DANS LA DISCUSSION DIS L'ADRESSE
Séance du * à janvier 18 A A
Messieurs»
Je me félicite, comme l'honorable prêopinant (I), de n’êlre pas obligé de rentrer dans cette ornière de rècrimmalionSj de vieilles querelles à propos de vieilles questions, dans toute cette polémique rétrospective qui n’a plus aujourd’hui beaucoup d'intérêt, et qui, au moment où l’on demande que la politique du pays soit grande, court te risque d’oter au*, débats de la chambre Loute leur grandeur* Je pourrais y ren* Irer; rhonorable préopinant n’a peut-être pas accompli son intention aussi réellement qu’il l'avait annoncé. Il a mîs de côté» j'en conviens, la politique de 1840, en attaquant celle de 1 844 ; c’était fort simple. Je pourrais, à mon tour, attaquer celle de 1810, sans la comparer è celle de 1844, Je ne le fe^ rai point; je laisserai 1810 de côté; si je le rencontre sur
(i) M. Thîcr».
NiuD chemin, par farce, par nécessité, la chambre me permettra de lui dire un mot! un seul mot en passant * {On rit*) L’honorable préopinant a adressé au cabine t, el à moi en particulier, comme ministre des affaires étrangères, deux sortes de reproches très-divers. Sur certains potnLs il m’a dit ; « J'aurais fait, il fallait faire tout autre chose que ce que vous avez fait, » C’est là un reproche clair, saîsissable, facile à discuter. Sur d’autres points, l’honorable préopinant n’a pas été si loin; il a dit : « Il fallait faire, j’aurais fait au fond ce que vous avez fait; mats je l’aurais fait autrement, je l’aurais fait mieux ; vous vous y êtes mal pris, » Ceci est un reproche bien vague, et auquel U est bien difficile de répondre* Ce n’est plus une question de principe, une question de système; cela devient une question de tact, de mesure, de savoir-faire, d’habileté personnelle; question, je le répète, infiniment plus difficile à porter et à discuter à celte tribune*
L'alliance anglaise 3 L’honorable préopînant la veut d’une certaine façon, sur de certains points, dans une certaine mesure; mais enfin il la veut, il l’approuve, il la croit bonne au fond des choses pour la France ; il pense à cet égard comme le cabinet : seulement il l’eût mieux conduite que le cabinet*
Je me rappelle que sur une question bien différente, je croîs en 1 836 ou 1837, Thonoralde préopinant parlant de ce qui sc passait en Algérie, disait : « C’est une guerre mal faite ; il faut en Algérie une guerre bien faite* » L’honorable préopinant avait raison* Il a eu le pouvoir depuis qu’il a dit ces paroles-là. Rien n’a changé dans l’Algérie ; la guerre n’a pas èLê mieux faite sous le ministère du lçr mars qu’auparavaut (Mouvement.) C’est le cabinet actuel qui a changé la guerre de l’Algérie; c’est le cabinet actuel qui y a envoyé l’homme qui a bien fait la guerre; et il l’y a envoyé parce qu’il le croyait capable de la bien faire ; et, après l’avoir envoyé, le cabinet actuel l’a soutenu ; il lui a fourni sous sa responsabi-
fltêj sans craîate des débats que cela devait faire naître dans les charnières, il lui a fourni tous les moyens d'action dont il avait beroîn. Il en est résulté ce que l'honorable M, Th sers demandait en Î838 et 1837, une guerre bien faite. M/Fiiim l’arait dit ; le cabinet actuel l'a fait. (Rires approbatifs.)
Je crains que dans les affaires étrangères, en diplomatie, la meme chose n'arrivât; je crains que nous ne vissions pas les affaires extérieures, Radiance anglaise, par exemple, mieux faites, mieux conduites par l'honorable prèopinarit; je crois que c’est le contraire qui arriverai! on serait arrivé, et voici mes raisons.
J'cn ai deux qui ne persuaderont certainement pas Thono* rablc préopinant, mais qui, en ré liée hissant sur tout ce qui s'est passé depuis quelques années, m'ont, pour mon compLe, pro f o n d é men t co n va î n c u .
L'honorable préopinant, il y a peu de jours, nous disait que la situation politique qui lui paraissait bonne, qu'il était pour son compte dispose, décidé à prendre, c'était cette situation intermédiaire qui se place entre les deux grandes opinions qui se partagent la France et la chambre, rfeu épouse complètement aucune, et s'applique tantôt à les satisfaire, tantôt à ies endormir toutes les deux, en leur faisant à l’une et à l’autre des concessions alternatives, en donnant, par exemple, à L'opinion pacifique, conservatrice, la note du 8 octobre; à Ropinïon populaire, belliqueuse, les préparatifs de la guerre au printomps. {Mouvements divers.)
