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vicaire du Christ; et dans notre parlement, au milieu d’une ma-
jorité protestante, le chef du ministre qui represen'e au gouvernement les intérêts de la population canadienne françuise, a fait protestation solennelle de sa foi et de son adhésion à la doctrine pontificale. L'Eglise n'are:u dans ces derniers temps aucun hommage semblable d’un autre homme d'E at.
Non, nulle des doctrines que l'Eglise à repoussées n'a aujourd'hui de défenseur avoue en notre pays Ici, iln'y a pas de libéralisme dans le sens condamn? par le vicaire du Christ; car il ne s’agit pas évidemment du, libéralisme politique. Personne parmi ceux quifont profession de catholicisme, ne proclame comme un principe absolu la liber.é des cultes, de la parole, de la presse; personne ne soutient que le meilleur ordre politique est celui où l'Etat est indifférent à toute re.igion. Si l'on admet que dans quelque société, la tolerance civile, res:reinte en de certaines limites toutefois, peut et mime doit etre accorde, ce n'est que comme un moindre mal, une exception de circonstance à une loi dont l'autorité est reconnue.
Ici point de gallicanisme. $°ns doute par suite des doctrines qui prévalaient en France depuis 1682, e’ qui avaient été importées en ce pays, on à pu pendant un certain temps ètre plus ou moins attache à la déclaration des quatre articie:. Mais 1 mesure que la discussion faisait briller la lumitro sur ceïte question, que certains actes du siège pontifical exprimuient une désapprobation plus où moins explicite des erreurs du.galiicanisme, les idées se reéformaicnt, l'enseignement se rapprochait de plus en plus des doctrines romaines. Longtemps avant le Concile du Vatican, l'infaillibilité du Papo était généralement almise parmi nous. Aussi la proclamation de ce doume n'a trouve ici, non seulement aucun contradictour, mais nul esprit hésitant à l'accep er, ou cherchant à y donner uns interprétation propre à en fauseer le sens et à en affaiblir la portée. Tous les évêques de la province se sont prononcés en faveur du Vicatre du Carist, et ils ont pu attester que c'étuit la croyance commane de: tidles de leur diocèse.
Si l’on entend par gallicanisme lassujettissement de l'Eglise à
l’état, voici ceque j'ai à dire sur ce sujet relativement à notre pays. L'esprit dont était imprégnée l'ancienne jurisprudence fran. caise s'est fait sentir jusqu'à un certain point dans celle qui a été suivie en cette contrée. Le droit canonique, pas plus que dans aucun autre pays du monde, n'est mis ici en pratique dans toutes ses prescriptions. Mais notre Code a été reconnu à Rome comme le plus catholique de tons ceux qui régissent aujourd'hui les divers états dela chrétienté. Dans aucune autre contrée, l’Église ne jouit d’une aussi entière liberté que dans la nôtre, et ne recoit une tele protection de l'autorité civile. Sans doute, il se trouve daus nos lois quelques rares dispositions qui ne sont pas entièrement conformes à la législation de l'ordre spirituel, Mais qui affirmerait parmi nous qu'elles sont parfuitement normales ? Qui au contraire ne déclare qu'en principe l'Etat ne saurait imposer à l'Eglise des lois qui mettraient des entraves à l'autorité qu'elle a reçue du Christ? Qui n’admet qu'une modification de ce qu'il v aurait de défectueux dans notre code est à désirer ct à eflectucr en temps opportun. Je suis porté à le croire; chez tous nos législateurs catholiques, il y a accord dans les idées que je viens d'exprimer. Aucun membre de notre parlement ne voudrait concourir à une lot contraire aux intérêts de l'Eglise. Mais de cotte disposition gonérale des esprits, il ne s'ensuit pas que toute réforme doive étre faite d'une manière précipitée. Attendre le calme pour garder Fa prudence, agir avec précaution à cause de la complication qu'offre sur certains points de notre ordre légal le mélange de ec qui est civil, procéder avec mesure pour ne pas blesser la susceptibilité ombrageuse des citoyens d'un autre Croyalucec que, dans notre état politique, nous ne devons pas heurter, dans l'interet méme de nos droits religieux ; en un mot, tenir fortement aux principes cutholiques, les exposer et les défendre sans cesse, mais n'e: presser en certains cas l’application rigoureuse que selon l'opportunité des circonstances ; non, cela ce n'est pas vouloir que l'Eglise soit l'esclave de l'Etat ; c'est au contraire se montré pénétré de l'esprit {de l'Eglise ellemême, qui aflirme toujours hardiment ses droits, mais qui pour les faire reconnaitre dans la pratique, procède avec une prudence, une temporisation, une tolérance, qu'elle sait devoir servir à sa
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