‹ Discours prononcésChapitre 6 sur 36 · I»I£CI ESIO* UE I^lDIIEffgfi · texte numérisé non relu

I»I£CI ESIO* UE I^lDIIEffgfi

Séance du 26 janvier i 844

Messieurs,

Je n’ai que fort peu de mots à dire, et je les dis uniquement pour marquer bien nettement la pensée (lu Gouvernement du Roi, et les motifs qui le déterminent à appuyer le projet d'adresse de votre commission.

Messieurs, nous avons pris au sérieux le voyage à travers l’Europe de M. le duc de Bordeaux, et son séjour à Londres. Nous avons pensé que le prince lui-même, et les conseillers qui l’avaient dirigé, prenaient sa conduite et ses actes au sérieux; qu’il y avait là une intention, un motif grave et réfléchi ; nous avons pensé que les hommes qui ont quitté leur pays pour se rendre à Londres, autour du prince, faisaient aussi un acte sérieux, réfléchi.

Tout à L’heure, eu écoulant l’un des honorables préopinanls, je me suis demandé si noos nous étions trompés, (On sourit,} s’il n’y avait en effet rien de sérieux, rien de réfléchi dans la conduite du prince, de ses conseillers, de ses adhérents.

Je ne le pense pas. Je crois que c’est l’honorable M. de la Roche] aquclein qui se trompe. Je crois que tout le monde a agi sérieusement dans celte occasion, et après y avoir bien pensé.

Eh bien, il nous a paru, il nous parait, au Gouvernement comme à votre commission, que dans ces actes, dans ces manifestations, la moralité politique a été gravement blessée- Je dis à dessein la moralité politique. Ce n’est pas le danger, vous le savez, qui nous a préoccupés ; c’est la moralité politique blessée, la conscience publique offensée. Nous avons trouvé qu’elle rélait par l’oubli des devoirs du serment, plus ou moins complet, plus ou moins prémédité. Nous croyons, nous, que le serment oblige plus, infiniment plus que ne le pensent ceux qui ont fait les actes que je blâme. Je ne discute pas les limites ; je dis que nous avons trouvé qu’on méconnaissait, qu’on oubliait Les devoirs du serment.

Nous avons pensé, de plus, qu’on méconnaissait, qu’on oubliait les devoirs du citoyen, tout serment à part, si. DfumvEn. Je demande la parole.

m* ee ht sistre. Le citoyen doit non -seulement obéissance aux lois, il doit respect au gouvernement de son pays. Or, nous avons trouvé qu’à Londres on avait manqué de respect au Gouvernement de la France , a son roi.

Nous avons trouvé enfin qu’on avait oublié un autre devoir, c’est que les intérêts de la patrie remportent, et doivent, en toute occasion, l’emporter sur les intérêts de parti.

Vow à gaudW' Toujours ï jé, heurter. Toujours!

M. JJ5 mwisTHE. Nous avons trouvé qu’on était allé â

Londres dans des interets de parti, et qu’on avait oublié les intérêts de la France* {Très-bien 1)

Voilà les motifs, messieurs, qui me font dire que, tout danger à part, il y a eu offense à la moralité politique, et qu’il importe qu’une manifestation publique, éclatante, de la pensée de la chambre, vienne rétablir les droits de la morale p u bl i q uc o f f en sèe *

Le paragraphe du projet d’adresse de votre commission exprime cela, rien de moins, rien de pins 5 il ne porte atteinte à aucun droit; il n’élève aucune juridiction; il ne restreint aucune liberté ; il exprime le sentiment, le sentiment moral de la chambre sur ce qui s’est passé à Londres* f Très-bien ! ); il flétrit l’oubli des devoirs du serment, l’oubli des devoirs du citoyen , l’oubli des grands intérêts du pays ; voilà sa portée, toute sa portée, ni plus, ni moins.

Nous croyons que c’est là le vrai sentiment de la chambre et du pays ; nous croyons qu’en même temps que ni la chambre ni le pays ne se sont inquiétés de ce qui s’est passé, ils s’en sont offensés ; et nous croyons qu’il est de leur droit, de leur devoir, d’exprimer le sentiment que ces faits leur ont inspiré ; qu’il est de leur devoir d’avertir ainsi le pays, d’avertir ceux mêmes qui sont tombés dans ces écarts , que de tels faits ne peuvent pas se renouveler.

Messieurs, pensez- y bien, il faut qu’on ne puisse vous accuser ni de faiblesse, ni d'imprévoyance. (Très-bien !)$i vous n’adoptez pas les paroles de voire commission , sî vous essayez de les atténuer, de les énerver, demain, le parti, la faction, au profit de qui , sans le vouloir, vous aurez fait cette tentative, chantera son triomphe* ( Oui , c'est vrai ï ) demain, vous verrez perdu, manqué, l’effet que vous aurez voulu produire; et, en même temps que pour demain cet effet sera manqué, un peu plus tard, je ne sais à quelle époque précise, dans trois mois, dans six mois, dans un an , vous

verrez recommencer tes tentatives, les manifestations, les scènes dont vous avez déjà été témoins.

Croyez-moi, il faut arrêter, il faut étouffer de telles choses dans leur germe ; et, quand on ne vous demande de les étouffer par aucun acte d’autorité , par aucune restriction des libertés publiques ; quand on vous demande simplement de dire vous ce que pensez, ce que vous sentez, ce que pense et sent le pays, en vérité, je ne comprendrais pas comment vous hésiteriez un moment, [Très- bien t trèsbien l)

tc. n i:u h v t;ii> Je ne veux pas me laisser animer aux paroles que je viens d’entendre. Je veux que vous en mesuriez vous-même toute la portée.

Je ne reporterai pas mes souvenirs sur d’autres temps, je ne me demande pas... (Bruits Permettez, je ne me demande pas ce qu’ont fait les hommes qui viennent aujourd’hui dire qu’on a perdu

À gauche , C’est ceïa, très-bien, très-bien ! tc# nr la itui n k,i a y t El, irv, Dites tout maintenant. tc. ii i; mt n u Qui viennent dire qu’on a perdu la moralité politique, qu’on a manqué aux devoirs de citoyen.

La moralité politique 1 mais que de choses se sont passées dans ce pays qui sont connues de tout le monde ï II n’y a pas de moralité politique lorsque te pays est en pleine paix# . (Interruption.)

Laîssez-moÈ parler, je vous en conjure. Lorsque rien ne menace son existence intérieure, lorsque rien ne peut faire pressenlïr d’effroyibles malheurs accourus du dehors, en pleine paix, quand un prince banni, enfant du pays qui Pavait vu naître, parcourt l’Europe, va en Angleterre, et que là, des hommes qui ont cru, qui croient comme citoyens, comme attachés fortement aux intérêts de leur pays, que le principe politique qui pouvait appeler ce prince proscrit au Irène était une haute et puissante garantie, une force pour

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