Eli bien, messieurs, cette situation, cette direction politique, que préfère l'honorable prèopïnanl, il est très-possible qu'elle aide à la formation d'un cabinet, il est très-possible qu’elle aplanisse pour lui les premières voies, qu'elle facilite ses débuts; mais tenez pour certain que si elle écarte de premières difficultés, elle en amène bientôt de plus graves; tenez pour certain qu'elle est pleine d'abord d'hésitation, et bientôt après d’en Ira inement. On ne tient pas longtemps sur
une ligne si étroite ; on tombe bienLôl d'un coté ou de Vau- Ire* Et ce qui arrive dans les affaires intérieures arrive inévitablement aussi dans les affaires extérieures; là aussi, pour agir avec efficacité, avec dignité, il faut avoir un parti plus décidé, eL s'établir sur un terrain plus large.
De plus, c’est un des caractères de la politique de l'honorable préopinant, de tenir beaucoup de compte, de traiter avec beaucoup de ménagement l'opinion extérieure quotidienne* (Mouvement,) C’est, à mon avis, un mauvais moyen de faire de la bonne politique extérieure, encore plus que de la bonne politique intérieure. Quand on attache tant d’importance à ces Impressions si mobiles, si diverses, si légères, si irréfléchies, qui constituent cette opinion quotidienne étrangère au parlement, la politique s’en ressent profondément.
Je sais qu'on appelle cela le sentiment national. (Mouvement.)
Messieurs, quand nous avons travaillé à fonder un gouvernement libre, c'est précisément pour que ces impressions premières, de quelque part qu'elles vinssent, fussent profondément, sévèrement examinées, discutées, contrôlées, pour qu’elles n'eussent pas le droit de s’appeler le sentiment national avant d'avoir passé par l’épreuve des grands pouvoirs de l’Ëlat* (Très-bien, Irès-bien ])
Ce qui est pour nous le sentiment national, c’est l'opinion, l'impression qui reste dans vos esprits , dans Je pays, quand une longue et forte discussion y a passé* Voilà ce que nous appelons le sentiment national.
L’honorable préopinant me permettra de lui dire que dans tes débats qui se sont élevés entre lui et nous, dans les questions qui ont été posées entre nous, ce sentiment national, le dernier , le véritable, le sérieux, a élè de notre célé et non pas du sien. (Vif mouvement d'approbation au eëitre. — Réclamations aux extrémités.
Je ne croîs donc pas que, placé dans la situation dans laquelle nous avons été places en 1840, appelé â conduire, au milieu des difficultés qu*il a rappelées, les affaires du pays, l'honorable préopina nt eût fait, autrement que nous, la meme chose que nous ; je ne crois pas qiTit eût pratiqué la même politique; il en aurait, je crois , pratiqué une autre, qui eût eu de bien autres résultats.
Il disait tout à l’heure que la paix était facile, nécessaire, presque infaillible; qu’il n'y avait plus aucun moyen de la troubler* Il a représenté la paix descendant sur le monde comme la pluie et le soleil, par le seul fait de la volonté de la Providence, descendant sur les bons et les mauvais, sur les justes et les injustes, quelque conduite que tinssent lés hommes. (Murmures à gauche,] il n'en est rien. Le maintien de la paix, de l’ordre régulier dans le monde, rfest pas si facile à assurer. Nous en avons fait une épreuve trop récente, et que personne n'a dû encore oublier, La sagesse des hommes, la diversité des conduites, y peuvent exercer et y exercent réellement une grande influence, et pour mon compte, je ne doute pis que si, au lieu de changer, en 1840, de politique et de mains, si au lieu d’être conduites dans un autre esprit et par une autre roule, les affaires étaient restées dans les mains et dans la route où clics élaieriL alors, la pais n’existerait pas en 1844 comme elle existe. (Adhésion au centre.)
Maintenant, messieurs, voyons tes reproches adressés à la conduite actuelle du cabinet , abstraction faite de tous les antécédents. Il a recherché , il a rétabli , dit-on , sans nécessité, sur des questions qui n'existent plus, pour des questions qui n'en ouL pas besoin, impatiemment, sans aucun égard pour le sentiment national, l’alliance anglaise , l'ancienne alliance anglaise.
