mode. Mais ii a bien fallu nous contenter de ce que nous avons pu obtenir.

l’oublions jamais, messieurs, que nous sommes ici en présence d’un Etat indépendant; que nous désirons affermir, relever, s’il est permis de le dire, l’indépendance et la consistance de la PorLc, du gouvernement tore ; qu’il est de notre polilique de le traiter nous-mêmes avec les égards , les ménagements , le respect pour son indépendance, que nous demandons aux autres. Nous nous trouvons ainsi souvent dans une position difficile, ayant des devoirs, non pas contradictoires, mais différents, à concilier, le devoir de protéger les catholiques d’Orient, que nous n’abandonnons jamais, et le devoir de prêter appui à l’indcpcmlance de i’empire olloxnan dam ses propres domaines.

Cette polilique est difficile. Ce n’est pas une raison pour abandonner l’un ou l'autre de ses éléments. Nous ne l'avons jamais lait, mais la chambre comprend la difficulté.

N’ayant donc pu réussir à faire adopter l'ancien mode d’administration unique et chrétienne en Syrie, ayant été obligés de nous contenter d’un inode qui valait mieux qu’une administration purement turque, mais dont nous reconnaissions les imperfections, dont nous prévoyions les mauvaises conséquences, nous avons vécu depuis lors dans cet état, renouvelant souvent nos protestations et notre demande du rétablissement de l'ancien mode d'administration.

Les faits que l’honorable préopinanl vient de raconter ont éclaté au milieu de nos réclamations continuelles.

1! a en raison de vous dire qu’une partie des autorités et même des troupes turques s’étaient en quelque sorte prêtées à ces faits déplorables ; qu’elles n’avaient pas déployé l’impartialité , l’énergie nécessaire pour réprimer de pareils désordres ; qu’elles avaient souvent prêté appui aux Druses contre les Maronites, tandis qu’elles auraient dû réprimer les

uns cl les autres* Cela est vrai. Nous avons énergiquement signalé au gouvernement turc cette mauvaise conduite de quelques-uns de scs agents et de ses solda Ls*

Nous nous trouvons encore Ici vis-à-vis du gouvernement turc dans une situation difficile. L'honorable M. dë llonla- Icmbert la indiqué sans le dire expressément; il y a deux partis en Turquie ; il y a un parLi intelligent, modéré, qui croit que, pour raffermir l'empire ottoman, pour y remettre mi peu d’ordre et de force gouvernementale, il font y introduire d'assez grandes réformes. Mais à coté, il y a un parti fanatique, le vieux parti turc, toujours porté à pratiquer l'ancienne politique, la politique violente, sanguinaire, astucieuse de l'empire ottoman *

La lutte de ces deux partis se reproduit dans toutes les province de la Turquie comme à Constantinople, et elle sc reproduit encore plus vivement, plus déptorablement dans les provinces qu’à Constantinople* C’est ce qui est arrivé en Syrie* Le parLi fanatique qui croit que tout Tari de gouverner consiste à opposer les deux races Tune à l'autre, qui rève la destruction des Dru ses par les Maronites et des Maronites par les Druses, en prêtant successivement son appui tantôt aux uns, tantôt aux autres, ce parti a des adhérents, des agents parmi les autorités turques, dans les rangs de l'armée turque, quoiqu’il n'cu ait pas, j'ose le dire, dans le divan, à Constantinople* Aujourd'hui l'intention f la politique habituelle du divan sont favorables aux bonnes et intelligentes reformes à introduire dans l'administra lion de l'empire ottoman ; mais nous nous sommes trouvés en Syrie en présence d'autorités qui n'avaient pas les intentions, ne suivaient pas la ligne de conduite que le gouvernement ottoman aurait voulu leur voir suivre.

