RESERVE STATUTAIRE DE BOIS SUR LES LOTS DES COLONS
Monsieur le Président et Messieurs,
Depuis que l'exploitation de la forêt a pris rang parmi les grandes industries du Canada. les détenteurs de terres à bois n'ont jamais été exposés, autant qu'ils le sont aujourd'hui, à la tentation de s'attaquer aux forêts d'é-
pinette et de sapin et de les détruire.
Avant que le Canada devint le grand producteur de bois à pulpe qu'il est aujourd'hui, nos forêts étaient, comparativement parlant, à l'abri de la destruction et même parmi les plus pessimistes, la possibilité de leur épuise-
ment ne serait venue à l'esprit de personne.
Ces forêts avaient bien leurs ennemis naturels — le feu, la maladie des arbres, les insectes — mais le mode d'exploitation suivi il y a trente ans, lequel consistait à n’abattre que les arbres adultes, parvenus à leur maturité, pour les transformer en pièces équarries, en madriers et en planches, était loin d'être une menace à la perpétuation de notre richesse forestière. C'était un mode rationel d'exploitation, consistant à n’enlever que le vieux bois pour
faire place aux jeunes pousses.
Mais tout cela a changé: l’épinette et le sapin qui, il y a trente ans, n'étaient que peu en demande et se vendaient à des prix comparativement bas,
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