Hier, messieurs, en vérité, je croyais avoir répondu d’avance à cette objection. Je me suis formellement expliqué* Quand nom nous sommes servis des mots ■ bonne int$lligenvet
entoile cordiale, » ce n’était point pour faire illusion sur le fond des choses, c’est qu’ils exprimaient bien noire pensée* L’honorable orateur le sari comme moi ; une alliance, c’est un engagement formel sur des questions déterminées et dans un but spécial ï les exemples qu’il en a rappelés tout à l’heure le prouvent, La convention pour aller prendre Anvers et vider, a celle époque, les affaires de Belgique; le Irai Le de la quadruple alliance pour les affaires d’Espagne, voilà des alliances, des alliances véritables. Je ne veux en quoi que ee soit rien retrancher à la valeur des termes dont nous nous sommes servis et dans le discours de la Couronne et dans la discussion. À Dieu ne plaise que je Les affaiblisse en aucune manière l Oui, ces termes expriment le bon vouloir, la bonne intelligence des deux gouvernements enlre eux. Ils expriment que sur certaines questions, les deux pays ont compris qu’ils pouvaient tenir d’accord une certaine conduite, qu’ils pouvaient s’entendre cl agir en commun, sans engagement formel, sans aucune aliénation d’aucune partie de leur liberté. Voilà ce que dit le discours (le la Couronne, ce que j’ai répété dans la discussion*
Je ne comprends pas qu’on vienne après cela reprendre Les anciens mots qui désignaient des choses différentes, pour les appliquer à des choses auxquelles ils ne s’appliquent pas, et prétendre que les mots nouveaux ont Le même sens que les anciens. Je n’ai rien caché f je n’ai rien dissimulé ; il n’y a pas d’engagement proprement dit, il y a bon vouloir commun et action commune, mais libre, des deux gouvernements dans les questions qu’ils sont obligés de traiter en commun : voilà le fait rétabli dans toute sa vérité. (Très-bien !)
Si l’honorable préopinant n’avait tiré des paroles dont il s’est servi aucune conséquence importante, je n’y attacherais pas, inoi-même, l’importance que j’y attache en ce moment ; mais la chambre l’a entendu so plaindre que nous ayons blessé le sentiment national et aliéné la liberté du pays. Je ne puis
accepter nî l’un ni l'anlre de ces deux reproches* Je n’ai point oublié les événements tic 1840 et l’offense que le pays a reçue à cette époque ; je m’en suis expliqué franchement plus d’une fois k cette tribune* Mais enfin le cabinet» je pourrais dire le ministre, de qui celte offense provenait, est tombé. Ses successeurs ont témoigné avant leur avènement, depuis leur avènement, les sentiments les plus bienveillants, non-seulement pour ta France, non-seulement pour les rapports de TAngleterre avec la France, mais pour le Gouvernement sorti de notre révolution de Juillet* Ils l’ont, h plusieurs reprises, avoué, hautement avoué, loué. Qu’y avaitil à dire? Fallait-il reporter sur eux les torts de leurs prédécesseurs et nos éternelles rancunes? Les peuples ne vivent pas de fiel. Quand de grandes questions se présentent, quand des rapports nécessaires existent entre deux gouvernements ; quand ccs rapports sont bienveillants, loyaux, non-seulement en paroles, mais dans les actes; quand aucune des propositions qui sont faites n’a rien qui choque la dignité nationale ni les intérêts généraux ; quand, au contraire, à chaque instant on prend soin de les ménager, faudra- t-il, à cause d’une ancienne querelle, d’une rancune contre un fait particulier, contre un homme, que les peuples, que les gouvernements se condamnent éternellement à des mauvais rapports : À de mauvais rapports, arec qui? Avec les hommes qui les ont mérités, à la bonne heure ! mais avec ceux qui ne les ont pas mérités , je ne le comprendrais pas ; cette conduite serait insensée.
Nous n’avons donc en aucune façon blessé le sentiment national, car ce sentiment ne s’adressait ni h la nation anglaise, ni au gouvernement anglais actuel ; il s’adressait à des hommes qui sont tombes* (Très-bien \)
En quoi donc, messieurs, je vous le demande, avons-nous été impatients? Je cherche un prétexte sérieux, tant soit peu fondé à ce reproche, je n’en trouve aucun. Sur lotîtes les
questions, nous avons attendu, nous n’avons été au-devant de rien. J’ai fait passer sous les yeux de la chambre la cou* duite que nous avons tenue eu Espagne, en Grèce, en Orient; on peut critiquer cette conduite; mais on n’y trouvera pas un seul cas où nous ayons été au-devant du gouvernement anglais.
Un membre à gauche* El le droit de visite ! vi. n: vf imhthu. On fait allusion à la question du droit de visite ; je la prendrai demain ; nous l’avons tous, d’un commun accord, ajournée a ta discussion sur l’amendement de \ honorable M. Billault. (Marques d'adhéssion*}
Je ne veux pas répéter Lout ce que j’ai mis avant-hier sous les yeux de la chambre ; mais prenez l’Espagne, On peut quereller» on peut désapprouver ta conduite que nous y avons tenue ; mais certainement nous n’y avons Fait aucune avance au gouvernement anglais ; nous n'avons témoigné aucune impaîiencu; nous avons attendu que les événements, non pas le hisard, comme l'a dit l'houorabîe préopinant, mais la justice
de la Providence . (Humeurs â gauche,)
En vérité* messieurs, j’ai bien de la peine à comprendre ces murmures : si jamais événement s’est accompli de luïmème, par des causes étrangères è toute influence extérieure ou factice, par le seul mouvement national, sans aucune espèce de résistance de la part du pouvoir qui possédait tous les moyens de résistance, si jamais un tel événement s'est accompli de la sorte, c'est ta chute du duc de la Victoire en Espagne* (Mouvements divers,)
■te dis donc qu'on n’a pas le droit d'appeler cela le hasard, car il n'y a rien eu de plus naturel et de plus conforme aux probabilités morales.