Nous avon*s fait et nous faisons chaque jour ce qui est eu notre pouvoir pour éclairer le gouvernement ottoman sur la conduite de ceux de ses agents qui pratiquent ce qu'il pres^

crû de réprimer» qui ne se conduisent pas convenablement dans les diverses localités où ils sont envoyés par leur gouvernement; mais la chambre comprend combien ce rôle est difficile à jouer du dehors» quand on est simple spectateur, un spectateur sans doute qui a de rinffuenee, qui a le dioit d être écoulé, qui peut faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal, selon qu il approuve ou qu’il désapprouve» mais qui n’a pas d’autorité directe cl immédiatement efficace*

Al. de Montalemberl 11e pense certainement pas que la France doive envoyer des troupes en Syrie pour réprimer les désordres* Elle ne peut procéder que par voie d'influence; il faut qu’elle éclaire le gouvernement ottoman sur ce qui se passe eu Syrie, qu’il apprenne à diriger ses agents, a peser sur eus, a se faire obéir, a avoir une administration efficace, 11 n’y a rien de si difficile, de si nouveau en Turquie, que de pareils faits, et on nous demande de les introduire complètement, soudainement, dans une des provinces les plus déchirées de ['empire ï

Je ne refuse pas ccLLe Lâche : c’est celle que nous travaillons à accomplir; mais, je le répète, elle est très-difficile : le succès ne peut être que l’oeuvre d’une longue persévérance* Que AL de Monta IcmberL en soit sûr, cette persévérance, nous l’aurons; nous n’avons point renoncé à faire revenir dans le Liban le mode de gouvernement qui nous parait le meilleur, à faire réformer l'administration , toujours très- imparfaite, et en ce moment déplorable, qui pèse sur le Liban*

AL de Monlalembert a cité un fait douloureux, la dévastation d’un couvent plus directement placé sous la protection de la France, le meurlre du supérieur de ce couvent* Nous avons à l’instant même réclamé, et de façon à ne pas être refusés, le châtiment des coupables» k châtiment réel, effectif, et une indemnité pour les religieux ainsi dépouillés* Cela nous a été promis par |a Forte, Nous veillerons u ce que

l'exécution suive de près k promesse- (Marques d’approbation-)

Quant aux désordres qui ne s’adressaient pas aussi directement k la France, qui tombaient sur les malheureux Maronites, nous avons kit tout ce qui était en notre pouvoir pour y remédier, L'ambassadeur du Ttoî à Constantinople a immédiatement envoyé sur la cûte de Syrie deux bâtiments de plus- Il y en a trois dans ce moment qui porLcnt d’un point à un autre tous les secours matériels* tout l'appui moral qu'il est possible de porter. Si cela est nécessaire, nous enverrons encore d’autres bâtiments. Je dirai, non pour rassurer complètement, ni M. de Montalembert, ni la chambre, je ne voudrais pas rassurer faussement, et Ü ne faut pas être rassuré dans ce moment, car il y a beaucoup de choses a déplorer en Syrie , je dirai toutefois que les hostilités ont cessé, que la guerre civile ne désole plus le Liban* Je ne liens pas la position pour bonne, je tiens celle suspension d’armes pour très-précaire^ le Liban restera encore longtemps dans un état déplorable, et il y a beaucoup à faire pour y rétablir un peu d'ordre et de justice. Le Gouvernement du Roi fera dans ces circonstances ce qu'il n'a pas cessé de faire un moment.

Et que M. de Montalembert soit bien persuadé que, quand il nous est arrivé de traiter de concert avec les autres puissances, à cinq comme il Ta dît, pour protéger les intérêts que nous avions a sauvegarder en Orient, ce n'est pas que nous ayons conclu à cet égard aucune alliance formelle, que nous ayons pris aucun engagement de ne jamais rien faire qu'à cinq, que nous nous soyons lié les mains, que nous ayons abandonné le droit de pro Léger à nous seuls les chrétiens d’OrïeiU toutes les fois que nous le pourrions et que nous te devrions* Nous n’avons point renoncé à exercer ce protectorat unique toutes les fois que l'intérêt de la situation nous paraîtrait le comporter* Quand nous avons traité des questions à

