Liberté d'association et liberté d'enseignement
La liberté d'examen et d'exposition, que la France possède avec une plénitude ailleurs impossible, repose principalement sur l'émancipation mentale de nos prolétaires, surtout parisiens. Ils se sont affranchis de toute théologie, sans accepter aucune métaphysique. Mais leur absence totale de convictions systématiques $e concilie admirablement avec une soumission d'esprit qui les dispose à accueillir celles où la réalité et l'utilité se trouveraient assez combinées. Toutes les autres classes actuelles seraient volontiers oppressives,, pour imposer des doctrines incapables de résister à la discussion. C'est du peuple seul que les vrais pUlosophes: doivent attendre la consolidation et Text^ sion d'une liberté indispensable à leur office. Mais aucune garantie légale ne saurait inspirer autant de sécurité que cette heureuse garantie morale. Quelles que puissent jamais être les velléités rétrogrades ou stationnaires de certains chefs ou partis, nulle oppression réelle n'est possible avec une telle population. C'est le titre le plus décisif pour confirmer à la France sa présidence naturelle de la grande élaboration occidentale. Les dispositions populaires surmonteront bientôt les répugnances qu'excite encore l'indispensable extension de notre liberté à l'association et à l'enseignement. Une po-