Quant à la Grèce, i’honurable préopinnnl disait tout à l'heure que U veille de la révolution grecque nous étions en désaccord, l'Angleterre et nous, â Athènes. Il a été mal informé. Le gouvernement anglais ne poussait en aucune fa-
con à l'introduction d’une constitution complète en Grèce* Le gouvernement anglais avait adopté les vues de réformes régulières, administratives, que j’avais eu l’honneur de proposer,
II les appuyait de toute son influence à Athènes*
C’est encore naturellement, spontanément, sans aucune suggestion étrangère que les événements de Grèce se sont accomplis, et nous étions d’accord Ia veille à Athènes, tout aussi bien que le lendemain.
On peut parcourir, messieurs, toutes les questions ; on ne trouvera nulle part que nous ayons témoigné aucune impatience, nulle part que nous ayons dit une parole dont le sentiment national puisse se dire blessé*
Nous avons tranquillement attendu que jusLice nous fût rendue ; nous avons tranquillement attendu que la vérité, la bonne politique se fissent jour a travers les nuages qui s’étaient amoncelés en 1840* Ce jour-là est arrive* La vérité a paru; le bon sens est devenu la politique de P Angleterre comme de la France, Voilà comment la bonne intelligence s’est rétablie. Il n’y a eu aucun artifice, il n’y a eu aucune impatience : seulement des cabinets étrangers aux querelles de 1840, uniquement frappés de l’intérêt des peuples, ont compris quHl n’y avait aucune raison de persister dans de mauvais rapports, dans des rancunes devenues sans objet; et la lionne intelligence, l'entente cordiale, Faction commune se sont rétablies facilement, naturellemenl, sans impatience de notre part, sans aliénation de notre liberté, (Très-bien très-bien î )
Voilà, messieurs, les traits véritables de notre situation et de notre conduite* Certainement Us ne sont pas en rapport avec le tableau que l'honorable préopinaut vient d'en faire.
U a parlé de deux questions sur lesquelles, avant-hier, j'ai passé légèrement* Je donnerai, et sur la question de Jérusalem, et sur la queslïou de Servie, quelques détails pour mon-
— ta —
irer combien sont intactes les conséquences que Hiqnorable préopinant a voulu en tirer,
La chambre connaît les faits quant à Jérusalem, elle sait Pi iis u lie que notre pavillon, au milieu tfane émeute, a subie sur la maison du consul* Il y avait là une injure à réparer, un droit à maintenir, et en même temps il y avait à prendre garde que notre situation générale envers l’empire Ottoman, que notre politique ne fût altérée, faussée par cet incident.
J’ai dit qu’il y avait un droit à maintenir, je le pense, messieurs; non pas que nous trouvions dans nos capitulations le droit formel d’établir notre pavillon sur toutes les maisons consulaires anciennes ou nouvelles, dans Pinlêricur des terres ou sur le bord de (a mer; non ; mais comme nous avons un traité qui nous assure le traitement de la nation la plus favorisée, et que les traïLés russes accordent indistinctement ïe privilège du pavillon aux Russes, ce même droit nous appartient, nous le maintenons, nous le revendiquons et nous l’avons exercé naguère sur un consulat nouveau, à Erzeroum.
Je maintiens donc pleinement le droit*
Mais îl est un fait que ni l’bonorahîe préopinanl, ni personne n’n rappelé; c’est que, dans les trois villes qu’on appelle les villes saintes, à Jérusalem, à Alep, à Damas, ce droit n’a Jamais été exercé par aucune nation européenne, nï par les Russes, ni par les Anglais, ni par les Autrichiens, ni par personne* Comme ce sont là les villes où le fanatisme musulman est le plus vif, les Européens ont été naturellement conduits à laisser dormir leur droit*
Il en est encore ainsi à l’heure qu’il est ; les pavillons anglais, autrichien, russe, n’ont jamais été arborés dans aucune de ces trois villes*
L émeute donc ayant éclaté à Jérusalem, nous avons réclamé sur-le-champ*
La Porte a commencé par contester un peu le droit* Quand elle a vu que nous le maintenions fermement, elle a dît : h If
y a là pour moi une grande difficulté matériels, ce que vous demandera Jérusalem, d’autres le demanderont comme tous; ou le demandera à Damas, à Alep. Les émeutes se mulljplteronl, ce soûl tes populations les plus fanatiques de mon empire» Il y a eu même temps une grande difficulté morale. Cela n’est jamais arrivé; cela me décriera, m'affaiblira dans l'opinion de mes sujets» Attendez, faîtes comme les autres, ne demandez pas à exercer voire droit complètement, immédiatement. »
Nous avons fait ce qu’ont fait les autres gouvernements européens* Nous avons exigé une réparation, la voici :
Nous avons eu la punition des coupables de l’émeu Le» ïl y en a dix, à SamtJean-d'Acre, aux galères; de plus, la destitution du pacha ; un pacha nouveau allant chez le consul lui faire des excuses à raison de ce qui s'était passé; enfin le salut de noLre pavillon k Beyrouth*
Nous avons cru qu’il était d'une bonne politique, d’une politique française, en maintenant notre droit, de nous contenter, quant à, présent, de cette réparation. (Mouvement d'approbation.)
