Le prolétaire doit se considérer comme étant
un fonctionnaire public.
Quant aux conditions morales de l'essor populaire^ elles résultent surtout d'un actif sentiment de la dignité fondamentale du prolétariat combiné avec l'instinct de sa destination actuelle.
Sous le premier aspect, nos prolétaires peuvent se borner à se considérer moralement comme de vrais fonctionnaires publics, à la fois spéciaux et généraux. Un tel caractère ne doit d'ailleurs aucunement altérer leur mode actuel de rétribution privée, naturellement propre à tout service assez immédiat et assez circonscrit pour que son appréciation spéciale soit directe et habituelle. Il faut seulement compléter cette récompense individuelle de chaque acte par une juste gratitude sociale envers l'agent, comme nos mœurs le font déjà dans les professions dites libérales, où le salaire ne dispense point de la reconnaissance. C'est ainsi que la spontanéité repu-* blicaine de la Convention avait empiriquement devancé les indications systématiques de la saine philosophie pour caractériser la coopération populaire. Afin de sentir la dignité réelle de leurs travaux propres, il suffit aux divers prolétaires d'en supposer la suppression, ou même la suspension^ qui troublerait aussitôt tout l'ordre élémentaire de l'existence moderne. Ils doivent aujourd'hui comprendre moins leur participation générale, principale source de l'opinion publique, et dès lors appui essentiel de l'autorité morale. Mais, suivant mes explications antérieures, cet office normal ressort tellement