TROISIÈME PARTIE
înent dits, si respectés des classes moyennes, acquièrent maintenant beaucoup d'influence populaire. Ils sont antipathiques au peuple parleur indifTérence réelle pour les grandes questions sociales, devant lesquelles s'eifacent nécessairement leurs puérilités académiques; Leur empirique spécialité les rend incapables de satisfaire les justes exigences de ces naïves intelligences, qui, suivant la formule du grand Molière, aspirent toujours à avoir des clartésde fou/. A mesure que la vaine ambitiondes savants actuels les pousse hors de leurs anciennes enceintes, la raison vulgaire s*étonne de constater combien leur régime si vanté a rétréci leur intelligence, sauf envers quelques questions peu étendues et rarement importantes. La saine philosophie dissipera cette surprise naturelle en expliquant comment cette sorte d'idiotisme académique dut résulter de la vicieuse prolongation d'un mode transitoire. Progressif pendant les trois derniers siècles, pour élaborer le long préambule scientifique de la rénovation philosophique projetée par Bacon et Descartes, ce régime provisoire a dû devenir rétrograde depuis que Taccomplissement de cette préparation permet la construction directe de la véritable science, nécessairement relative à l'Humanité. Loin de seconder aujourd'hui le principal essor de l'esprit moderne, il en entrave beaucoup, surtout en France, l'extension et la coordination décisives, comme l'avait admirablement pressenti la sagesse révolutionnaire de la Convention, quand elle osa supprimer l'Académie des sciences. Nos prolétaires ne tarderont pas à comprendre combien l'instinct politique de la grande assemblée fut alors heureux. On doit donc présumer qu'ils sauront retirer leur confiance aux esprits métaphysiques ou littéraires sans se livrer au mauvais esprit scientifique. Leur but social leur inspirera le besoin de généralité autant que celui de positivité. Tandis que la spécialité propre aux chefs indus-
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triels continuera de leur faire admirer nos savants, le peuple se trouvera politiquement entraîné vers les vrais philosophes, dont le très petit nombre actuel s'accroîtra bientôt d'après l'appel et même le recrutement prolétaires.