Je if hésite pas à dire que nous avons bien agi, et que dans une situa Lion analogue d’autres puissances se sonL contentées à meilleur marché que nous*
On a parlé d'un fait de même nature arrivé en 1841 au pavillon autrichien, dans le port même de Constantinople ; voici la réparation qui a éLé obtenue et] dont L'Autriche s’est contentée. Voici îe bulletin de Constantinople du 17 septembre 1841, rendant compte de la réparation accordée à f Autriche.
« . - . Après bien des difficultés et des objections
suscitées dans le conseil, principalement par Tahir-Facha, le grand-amiral, qui voulait que la Porte, loin d’accorder La satisfaction demandée, en exigeât une de l’internonce, il fut
convenu :
« Que le pacha de Tophana se rendrait ebest le baron de Sturmcr, à Buïukdérè, non pour lui faire des excuses , mais pour lui donner des explications sur ce qui s'était passé, et lui exprimer les regrets de la Porte à ce sujet.
« Que l'indemnité demandée serait accordée *
« Quant au troisième point, tout en sc montrant disposée à faire au pavillon d'Autriche, lorsqu'il serait hissé de nouveau, un salut de vingt-un coups de canon qui serait rendu par le brick de guerre autrichien h flfofttecucuJïi, la Porte fit dire à l’internonce, de la part du sultan, que S, IL attacherait un prix particulier à ce qu’il n'insistât pas sur Pexéen lion de celte clause.
* Mi de Slurmer consentit à ce que le salut n'eût pas lieu. »
Messieurs, quand il s'agit de nos rapports avec l'empire Ottoman, et que ces rapports ne se compliquent pas de questions européennes, en vérité, sans parler de générosité, ce n'est pas un mol convenable, tout le monde doit trouver simple qu'un grand gouvernement, qu'un grand pays, ne se montre pas si difficile et si susceptible en fait de réparations, (Approbation au centre,) Il n'y a pas là un conllit de forces; la dignité de la France n'est point engagée dans de telles affaires, Elle a eu une réparation éclatante, elle a eu celle qu'elle a demandée ; je crois qu'il était sage de s'en contenter. (Nouvelle approbation.)
Et il n'y a eu dans cette question, je le répète, aucune complication européenne. Aucune autre puissance n'y a pris la moindre part, aucun étranger n'y est intervenu. Les agenls anglais n'ont été pour rien, ni pour faire accorder la réparation, ni pour la faire atténuer.
L’honorable préopinanlavoulu faire rentrer cet incident dans la situation générale de la France en Orient ; il a voulu que l'Angleterre jouàL un rôle dans cette affaire : elle n'eu a joué aucun. C'est un incident parfaitement étranger à nos rap-
ports en Orient arec toutes les autres puissances de l’Eurape.
Je viens à la question de Servie, dont l'honorable prêopînant a voulu tirer des conséquences analogues.
Celle-ci est d’une autre nature ; c’est, en effet, une question générale*
La chambre sait les faits; je ne les rappellerai pas : si une discussion s’élevait à ce sujet, j’entrerais dans des dé* tails. Quant à présent, je ne les crois pas nécessaires. Deux questions s’élevaient : une question purement locale, fl y avait lieu à interprétation d’un traité entre la Porte et la Russie sur le degré d’intervention que la Russie pouvait exercer dans les affaires de la Servie ; la Russie attachait à ce traité un sens que la Porte contestait. Il pouvait naître de là une question européenne. C’était là, je ie pense, une grande occasion de faire rentrer, comme je le disais a vanhier, les affaires de fa Porte dans ïe droit public européen.
Mais pour que ce but fût atteint, l’accord des quatre puissances européennes autres que la puissance intéressée, Ja Russie, était évidemment nécessaire , particulièrement l'accord de ï* Au triche , la plus voisine, la plus engagée dans La question.