cinq, cVst parce que nous avons pensé que, pour les résoudre efficacement, promptement, dans l'intérêt même des populations don L U s'agissait, il valaïL mieux traiter à cinq que seuls, Quand nous avons reconnu que seuls nous pouvions résoudre les questions, nous n'avons abandonné aucun de nos anciens privilèges. Je dirai a l'honorable préopînant, et je suis sùr qu’il t’entendra avec plaisir, que de Rome, de la propagande, il est venu au Gouvernement du Roi des re merci mente vifs, répétés, pour sa conduite en Syrie, et celle du consul que M. de Montatembcrt a rappelé, et celle de tous les autres agents français qui se trouvent dispersés sur cette partie du territoire ottoman, et celle du Gouvernement du Roi, qui n’avait pas cessé d’étendre sa protection la plus active, ei dans beaucoup de cas la plus efficace, sur ces déplorables conflits.

il y a un point sur lequel M. de Montalembert a insisté, et sur lequel il trouvera bon, je pense, que je n’insiste pas. Nous avons besoin, il est vrai, de nous mettre plus complètement d’accord avec le gouvernement britannique sur les laits qui se passent dans le Liban, sur leurs causes et sur les moyens sérieux d’y porter remède. H y a certains de ces faits, certains de ces remèdes sur lesquels les agents des deux gouvernements en Syrie n’ont pas été du infime avis. Les deux ^ gouvernements ont, je n’en doute pas, et non-seulement je n’en doute pas, mais je rallume, les deux gouvernements ont la même sincère intention de ne pas laisser désoler le Liban par les horreurs qui viennent de s’y passer, de ne pas livrer les Maronites aux J) ruses, pas plus que les Druses aux Maronites. Le cabinet anglais est, A rct égard, dans tes mêmes sentiments que le Gouvernement français: il ne serait pas capable d’abaisser sa politique au niveau de cette vieille politique turque dont je parlais tout à l'heure, qui travaille à détruire les Druseâ par les Maronites el les Maronites par les D ruses. Non, le gouvernement anglais ne veut pas cela ; il

vent sincèrement, comme nous, que Perdre el la jnstire soient rétablis dans le Liban.

Mais il est vrai que nous n’a von s pas été et que nous ne sommes pas encore complètement du même avis sur les faits, les causes et les remèdes. Nous ne négligerons rien pour éclairer le cabinet anglais, [jour nous éclairer nous- mêmes, et pour rétablir entre les deux gouvernements celle harmonie qui est dans leurs désirs, mais qui doit être aussi dans tes idées qu’ils se forment et des faits et des remèdes, pour passer ensuite dans leurs actes. J’ai déjà agi dans ce sons ; j “espère que j’atteindrai le but. La chambre et M. le comte de Mnnlalembert peuvent être sûrs que le Gouvernement du Moi ne le perdra pas de vue un moment. (Très-bien ! très-bien!}

31, li; miiNiiir: i>ks irrxuu^ fr;iir% vc^intM.

L’honorable M, de Boissy me permettra d’abord de lut faire observer qu’il s'est trompé tout à l’heure, en disant que j’avais parlé du peuple anglais et non pas du gouvernement anglais, à propos des affaires de Syrie. ü’csL au contraire du gouvernement anglais, du cabinet anglais, de scs intentions et de sa politique, que j’ai parlé. Je n’ai pas prononcé le nom de ta nation anglaise en général, c’est de son gouvernement même que j'ai entretenu la chambre.