Messieurs, il est sage de ne pas entrer légèrement dans de si grandes affaires, de ne pas y entrer, sans en avoir bien examiné et les difficultés et les chances de succès. Avant donc de rien faire, avant de rien dire qui impliquât la France dans la question de Servie, nous avons voulu nous assurer de la disposition des autres puissances. Nous avons, comme je le disais avant-hier, acquis Li conviction que l'Autriche ne jugeait pas à propos d’entrer dans la question, que son avis était que cetLe question devait se vider entre la Russie et la Porte seules.
Le cabinet anglais, voyant f Autriche se retirer de la question t n’a pas cru non plus devoir y entrer; notre conduite
était dès lors tracée, nous Savions aucune raison d’aller prendre seuls à noire compte une question semblable.
C’est là La première phase de la question. Voici la seconde.
Quand la Russie s’est trouvée tête à tète avec La Porte, nous avons donné à la Porte des conseils amis et éclairés ; nous lui avons conseillé de tenir fidèlement le s engagements qu’elle avait pris avec la Russie, rengagement de révoquer le prince qui avait été élu au milieu d’une révolution, et dédaigner de Servie les deux ministres qui avaient concouru à cette révolution.
En même temps , nous avons engagé la Porte à profiter des circonstances qui se montraient favorables en Servie pour maintenir une portion de l’événement qu’elle n’avait pu maintenir tout entier. Le nouveau prince a été réélu par le vœu national. La Porte a ma in Lena cette élection ; la Russie l’a acceptée et les deux ministres se sont éloignés du pays, ils s’en sont éloignés par un acte vraiment patriotique, pour que le mouvement qui avait eu ce résultat de mettre un prince national à la place d’un prince dévoué a une inlluenee étrangère, ne fût pas remis en question.
Voilà ce qui est advenu; voilà comment la question a été définitivement résolue par un demi-succès pour la Porte, et un demi-succès pour la Russie.
Il n’y a pas un homme ayant étudié sérieusement la question qui ne sache que le changement accompli, dans la famille qui gouverne la Servie , a une vraie importance pour les libertés du peuple serbe et pour te maintien du droit de souveraineté de la Porte eu Servie.
Sans aucun doute, si les puissances européennes en avaient jugé autrement, si elles avaietiL voulu se charger du rôle de médiatrices et d'interprètes du traité, cela aurait mieux valu pour l’Europe, pour la Porte et pour la Servie. Mais c*est là une de ces questions qu’on ne peut résoudre seul. Et quand le concours des puissances intéressées manque, il faut savoir
reste rén repos et se borner à donner de sages conseils. (Trèsbien l Irès-bien î)
Tous le voyez, messieurs, en Espagne, en Orient, à Jérusalem, en Servie, point d'alliance proprement diLe entre nous et ie cabinet anglais, point d'engagements spéciaux et formels, mais partout ou cela a été possible, entente cordiale, bon accord entre les deux gouvernements, parce qu'ils sont animés d’un bon vouloir réciproque et sincère*
Ce n'est pas là cette alliance donL on parlait Lout à l'heure, et qui gênerait notre liberté pour l'avenir s'il survenait des évènements qui appelassent l'usage de notre liberté; elle n'est engagée en rien ; vous êtes libres, parfaitement libres dans vos rapports avec l'Angleterre, comme dans vos rapports avec toutes les autres nations* Seulement, appelés avec l'AngïeLerre à un contact plus fréquent sur un plus grand nombre de points, dans un plus grand nombre de questions diverses, animés de nobles sentiments communs , dirigés par des principes communs en matière de gouvernement et d'institutions, nous avons repris ces liens, ces sympathies naturelles, quand l'occasion s'en est présentée, et cela sans faire aucun de ces sacrifices, sans contracter aucun de ces engagements dont ou a parlé tout k l'heure.
On dit que, s'il était mi jour nécessaire de manier l'épée, il n'y aurait pins que des mains débiles pour la porter.
Messieurs, il n'y a personne dans cette chambre, sur aucun de ces bancs,,,
». «VOT-DK8FOVXAO es * On n'a rien dit de pareil, (Bruits divers,)
3i. Utt [fiiviMTiti:. Si on ne l'a pas dit je relire ma plainte, mais il n'y a personne dans cette chambre qui n'eût le droit de se plaindre d'entendre prononcer une telle parole.
Le jour où il sérail nécessaire de se servir de l'épée, toutes les mains en France seraient promptes à la sabir, (Bruits divers,)
Mais, grâce h Dieu, il n’y a rien de semblable. La paix règne, elle règne sans aucun sacrifice, sans aucun détriment des intérêts ni de la dignité de la France* Les vieilles rancunes, les vieilles querelles s’amorlissent. Nous ne rencontrons plus devant nous personne à qui nos reproches puissent s'adresser; nous ne rencontrons que des intentions, des dispositions, justes, équitables, mesurées, bienveillanles*
Vous ne pouvez hésiter â parler de la bonne intelligence quand la bonne intelligence est réelle, quand les fails le démontrent tous les jours.
C'est en rendant justice à ce fait, c’est en le proclamant vous*mêmes que vous le maintiendrez, que vous le développerez* La paix veut être soignée, cultivée, la bonne intelligence des nations ne se maintient pas tonte seule; il faut montrer à son tour des dispositions, des intentions équita blés, bienveillantes. Ne craignez pas de les manifester; votre dignité n'est pas intéressée à ne pas rendre justice à la vérité, à la bienveillance, à l’équité ; votre dignité n'est pas intéressée a vous montrer rancuniers, pleins d’humeur, quand aucun motif, aucun motif réel, sèrieus, n’en existe*
Croyez, messieurs, croyez bien que la politique que nous avons pratiquée depuis trois ans, bien loin d’avoir affaibli noire pays dans la balance des affaires européennes , croyez bien , car on le dit, on le sent partout , croyez que cette politique a fortifié, a élevé sa considération et son influence* {TFeS'bien l)
L'honorable préopînant a mentionné un incident que je regrette de voir porter à cette tribune, mais sur lequel il m’est cependant impossible de ne pas dire un mot. Il a parlé de ce qu’il a appelé le rappel de l’ambassadeur de Russie* (Ecoulez ! écoulez!)
Personne n’a le droit de se servir d’un tel mol, L'ambassadeur de Russie à Parts n’a jamais éLè rappelé; l'ambassa-
deur de France à Pêtersbourg n’a jamais été rappelé. (Humeurs.)
L’ambassadeur de France à Pêtersbourg était en congé à Paris ; l'ambassadeur de Russie à Paris retourna à Pètersbourg. (Rires à gauche.)
Messieurs, la chambre ne peut pas ne pas sentir que je parle ici d'une question délicate (Au centre. CJest évident), que fen parle parce que j’y suis forcé; si je n’en parlais pas, j’aurais l’air d’accepter ce qui en a été dit par l’honorahle prèopioant. (Très-bien!) CJest donc lui, et lui seul qui m’oblige à en parier (Nouveau mouvement cPadb&ién) ; car je ne puis accepter ni le sens qu’il a donné a ce fait, ni les conséquences qu’il en a tirées. Tout cela est faux.
L’ambassadeur de France â Pêtersbourg était en congé â Paris. Deux ou trois mois, si je ne me trompe, après son arrivée à Paris, l’ambassadeur de Russie à Paris retourna à Péters bourg. Dans le motif qui fut, pas le moins du monde donné par son gouvernement, mats représenté dans le public comme le motif de son retour â Pêtersbourg, nous crûmes trouver quelque chose qui ne s’accordait pas avec la dignité du Gouvernement du Roi ; nous crûmes de notre devoir de tenir une conduite qui montrât que nous ressentions le motif qu’ort attribuait à ce départ. L’ambassadeur du Roi h Pêtersbourg resta à Paris. Plus tard, nous eûmes lieu de supposer que les deux ambassadeurs pourraient retourner simultanément à leur poste. Nous avons pensé alors que ce double retour ne devait avoir Heu que d'une manière qui saLisflt pleinement à la dignité de notre Roi, et qui le garantit complètement, à Pa venir, de pareils bruits, de pareils incidents.
Je puis donner à la chambre cette certitude qu’à aucune époque 1a dignité du Roi et de son Gouvernement n’a été plus scrupuleusement maintenue. Nos rapports avec la Russie sont parfaitement réguliers. Ce n’est pas la première
fois que des chargés d’affaires résident seuls auprès de grands souverains, mais nous tenons que les rapports des souverains doivent être aussi parfaitement digues que ceux de leurs gouvernements sont réguliers* C’est la ce qui a fait la règle de notre conduite* Je suis sûr que ce que j’ai l’honneur de dire devant la chambre est compris de tout le monde et le sera partout. {Sensation prolongée.)
'il* i/i nïYiNTKtE : f )* Il faut que tout soit parfaitement clair pour la chambre el pour chacun de nous.
Voilà trois ans, plus de trois ans que le cabinet qui siège sur ces bancs a travaillé, d’abord à raffermir la paix compromise, puis à rétablir les bons rapports de la France avec toute l’Europe, ensuite à rétablir la bonne intelligence entre la France et PÀugleterrc, les deux nations qui ont entre elles les relations les plus intimes, les plus fréquentes* Depuis plus de trois ans, c’est là le but que poursuit le cabinet.
Le cabinet vient dire, dans te discours de la couronne, non pas que toutes les difficultés ont disparu, non pas que la France et l’Angleterre sont d’accord sur tout ; non : *1 vient dire que la bonne intelligence, la bonne disposition réciproque, l’entente cordiale règne entre les deux gouvernements.