J’ajoute qu’en ne disant rien, en ncvprimant pas d’opinion personnelle sur la conduite d’un agent anglais en Syrie, je n’ai fait que me conformer aux convenances observées dans toutes les assemblées politiques des pays libres. Ce n’est pas un membre du cabinet anglais qui a parlé, dans le parlement britannique, de t’uu des ministres du Uni; c’est un simple membre de celte assemblée, tout à fait étranger au Gouverne-

fl —

ment, ei sir Robert Peel, qui toi a répondu, a formellement refusé de dire un seul mot sur le compte de l*ageni français. J’agis dans celle chambre comme sir Robert Peel a agi dans le parlement britannique, et c’est la seule conduite convenable.

Quant au Maroc, je regrette presque que la session Unisse si vite. 11 est probable que dans une quinzaine de jours je se* rais en état de répondre à la question de M. de Roissy, et d'y répondre d'une manière qui, je crois, le satisferait. Je ne puis le faire en ce moment, l'affaire ivesl pas encore conclue; je ne pourrai parler que quand elle le sera.

J’arrive a la dernière interpellation de l'honorable pair, et je l’en remercie. Il me fournira l'occasion de dissiper quelques obscurités factices , quelques incertitudes dénuées de fondement.

Quand le Gouvernement du Roi s'est décidé à traiter a Home de ce qui concernait la congrégation des jésuites, il Ta fait parce qu'il a cru infiniment préférable, sans renoncer à aucun des droits du pouvoir temporel, sans altérer en rien sa position dans la question, de ne pas se servir de ce genre d’armes ; il les avait, il les gardait, mais il a pensé qu'il valait mieux ne pas les employer tout d'abord. Une lutte, n'importe à quel sujet, du pouvoir temporel contre le pouvoir spirituel ou contre une partie du pouvoir spirituel, a toujours été un faiL très -grave.

Gela éLail grave, même sous l'ancien régime, dans ce temps où cependant, au terme d'une lutte pareille, on rencontrait le pouvoir absolu. A cette époque, en définitive, quanti une question s'élevait entre le Gouvernement et le pouvoir spin* tuel, ou telle ou telle congrégation religieuse, c'était le pouvoir absolu qui la décidait; quand une Ibis ü avait prononcé , sa décision s’exécutait purement et simplement ; mats aujourd'hui Lout n’est pas fini quand le Gouvernement a prononce; il reste en présence de toutes les libertés

individuelles dont nous sommes eu possession : la liberté de la presse, la liberté de la tribune, la liberté des personnes, la liberté des propriétés. Après avoir pris sa résolution, après avoir vidé la question, le pouvoir temporel se trouve engagé dans une lutte de lous les jours avec toutes ces libertés.

Je ne dis pas cela pour m’en plaindre ou pour le déplorer : je m’applaudis, au contraire, que ces libertés existent, qu’elles existent au profit de tout le monde, et que touL le inonde, même ceux qui ont été vaincus, puissent s’en servir pour détendre encore leur cause ; il n’est pas, il ira jamais été dans nmention du Gouvernement du Roi d’y porter aucune aileirtte, pas plus dans cette question que dans aucune autre; mais ü ne pouvait s’empêcher de reconnaître que, par la nature de nos institutions et par la situation du pouvoir au milieu de ces institutions, la lutte, si une fois elle s’engageait, Serait très-prolongée, très-compliquée, qu’elle pourrait avoir telle ou telle conséquence imprévue qu’il était sage de prévenir, (Marques d’approbation*)

Indépendamment de cette raison qui est grave, le Gouvernement du Roi en avait une autre non moins grave. Il craignait que, s’il déployait dès le premier moment les armes temporelles qu’il avait bien légalement entre les mains, une partie de l1 Eglise catholique de France ne s’y méprit, et ne se crût, elle aussi, engagée ei compromise dans une question particulière. Le Gouvernement du Roi ne le voulait pas ; il aurai! regardé cela comme un grand mal.

Depuis son avènement, je n’hésite pas à le dire, le Gouvernement du Roi a beaucoup fait pour l’Eglise ei pont k religion. Je ne dis pas cela au détriment des gouvememen le précédents ; car depuis 1802 tous les gouvernements oui beaucoup kit pour l’Eglise, pour la religion : ils ont tous senti que cela était de leur devoir comme de leur intérêt. Cependant on ne peut pas se dissimuler que, depuis soixante ans, en France? l’Eglise catholique n’ait élé bien souvent, bien violemment

attaquée, et, passes-moi le mot, outragée; et que, malgré tout ce que les gouvernements divers ont fait pour la relever, maigre tout I appui qu'il lui ont donné, elle ne soit restée et ne reste encore, dans ses rapports avec te pouvoir temporel, craintive et méfiante.

Je n1 hésite pas à dire qu’à l’égard du Gouvernement du Roi elle se trompe, qu’elle a tort; mais enfin il y a des erreurs naturelles, excusables ; qui tiennent à une longue série de faits, et que les souvenirs de tel ou tel pouvoir, de tel ou tel temps, peuvent, jusqu’à un certain point, expliquer, (Marques d’assentiment.)

Il est du devoir d’un gouvernement sensé et bienveillant de comprendre ces sentiments intérieurs de l’Eglise catholique, de se rappeler qu’il y a là des plaies vives encore auxquelles il ne faut pas Loucher*

Eh bien, c’est pour éviter un contact pareil, c'est pour que l’Eglise de France ne se crût pas engagée dans la lutte, pour que Le clergé ne prîL pas, passez-moi le mot, Taflàire des jésuites pour sa propre affaire (Très-bien!), que le Gouvernement du Roi s’est décidé à ne pas user, sans une nécessité absolue, de ses armes temporelles, tout en les gardant, et à porter à Rome la question.

Nous avons dit à Rome les faits tels que nous les voyions en France; nous avons exposé l’état des faits, l’état des lois, l’étal des esprits; nous avons voulu que cet étal, dans Luules scs parties, fût bien connu et bien compris de la cour de Rome.

La chambre entend que c’est de la cour de Rome que je parle, du gouvernement romain et de nulle autre personne au monde, (Très-bien I très-bien î)

Les faits, les lois, Tétai des esprits en France, ont donc été mis fidèlement, sincèrement, sous les yeux de la cour de Rome, et puis le Gouvernement du Roi a ajouté : « IL est eu votre pouvoir de porter remède à ce mal, un remède pure-

ment spirituel dans lequel les armes du pouvoir temporel ne seront pas employées ; nous vous demandons d'user des vôtres, »

Je pourrais m’arrêter là; je pourrais me borner à vous dire maintenant qu'en etfet la congrégation des jésuites en France va se disperser, que ses maisons seront fermées, que ses noviciats seront dissous ; que, par conséquent, ce que le Gouvernement du Roi a demandé sera fait. Je pourrais me contenter de montrer le but atteint sans nV inquiéter de la route par laquelle on nous y a conduits, de serai plus explicite; je puis l'être sans inconvénient pour personne.

Ce que le Gouvernement du Roi a fait à l’égard de la cour de Rome, la cour de Rome Ta fait à l’égard de la sociélé de Jésus, Gomme le Gouvernement du Roi n'avait voulu se servir que des moyens moraux , des inlluences morales, comme il n’avait cherché qu'à faire connaître la vérité, laissant ensuite les choses a la décision du pouvoir spirituel bien informé, la cour de Rome a adopté envers les jésuites le même procédé.

Nous ne nous étions pas servis de nos armes temporelles; die ne s’est pas servie de ses armes officie Iles et légales. Elle a fait connaître à la société de Jésus la vérité des choses, des faits, des lois, Tétai des esprits en France, lui donnant ainsi à juger elle-même de ce qu’elle avait à faire, de la conduite qu’elle avait à tenir dans Tintérêt de la paix publique, de l'Eglise, de la religion. J’ai une vraie et profonde satisfaction à dire que, dans celte affaire, h conduite de tout le monde a été sensée, honorable* conforme au devoir de chacun*

La société de Jésus a pensé qu’il était de son devoir de faire cesser Tétât de choses dont la France se plaignait et dans lequel apparaissait un péril pour la paix publique, pour TEglise, pour la religion. De toutes parts ainsi, il y a eu acte de libre intelligence cl de bons procédés.

Je le demande à la chambre, n’était-ce pas là la façon la plus libérale, la plus religieuse, la plus pacifique, la plus pacifiante, permeUezmoi le mot, de résoudre la question ? (Approbation*)

Je dis la façon d’agir ta plus libérale, car nous n'avons employé aucun autre moyen que la persuasion. Nous nous sommes adressés à la libre intelligence, à la raison du pouvoir avec lequel nous traitions ; ce pouvoir a agi de meme de son eu té.

Je dis aussi la plus religieuse, car c’est au pouvoir spirituel lui-même, au chef de l’Eglise, que nous nous sommes adressés*

J’ajoulc enfin la plus pacifique, la plus pacifiante, car nous n’avons pas engagé de lutte; c’est de gré à gré, par l’accord de tous, par l’accord dek raison et du libre arbitre de lotis, que la question a été Lerminée. G1 était là , j’ose le dire, la politique à h fois la plus élevée et la plus prudente qui pût être employée pour sortir d’une si grave difficulté, (Marque! générales d’approbation.)

yt. LK fniHfBB nu» Aï FAlBEi ^TRiSQKaf^

Je ne remonte à la tribune que pour repousser quelques-unes des paroles dont s’est servi Fhonorable préopinant (I), pour prendre acte de quelques autres et pour lui donner à luiluémc mie explication

Je repousse absolument ces mots = * armée catholique, avant- garde, vainqueurs, vaincus*,.*., nous ne sommes pas

vaincus . Le corps d’armée est encore là* *> Je repousse ions

ces mots, qui sont faux en eux- mêmes, indignes et de l’Eglise

(1) M* de Sionialenibctfl.

dont il s'agit et de la chambre devant laquelle ils ont été pron onces , (Ma rqu es d'a p p r oha lion .)

L'Eglise catholique n'esL pas une armée campée au milieu de la France ; l'Eglise catholique n'est point en guerre avec le Gouvernement du Roi; l'Eglise catholique n'a point d'avantgarde en face du Gouvernement ; l'église catholique est une église française (Mouvement), française et universelle, qui vit en France sous la protection du Gouvernement français, qui profite de ses lois, qui les respecte, et qui donne à tout le monde l'exemple de les respecter . Il n’y a point de guerre entre elle et nous. Quand j'avais l'honneur de rappeler tout à l'heure, à celle tribune, tout ce que le Gouvernement du Rofa fait pour elle, à coup sûr les idées d'armée, d'avant-garde et de guerre étaient bien loin de mon esprit. Je les repousse absolument, et je prie la chambre de n'en tenir aucun compte ; ce sont- là des mois faux et trompeurs, qui ont pu traverser cette chambre, mais qui ne doivent pas y rester. (Très-bien î trèsbien ï)

Voici d'autres paroles de l'honorable M, de Montalembert, dont je veux prendre acte.

L'honorable préopinani, sans m’en féliciter, sans s'en féliciter lui-méme, a reconnu, a proclamé qu'il y avait, dans les questions religieuses qui ont occupé et qui occuperont longtemps les chambres et le pays, un élément fâcheux, un mauvais prétexte qui pesait sur Lout le monde, et que cet élément, ce prétexte étaient maintenant ccarLés.

Cela est vrai; et c’est là une des raisons qui ont déterminé la conduite du Gouverne ment du Roi. Il a fortement tenu à ce que personne en h rance ne prît la congrégation des jésuites pour t'Eglise catholique, à ce que l'Eglise catholique elle- même ne crût pas qu'elle était la congrégration des jésuites, Il les a soigneusement séparées; il se félicite que la séparation soit accomplie.

Maïs, eu disant que ce fâcheux élément de la question a eté *MrtèÈ W* sagesse du chef de l'Eglise lfa écarté, ei l’a écarté par les moyens les plus moraux , les plus libéraux, les plus pacifiques, ai-je dît que toutes tes questions éUueul résolues? ai-je dit que lent était fini ? ai-je dit que la loi sur la liberté d'enseignement et sur L'instruction secondaire était faite? Une leüepeusée n’a pu traverser mon esprit. L’honorable M, de Montalcmbert a raison i toutes les questions qu'ri vient de rappeler reparaîtront devant vous : vous aurez à résoudre la question de la ïiberLéde renseignement; vous aurez h tenir la promesse de la charte. Le Gouvernement du floi le sait parfaitement ; c’est un débat qui s’agitera dans les chambres, devant le public; il s'y agitera, il s’y résoudra; il sera vidé par les pouvoirs publics, suivant la raison publique, suivant les promesses de la charte, qui seront sérieusement et sincèrement tenues Et quand cela sera fait, quand cette question eL toutes celles qui peuvent s’y rattacher auront été constitutionnellement traitées et résolues, j’espère que T honorable M. de Montalembert, comme tous les hommes qui partagent ses opinions, se soumettra à ccUe résolution. Aujourd’hui l'honorable comte; de Montalcmbert, en sa qualité de catholique, se soumet au chef spirituel de l'Eglise; plus lard sans doute, en sa qualité de Français, il se sou mettra aux lois constitutionnelles du pays, rendues dans les formes constitutionnelles du pays. (Très bien l très-bien J) C'est là le devoir de ioul te monde.

Quand ces questions reviendront devant vous, messieurs, elles seront librement discutées ; elles seront discutées sans la présence de ce prétexte trompeur, de ce venin qui s'y mêlait et les altérait dans l’esprit de beaucoup d 'honnêtes gens. EL alors je croîs que beaucoup des idées de l'honorable M. de Moulai embert à cc sujet seront écartées, car je les crois erronées ; je crois qu'elles perdraient la liberté de renseignement au beu de la fonder ; qu’elles nuiraient à l’Eglise catholique

au lieu de la servir. Nous dirons nos raisons, vous direz les vùtres \ les chambres prononceront, et, je le répète, quand la loi sera rendue en France, vous ions soumettrez constitutionnettement à la loi tic France comme vous vous soumettez aujourd'hui spirituellement à la sagesse de la cour de Home, (Nouvelles marques d* approbation ,)

EXTRAIT DU MOISIT EUR UNIVERSEL du 16 juillet 1815.

Imprimerie PAïtCKOtJCtE , rue des Poitevins, 6.

IHSCOUKS

PHtmONCÉS

MT1VÏSTRF DES AFFAIRES ETRANGERES

PENDANT LA SESSIOH DES CKAHBftEh

DI IftU-1845.

13 janvier 1845, Chambre des Pairs . — Discussion du projet d'adresse. (Sur Peusemîile de la politique.)

15 — Chambre des Pairs , — Discussion du projet

d'adresse, (Traie* arec le Maroc,)

21 — Chambre des Députés. — Discussion du pro¬

jet d'adresse, ( Enseiuble de la politique, — Traité arec le Maroc. — Affaires de Taïti. — Hégodaiioaa pour la suppression du droit de Tiaîte.)

25 — CAaîîî&re des Députés, — Discussion du pro¬

jet d'adresse, (Affaires de TatïL)

20 février 1845. Chambre des Député». — Discussion du projet de loi portant demande d'un crédit complémentaire pour les dépenses secrètes de J 845, (Destitution de M, Drauynile-Lhuj§*)

21 février 1845. Chambre des Députés. — Discussion du projet de loi portant demande d’un crédit complémentaire pour les dépenses secrètes de 1845. (Négociations pour h suppression du droit de visita. — Question parlementaire.)

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