Le cabinet n’enlcnd pas dissimuler les difficultés qui restent, pas plus celles du droit de visite que d’autres. Quand tl est entré dans les négociations auxquelles la chambre Fa inviLè, il y est entré sérieusement, sincèrement, avec le ferme désir d’y réussir et d’atteindre le but que la chambre lui a indiqué; maïs la première condition pour atteindre ce but, aussi difficile qu’important , c’est que la bonne intelligence subsiste entre les deux Gouvernements. (Marques d’approbation,)
(t) En réppDJttt à M* Dupin aisié.
Sans la bonne intelligence la négociation ne serait pas même possible.
Et c’est le moment où le cabinet vient dire que grâce à celle bonne intelligence rétablie , il entreprend les négociations que vous lai avez indiquées , c’est ce moment que vous prendriez pour effacer cette bonne intelligence l c’est ce moment que vous prendriez pour affaiblir, dans tes relations entre la France et l’Angleterre, ce qui donne le plus de chance de succès pour le but que vous poursuivez î
Que vous dît votre commission ? que vous pro pose -t- elle ? simplement ceci :
tr Nous sommes heureux d’apprendre que la sincère amitié qui unît Votre Majesté à la reine de la Grande Bretagne et l’accord de sentiments entre notre Gouvernement et le sien sur les événements de l'Espagne et de la Grèce, vous confirment. Sire, dans les espérances favorables qui s’attachent à l’avenir de deux nations amies de la France* »
Y a-t-il jamais eu une expression plus réservée, plus mesurée, qui engage moins la chambre et le pays? El c’est là ce qu’on vous propose d’affaiblir i On vous propose d’ùter : « Nous sommes heureux d’apprendre* a On ne veut pas que vous disiez que vous êtes heureux d’apprendre que la bonne intelligence, rétablie entre la France et l’Angleterre, servirai l’heureuse issue des événements de Grèce et d’Espagne. Et pourquoi ne le veut-on pas? dans l’intérêt, dît -on , des négociations sur le droit de visite £ ( Inlerroption. )
vi. uiiLULT. Nous ne disons pas cela , nous traiterons du droit de visite demain.
m. juk HOMK0TRC' C’est à l’honorable M, Dupin que je réponds. Voilà la question. Soit que vous considériez l’état général des affaires du pays et de ses rapports avec î’Anglelerrc, soit que vous considériez les questions particulières d’Espagne cL de Grèce * soit que vous considériez la question
du droit de visite, il n’y a rien, absolument rien dans le paragraphe que nous propose votre commission , qui vous engage au delà de la stricte vérité f de l’intérêt te plus évident du pays, (Approbation*) lût pourtant on veut que vous supprimiez celte expression : g Nous sommes heureux: d’apprendre ! »
Si la chambre se refuse à dire qu’elle est heureuse d’apprendre que ta bonne intelligence esE rétablie entre la France et l’Angleterre , l’teuvrc du cabinet qui , depuis trois ans, siège sur ces bancs et poursuit laborieusement le but que lui indique l’intérêt du pays, cette oeuvre est détruite et ne peut être continuée* {Très-bien! très-bien !)
vi. m: i*iikhii>k*t. L’amendement de M. Bîllault tend h modifier la fin du paragraphe de ta commission, ainsi conçu :
« En Espagne* la reine Isabelle H , qui est Fobjet de la sollicitude affeeLueuse de Votre Majesté* vient d’être appelée, jeune encore, à exercer le pouvoir royal* En Grèce, le roi Othoa s’esi entouré des représentants de ta nation. Puissent dans ces deux pays, la royauté et les libertés publiques tirer une nouvelle force de leur intime alliance. Nous sommes heureux d’apprendre que la sincère amitié qui unit Votre Majesté à la reine de la Grande-Bretagne et l’accord de sentiments entre votre Gouvernement et le sien sur les évènements de l’Espagne et de la Grèce, vous confirment, Sire, dans les espérances favorables qui s’attachent à l’avenir de 'leux nations amies de la France* n
M* BilîauU s’approprie la première partie de ce paragra-
Jjlie jusqu’à ces mois : « Puissent, dans ces deux pays .
e( rl remplace la fin du para graphe par l'amendement qui suit :
* Puissent, clans ces deux pays, amis naturels delà France la royauté et les libertés publiques tirer une nouvelle forcé de leur intime alliance : La sincère amitié qui unit Voire [Majesté à la reine de la Grande-Bretagne, et l’accord que vous nous annoncez entre votre Gouvernement et le sien vous confirment dans celte espérance. »
(L’amendement, mis aux voix, n’est pas adopté.)
EXTRAIT lit- MÜNITELK L’NIVEESEL ilu 25 janvier Ittij*
linpi iiueria PiXctmiCKii, nie de* Poitevins, ti.
IHAMBUE DES DÉPUTÉS
session 1843-1844
PAR M. GUIZOT
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES